EGGREGORIA TEMPLI A la recherche du Graal

 » Connais toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux ! « 

EGGLESIA :: Voir le sujet – Le Principe Christique

Posted by + Eric de Troyes + sur novembre 25, 2009

Tiré de « La Lumière du Chemin », Isha Schwaller de Lubicz.L’origine de Noël, en tant que fête de la nativité, est de longtemps antérieure à notre ère chrétienne. Le Noël chrétien n’exista que très tardivement, l’Eglise primitive n’ayant jamais donné la date de naissance de son Enfant-Dieu. L’usage s’établit peu à peu, chez les chrétiens d’Orient, de la célébrer le 6 janvier. Ce ne fut qu’au IV siècle que l’Eglise d’Occident en reporta la date au 25 décembre, pour supplanter la fête païenne de la naissance du Soleil, condamné par le pape Léon-le-Grand.Le symbolisme solaire du Noël christique a une signification qui lui est toute particulière : C’est l’entrée du Soleil dans un nouveau signe zodiacal, celui des Poissons, qui caractérise toute l’ère chrétienne. C’est le début d’un nouveau cycle, une nouvelle phase de l’Harmonie cosmique.En effet l’enseignement de Jésus révèle et publie la possibilité de la Rédemption.Noël c’est l’avènement du premier-né d’un nouveau Temps où l’Adam déchu de sa royauté, la retrouve dans la naissance qui relie le Ciel et la Terre.Six mois avant Noël, alors que la lumière solaire prépare sa descente progressive dans les ténèbres, où elle va gester le germe conçu par la Vierge au printemps, Jean-Baptiste le Précurseur naît d’une femme stérile dans une montagne stérile de Judée. Jean, précurseur de la Lumière qui geste encore dans les Ténèbres, témoin prédestiné dès sa naissance puisque la visite de la Vierge l’avait empli de l’Esprit-Saint dans le ventre de sa mère.Le précurseur croissait dans les déserts et s’y fortifiait en Esprit pour pouvoir, dans l’eau du Jourdain, séparer le pur de l’impur dans tout être qui s’y laisserait immerger.Car Jean-Baptiste est le Verbe précurseur du Verbe Christique. Sa présence en l’eau du Jourdain arrosant le désert montagneux « abaisse les collines et comble les vallées », afin qu’il n’y ait plus opposition ni division de Haut et Bas, mais « que soit aplani le chemin du Seigneur », et que la terre « unifiée » s’ouvre et germe le salut.Et le germe sauveur, gesté dans les ténèbres, sort des ténèbres en la nuit de Noël, alors que le Soleil parvenu au plus bas de sa course annonce par sa remontée le renouveau de la lumière. L’Enfant divin est né parmi le fumier de l’étable où se nourrissent les animaux. Entouré par le bœuf châtré et par un âne gris, ancêtre de celui qui sera plus tard son porteur pour le conduire au Temple sous les palmes entrecroisées… Noël… Pourquoi les anges, messagers de la Lumière d’En-Haut, sont-ils descendus dans la nuit de la Terre, réveillant les gardiens du troupeau du Bélier, sinon pour annoncer la naissance d’un Médiateur entre le Ciel inaccessible et le troupeau humain, assoupi dans l’attente d’un nouveau feu ?Agni, l’agneau, Feu du Ciel ranimant celui du Bélier épuisé… l’agneau, fils du Bélier… Jésus, fils de David, le pasteur des brebis…L’Agneau, conçu six mois après son Précurseur, sera baptisé par lui dans les eaux du Jourdain. Alors Jésus, nouveau pasteur, ayant séjourné quarante jours au désert, ira choisir, pour paître ses brebis, des pêcheurs de poissons.Dans la grande horloge du Ciel un tour de cadran zodiacal s’accomplit; il y a deux mille ans, le Soleil, quittant la région caractérisée par la constellation du Bélier, entrait sous la domination du lieu céleste délimité par la constellation des Poissons.Dans le symbolisme zodiacal qui exprime les influences typiques de chaque « signe », celui des Poissons est un signe double, son influence sur notre Humanité terrestre a été un mouvement de dualisme qui a caractérisé toute l’ère chrétienne, formant la mentalité analytique, la pensée dialectique, en science comme en théologie. Et ce fut l’ère des conflits entre les opinions contradictoires, entre matérialisme et spiritualisme entre la croyance obligatoire et la « libre pensée »; ce fut la rivalité des doctrines, où chaque religion prétendait imposer aux masses sa foi particulière.Or, voici que notre destin, subissant l’influence des lieux célestes, nous entraîne dans une nouvelle aventure, car l’heure est venue de l’entrée du Soleil dans une autre région (désignée par le signe du Verseau), et tel passage d’un signe à un autre est toujours pour l’Humanité une aventure déconcertante : c’est un rythme différent, une impulsion nouvelle, auxquels nous devons adapter notre comportement sous peine de rester désemparés.Le signe du Verseau, dont nous commençons à ressentir l’influence, incite irrésistiblement à l’individualisme; même les peuples et les races subissent les contre coups de cette incitation, qu’ils expriment par une volonté subite d’indépendance. Et quoique l’instinct grégaire de la masse continue à grouper les hommes en partis, politiques, sociaux ou religieux, un sens critique se développe chez l’individu comme une révolte instinctive contre les doctrines comminatoires.Cette orientation nouvelle, que la masse subit comme un courant d’opposition à des concepts surannés, les êtres plus conscients la ressentent comme une impérieuse nécessité d’engager leur responsabilité personnelle dans le choix de leurs directives et de leurs expériences.Mais ce choix nécessite la connaissance des divers états de conscience de notre être, et de leurs rapports avec les influences cosmiques de notre Temps.De même qu’au printemps l’appel à la fécondation suscite cette fonction dans les règnes végétal et animal, de même en la saison précessionnique des Poissons l’Harmonie cosmique appela le développement du Mental humain; de même, en la saison précessionnique du Verseau, ce nouvel accord de l’Harmonie cosmique suscite en l’homme terrestre le réveil de sa conscience primitive instinctive.Et cette influence est corroborée par une réaction à l’exagération de notre développement cérébral. Le Mental s’est interposé entre notre instinct et son sur-développement intuitif, les dominant jusqu’à les obnubiler. Or les progrès excessifs de la science rationnelle ont démontré son impuissance à résoudre les problèmes de l’homme, qui, pour trouver leur solution, sera forcé de réveiller ses facultés de contact direct avec la nature, pour pouvoir ensuite éveiller ses facultés intuitives. Et de même que l’activation des facultés mentales développa une intense curiosité cérébrale, de même l’incitation actuelle à l’éveil de Conscience commence à susciter la quête individuelle de la Connaissance. Et c’est ici que Maître Jacques va jouer un rôle prépondérant, car cette recherche individuelle nécessite l’intervention constante du Témoin permanent, sous peine de se laisser tromper par des conceptions mentales erronées.J’ai longtemps confondu la «Conscience intuitive» avec ce qu’on appelle «Conscience cérébrale».La Conscience est un état d’identification. «Prendre conscience» de quoi que ce soit c’est reconnaître en soi cette identification : c’est l’éprouver. L’artisan qui s’identifie à la matière qu’il travaille en éprouve en lui-même la nature et les réactions : il en «devient conscient» ; de même le dompteur éprouve les réactions du fauve. C’est en chaque cas le réveil de la conscience instinctive ; dans un mode plus subtil ce sera l’éveil de nos facultés intuitives dont l’exercice crée en nous l’état intuitif.Une telle conscience par identification est indiscutable tant que la conscience cérébrale n’intervient que pour la constater. C’est pourquoi la recherche individuelle de la Connaissance nécessite l’asservissement du Mental, qui ne doit jouer qu’un rôle de transcripteur.La liberté de recherche individuelle ne peut pas être confondue avec la «libre pensée» du dialecticien rationaliste.En aucune façon la logique rationnelle n’est conforme à la logique vitale, parce qu’elle veut ignorer (comme étant irrationnelles) les fonctions mystérieuses de l’Esprit dans la Nature. Ces fonctions mystérieuses, inhérentes aux lois de l’Harmonie cosmique, ont été, à chaque grande époque de l’Humanité, enseignées sous forme de symboles, qui n’ont initié que ceux-là « qui avaient des oreilles pour entendre ». Pour les autres, ces symboles sont devenus des mythes historiques ou des récits humanisés, sur lesquels chaque religion a élaboré (pour légitimer son pouvoir) des dogmes et des lois conformes à son interprétation particulière de la Révélation initiale.Est-il nécessaire de chercher la Sagesse à travers les textes sacrés des Temps passés ?C’est une étude fructueuse, lorsqu’elle est faite sur des traductions véridiques et non sur des interprétations arbitraires ; c’est pourquoi le symbole est le meilleur gardien de l’intention de l’initiateur. Mais les êtres qui ont cultivé l’Intelligence du Coeur sauront y déchiffrer ce qui convient à leur Temps ; par exemple dans l’Evangile, les paroles de Jésus à la Samaritaine qui sont l’enseignement opportun pour « le Temps qui viendra » (notre Temps actuel).Faut-il penser qu’il était réservé pour ce Temps ?Nullement : la révélation de Réalités fondamentales est universelle, donc valable pour tous les temps ; pour ceux qui sont disposés à l’entendre, ce «Temps est déjà venu». Or, l’Humanité entre maintenant dans une phase où son Elite sera susceptible de la recevoir ; c’est cela qui est sous-entendu par «le Temps qui viendra». Avec ce que nous avons vu des impulsions données par l’ère du Verseau, le double précepte enseigné à la Samaritaine devient d’une évidente opportunité ; c’est le nouveau devoir de « connaître ce qu’on adore », et de « l’adorer en Esprit et en Vérité ». Ce n’est plus la soumission à une croyance imposée sous la responsabilité de ceux qui guident le troupeau : c’est la Connaissance acquise par l’expérience individuelle d’une re-naissance effective, celle de notre double Elément d’immortalité, notre Esprit qui est notre Témoin spirituel, et notre Vérité qui est notre Témoin permanent. Car c’est cela le nouveau sens de Noël pour l’ère du Verseau : c’est l’avènement d’une époque favorable à cette re-naissance et au développement de nos possibilités sur-humaines.Ce Noël n’est plus une fête particulière à une religion : c’est un évènement cosmique intéressant toute l’Elite de l’Humanité.Tu as raison ; cependant nous devons constater que le principe du Christ incarné – dont la réalisation dans les hommes conscients est leur rédemption – a été particulièrement enseigné par le Nouveau Testament judéo-chrétien. Il est vrai que nous retrouvons en Egypte le principe de l’Horus rédempteur «issu des membres humains», il est vrai que le Bouddha a donné l’exemple et les moyens de la réintégration spirituelle ; il n’en est pas moins vrai que l’enseignement de ces Réalités fut chaque fois exprimé dans le mode qui répondait à l’état de conscience de l’Humanité, état d’ailleurs commandé par le Ciel.Or, il en fut ainsi pour la Révélation christique, dont le symbolisme humain, d’une part, s’adaptait à la mentalité judaïque, de même que Jésus appuyait sa légitimité messianique sur les prophètes d’Israël. Mais d’autre part son enseignement était nouveau par rapport à la Loi terrestre de Moïse : il annonçait une «Nouvelle Alliance» du Divin avec l’Humain pour l’oeuvre rédemptrice dont le Principe Christique était la clé. L’exotérisme de cette Révélation apportait à l’Eglise chrétienne une loi morale d’amour, de fraternité altruiste, et de simplicité opposée à la complexité cérébrale. Ce programme, comme vous le voyez, était l’antidote pour obvier aux aspects néfastes de l’influence des Poissons. Mais lorsqu’on voit comment cette pure mystique fut rationalisée par un dogmatisme coercitif, on ne s’étonne plus que la «pierre» sur laquelle sera bâtie l’Eglise ait été le même Pierre auquel Jésus fit le reproche de «ne point comprendre les choses de Dieu, mais seulement celles des hommes» (Marc, 8, 33). Quant à l’ésotérisme de cette Révélation, il a été donné essentiellement dans les récits de la Passion de Jésus ; or, dans cette Passion, c’est à Pierre qu’est attribué le rôle du reniement ; et c’est Jean (et non le chef de la future Eglise) qui assiste Jésus à la crucifixion. Autrement dit : Pierre (fortement attaché à la Loi judaïque) fut le représentant du Messie «fils de David» pour l’ère matérialiste des Poissons, tandis que Jean reçut le testament spirituel de Jésus-Christ Rédempteur, pour son futur avènement : «Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne…», dit Jésus à Pierre en parlant de Jean ; «jusqu’à ce que je vienne», c’est-à-dire jusqu’au Temps futur – notre Temps actuel – dernier Temps de la réalisation christique dans l’Humanité.Mais le plus incroyable pour moi c’est qu’on puisse baser sa foi sur des récits dont l’authenticité est sujette à caution !Que m’importe la réalité historique d’évènements dont le moindre épisode est un enseignement symbolique ?Ce qui m’étonne, moi, c’est qu’ayant constaté le fait patent de la persistance du Christianisme malgré les fautes de ses chefs, vous n’en ayez pas cherché l’explication dans une cause indépendante du comportement des hommes.Si ce comportement fut influencé par les caractéristiques du lieu céleste qui dominait pendant l’ère des Poissons, l’enseignement christique apportait en même temps les directives nécessaires pour compenser le mauvais aspect de cette influence.Or, le Satan mental et dualisateur de Maître Pierre n’était que l’expression d’une force fatale : un rythme naturel, le rythme d’un nouveau Temps, comme nous en subissons un autre aujourd’hui ; tandis que l’impulsion compensatrice émanait d’une force consciente, une Conscience divine, qui apportait les moyens de sortir de ce piège infernal pour les hommes prédisposés ; les moyens, c’est-à-dire : l’affirmation de leur destinée surhumaine, la voie qui les y conduirait, et un nouvel influx spirituel.Cette manifestation périodique de la Sagesse providentielle se traduit toujours par un enseignement symbolique adapté à la nécessité du Temps ; cet enseignement devient révélation pour les êtres qui «entendent» son sens initiatique ; mais il se transforme en ferments de discordes pour les meneurs sectaires et pour les «Docteurs de la Loi». Ce double effet est inhérent à la dualité de l’être humain : ce qui est «esprit» s’accorde avec la réalité vitale du symbole ; ce qui est mental se délecte à l’interprétation de la «lettre». Et ceci suffit pour comprendre les fruits de Lumière ou d’erreur de l’enseignement évangélique.Mais l’oeuvre évangélique devait-elle comporter un aspect «politique» ?Là est le point critique ; son fondateur lui-même a répondu : «Mon royaume n’est pas de ce Monde.» Mais le Monde donne la masse… Or, il a dit aussi : «Je ne suis pas venu pour le Monde, mais pour ceux qui ne sont pas de ce Monde…»Pourquoi ne faites-vous pas état de la personnalité de ce fondateur ?La position de Rédempteur, qui lui est imposée par le dogme chrétien, situe le Christ en dehors du Temps et de l’Espace. Quant aux épisodes de la vie de Jésus relatés dans les Evangiles, ils sont l’image typique de l’évolution spirituelle vers le surhumain, évolution poussée jusqu’à la Réalisation christique, prêchée par saint Paul comme étant le suprême but du chrétien : «… jusqu’à ce que vous ayez formé Christ en Vous» (Paul, Galates, 4, 19).Suivons attentivement les étapes de cette évolution.A douze ans, dans le Temple de Jérusalem, Jésus manifeste sa conscience précoce par ses questions et ses réponses aux Docteurs de la Loi. De même dans le Temple égyptien on situait à l’âge de douze ans la première manifestation du Principe pharaonique, parce que, pour l’Homme royal qu’il représentait, cet âge était considéré comme la première étape de son accomplissement : l’intégration de son ka immortel, c’est-à-dire de son Témoin permanent, dont la présence se manifestait par son discernement. Le baptême par Jean-Baptiste dans l’eau du Jourdain marque une deuxième étape : alors que Jésus sort de l’eau, l’Esprit descend sur lui « comme une colombe». C’est une belle image de son Témoin spirituel qui vient « l’obombrer » et l’inspirer pour sa mission. «Et l’Esprit le pousse au désert…» où sa «Conscience Humaine», constatant ses nouveaux pouvoirs, subit et repousse la tentation de s’en servir pour sa domination personnelle.Comment, si Jésus était Dieu dès sa naissance, sa « Conscience Humaine » pouvait subir la tentation ?Je n’ai pas à m’en soucier pour l’instant. Je ne met pas ici en question le dogme de la conception virginale d’un Enfant-Dieu, pas plus que la réalité historique de Jésus. Je regarde les évènements spirituels de sa vie, relatés par les Evangiles, et je constate leur évolution progressive ; et le fait qu’il s’agit d’une progression vers l’état christique définitif est mis en valeur par les Evangiles puisque, jusqu’à son accomplissement (jusqu’à sa Passion), Jésus interdit formellement à ses disciples de dire qu’il était le Christ. Tout se passe comme s’il s’agissait d’un être prédestiné par sa réalisation spirituelle et réincarné pour l’accomplissement de sa perfection christique, par laquelle il devient Médiateur entre le Divin et l’Humain. Alors je n’ai pas à me soucier de son authenticité historique : le symbolisme de son enseignement correspond intégralement à la réalité d’une telle évolution, et la sagesse de son expression lui donne une valeur initiatique dépassant de beaucoup un récit historique. L’intérêt de ce développement réside, d’une part, dans la progression des étapes de la Réintégration, d’autre part dans l’enseignement (voilé) des deux aspects de l’ «âme-Entité» (pour Jésus comme pour les hommes) : l’esprit et l’âme correspondant respectivement au Témoin spirituel et au Témoin permanent. Le rôle de la «Conscience Humaine» y est nettement perceptible, par exemple dans l’épisode des trois tentations, car elles ne pouvaient affecter que cette conscience.Les deux éléments divins de l’âme ne peuvent pas être «tentés». Mais pourquoi ces réalités si importantes ne sont-elles pas enseignées explicitement ?Elles l’ont toujours été, mais symboliquement. Les épreuves initiatiques des «mystères» antiques révélaient expérimentalement la différence entre la «Conscience Humaine» et les deux aspects de l’âme divine.Les Maîtres du yoga hindou l’enseignent également dans leur méthode de «Réintégration spirituelle».Avec un peu d’attention vous en retrouverez les indices dans le symbolisme évangélique, et cette «Réintégration» n’est pas autre chose que la Réalisation Christique, laquelle, dans l’Evangile, est poussée jusqu’à son ultime accomplissement. Mais de même que les méthodes hindoues et le mythe égyptien expriment plusieurs points de vue que se complémentent sans se contredire, de même les quatre Evangiles expriment quatre aspects d’une unique Réalité (ce qui est d’ailleurs souligné par les quatre animaux symboliques attribués aux quatre évangélistes). Ne dispersez pas votre attention, mais concentrez la sur ce qui nous intéresse spécialement aujourd’hui, c’est-à-dire sur les étapes progressives de la Réalisation Christique. Remarquons d’abord que (d’après Matthieu) Jean-Baptiste refusa de baptiser Jésus, celui-ci l’exigea, car dit-il, «il nous convient d’accomplir tout ce qui est juste» (Matthieu, 3, 14-15). Autrement dit : celui qui devait plus tard «baptiser d’Esprit» (quand il le serait lui-même devenu) devait d’abord être baptisé par son précurseur (Jean-Baptiste, symbole du Témoin permanent).Ce n’est qu’après sa tentation, après la soumission de sa «Conscience Humaine», que Jésus va pouvoir choisir ses disciples et entreprendre sa mission. Alors ses miracles témoigneront de sa puissance surhumaine sur les forces inférieures : démoniaques, humaines, terrestres.Un peu plus tard un nouveau phénomène manifeste une étape supérieure : sa transfiguration «au sommet d’une montagne», en présence des trois disciples, Pierre, Jacques et Jean. Son visage « parut tout autre », resplendissant comme le soleil, «et ses habits devinrent blancs et resplendissants comme un éclair» (Matthieu, 17, 2 ; Luc, 9, 29-31).Il est évident, n’est-ce pas, que cette transfiguration exprime son illumination par son propre Esprit de Lumière : son Témoin spirituel. Cependant, auprès de Jésus, apparaissent deux compagnons «qui s’entretiennent avec lui de sa mort prochaine».Pierre, alourdi par le sommeil, reconnaît Moïse et Elie, mais, dit encore l’Evangile, il ne savait pas ce qu’il disait »…Ne peut-on penser que Pierre, Jacques et Jean représentent la projection, dans l’Humain «somnolent», de la triplicité lumineuse qui, sous le symbole de Moïse-Elie-Jésus, fait de Jésus le «Seigneur» ?Ne crains pas de le dire, car ayant saisi cela tu as compris le sens du Maître : l’homme dont la « Conscience Humaine » est surhumanisé, dont Maître Jacques arbitre les conflits, dont la Conscience divine connaît sa prochaine Passion et sa mort, qu’il peut envisager de sang-froid parce qu’il a en lui le germe de résurrection. Et maintenant que tu as dévoilé le sens profond de cette image, observe les détails qui le confirmeront ; mets en parallèle les deux triplicités :Moïse-Elie-Jésus,Pierre-Jacques-Jean,Mais en remarquant l’état spirituel de la première et la caractère humain de la seconde. Cette différence établie, tu peux situer Jésus (dans la première triade) comme illuminé par son Témoin spirituel, de même que Jean (dans la deuxième) symbolise le Témoin spirituel ; de même Elie et Jacques symbolisent l’âme, c’est-à-dire le Témoin permanent ; de même Moïse (qui n’entre pas dans la Terre promise) et Pierre (avec ses défaillances) sont une belle image de la «Conscience Humaine». Quant au Témoin permanent, je dis qu’il est représenté par Elie et par Jacques ; pour Elie remarquez que Jésus insiste ailleurs sur le fait que Jean-Baptiste «est cet Elie» qui devait venir avant la révélation du Messie ; or, il affirme ici «qu’il est déjà venu» ; évidemment le Baptiseur devait précéder la Transfiguration.Dans la triplicité humaine, le Témoin permanent est représenté par Jacques, frère de Jean dont l’Esprit est le Témoin spirituel de l’initié. Or, ces deux disciples, Jacques et Jean, sont appelés «les fils du tonnerre» : ne sont-ils pas, en effet, «tombés du ciel» ? Ne sont-ils pas les deux aspects d’une Entité céleste ?Je n’invente rien : je mets seulement en relief des précisions sur lesquelles insiste l’Evangile.Maintenant nous allons retrouver la même triplicité humaine, Pierre-Jacques-Jean, dans la scène de l’agonie au Jardin des Oliviers, mais nous n’y voyons plus la triplicité lumineuse ; en effet, dans cette grande épreuve, Jésus semble d’abord désemparé, « saisi de frayeur et fort agité » (selon Marc, 14, 33). Il est même si dénué de forces spirituelles que, par trois fois, il vient chercher de l’aide auprès des trois disciples… mais ceux-ci étaient trop somnolents pour pouvoir l’assister ! C’est alors que dans l’excès de son dénuement Jésus trouva le courage de se dépasser.Pourquoi parle-t-on ici d’agonie ?Précisément parce que Jésus paraît abandonné de son âme divine, sans quoi il ne subirait pas les affres de la «Conscience Humaine» qui se cabre devant les souffrances prochaines : «Père s’il est possible, que ce calice s’éloigne de moi !» (Marc, 14, 36 ; Luc, 22, 42)Or, il faut remarquer que, même après l’étape de la Transfiguration, Jésus avait averti ses disciples «qu’il devait encore être baptiser d’un autre baptême» (Luc, 12, 50). Qu’est-ce qu’un baptême sinon une régénération. Etre baptisé, c’est recevoir un nouvel influx de vie qui engendre un état supérieur à l’état précédent.Le baptême d’eau (Jean-Baptiste) était un baptême de «purification» destiné à mettre en contact l’être animal-humain avec son âme (son Témoin permanent), qui peut rectifier la « Conscience Humaine » et lui montrer son but. C’était le rôle du précurseur.Le second baptême est l’influx de l’Esprit (le Témoin spirituel) symbolisé par la Transfiguration. Le troisième (le nouveau baptême attendu par Jésus) sera la réunion de l’âme et de l’Esprit qui ne pourront se conjoindre définitivement que lorsque seront épuisées la cause et les conséquences de leur séparation dans cette incarnation. Ceci est le sens de la «purification de la chair et du sang» (c’est-à-dire la nature animale) symbolisée par les épreuves de l’agonie (la sueur de sang) et de la Passion. Comprenez bien la signification de cette agonie : l’état douloureux de la personne physique et psychique, isolée momentanément de son âme et de son esprit parce que ceux-ci attendent, pour se manifester, le renoncement de la «personne» à l’existence terrestre et l’abnégation totale de la «Conscience Humaine» par son confondement avec son Témoin permanent : «Que Ta volonté soit faite et non la mienne !» Alors seulement se manifeste «l’ange» (son entité divine) qui vient le fortifier ; c’est l’état surhumain, atteint par le dépassement de la nature humaine. Cependant l’épreuve ne sera terminée qu’à la crucifixion. Or, écoutez, à ce moment suprême, les dernières paroles qui révèlent les deux Témoins ; d’abord Jésus s’attriste du départ de son âme (son Témoin permanent) : «Elie, Elie, pourquoi m’as-tu abandonné ?» (Matthieu, 27, 46, 47) Et pour que ce symbole soit précisé, l’Evangile le fait répéter par un assistant : «Il appelle Elie» (dit un soldat). Ensuite, avant d’expirer : «Père, dit Jésus, je remets mon Esprit entre tes mains.» (Luc, 23, 46) Alors tout est accompli, car le Témoin spirituel de Jésus attendra, «auprès du Père», le Témoin permanent, l’âme, qui, selon la tradition canonique, «descendit aux enfers» pour trois jours.Ce séjour «aux enfers» signifie sans doute la purification du témoin permanent ?Evidemment, il doit se détacher de ce que le symbolisme égyptien appelle «les poussières de la Terre et la soif d’exister». Or, Jésus avait expliqué par avance le caractère et la nécessité des épreuves de la Passion : «Le Fils de l’homme, dit-il, devait souffrir, être renié et méprisé.» Autrement dit, la dernière étape de la Réalisation Christique nécessite le dépassement de l’Humain, puis du surhumain, par l’élimination de toute particularisation et par identification avec le Divin impersonnel (la «volonté du Père»). Alors seulement Christ pourra «remonter à la droite du Père». Mais comprenez bien que ce retour «à la droite du Père» n’est pas une annihilation «dans le Père», mais un état actif dans l’Humain et par la conjonction des deux Témoins.C’est donc en cela que consiste la « méditation » du Christ, méditation possible par sa participation à l’Humain et au Divin ?Effectivement, et ce retour, qui est la « glorification » du Christ, est situé par la liturgie quarante jours après Pâques, en la fête de l’Ascension. Or, ce qui se passe entre la résurrection et l’ascension vaut la peine d’être considéré attentivement : Les premières paroles de Jésus ressuscité s’adressent à Marie-Madeleine (qui ne reconnaît pas sa forme humaine…) : «Ne me touche pas, lui dit-il, car je ne suis pas encore monté vers mon Père…» Donc l’Esprit de Jésus n’était pas encore réintégré. Mais aussitôt il ajouta : «Va vers mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.» (Jean, 20,17). Et lorsque plus tard Il apparaît à ses apôtres, devenu Christ par sa réintégration totale, Il affirme son accomplissement et le pouvoir qui en résulte, pouvoir non plus surhumain mais divin : «Toute puissance m’a été donnée au ciel et sur la terre.» (Matthieu, 27, 1CoolIl n’y a pas de confusion entre l’aspect métaphysique du Fils, deuxième personne de la Trinité, et Jésus dont on relate l’initiation christique, dont le Père divin est aussi notre Père, Jésus «envoyé» par son père… comme Il envoie ses apôtres dans le Monde, Jésus Fils de Dieu (selon sa propre parole «comme tous ceux qui accomplissent la volonté de Dieu» (Jean, 10, 34))…Votre remarque est confirmée par la parole de Jésus : «Mon Père est plus grand que moi» ; car il est évident que ce «moi» se rapporte à l’être encore perfectible de Jésus et non au «Fils» de la Suprême Trinité, puisque le dogme catholique affirme l’égalité absolue de ses trois Personnes divines ! C’est le mot «Père» qui a crée la confusion. Entre le Principe du Divin Absolu nommé Père dans le dogme chrétien de la Trinité essentielle d’une part, et d’autre part «Notre Père qui es aux cieux», il y a la même différence qu’entre «l’inconcevable» et le «concevable», différence non pas «en soi», mais dans la manière de le considérer.Lorsque je m’adresse au «Père qui es aux cieux», je situe une Puissance dans un état d’être supérieur au mien ; ceci n’est pas une hérésie si je ne confonds pas la Puissance que j’implore avec l’inaccessible et l’innommable Absolu et si, d’autre part, je n’attribue pas au «Père» une existence personnelle, mais que je Le conçoive comme la Cause active originelle d’où émane tout ce qui vit. Alors Il est le «Dieu vivant», dont la «Volonté» est l’Harmonie cosmique et le retour à l’Unité de ce qui a été dualisé, et dont chaque âme-Entité est «le Fils». Mais chaque âme-Entité incarnée dans l’Humain doit «porter sa croix» à l’instar de Jésus, c’est-à-dire suivre les étapes de la «christification». C’est cela l’enseignement évangélique ; et vous en trouvez une confirmation dans l’assertion de saint Paul : «Jésus a été situé pour un peu de temps au-dessous des anges» (Paul aux Hébreux, 2, 9), parole compréhensible si l’on entend par «anges» les Entités célestes dont les deux aspects complémentaires ne sont pas séparés, tandis qu’ils le sont dans l’état humain de Jésus.Beaucoup de choses se clarifient si l’on prend pour fil conducteur la constitution réelle de l’être humain. Je comprends l’enseignement par le symbole, mais pourquoi refuser, de parti pris, une réalité historique aux récits de l’Evangile ?Je ne la refuse pas : je ne m’en soucie point.Si tu veux éplucher la vie humaine de Jésus, tu te heurteras d’une part aux divergences des quatre Evangiles (à commencer par les données contradictoires de ses deux généalogies, selon Luc et selon Matthieu) ; d’autre part au silence total qui enveloppe les années écoulées entre la première manifestation de sa «Conscience» dans le Temple de Jérusalem et son baptême par Jean-Baptiste. Les légendes qui lui attribent une initiation essénienne ou égyptienne restent dans le domaine des hypothèses. Et que m’importe, à moi, qu’il ait été instruit par des Sages ou par sa propre révélation ?… Que m’importe même l’identité du personnage humain qui lui est attribué ? Une chose est certaine : on a écrit, ou fait écrire, ces évangiles, et l’enseignement qu’ils constituent est un témoignage de Connaissance indiscutable. On a situé le Messie de la Révélation nouvelle à la date d’avènement du nouvel Eon (la nouvelle ère des Poissons). On l’a entouré de douze apôtres, comme il convenait au Christ solaire (Horien) émergeant du monde lunaire (Moïsiaque-Osirien) d’Israël.L’aspect exotérique initial de la prédication évangélique a donné un élan mystique dont la répercussion a fait de Jésus-Christ le Seigneur de l’ère des Poissons. Son aspect ésotérique, trop souvent étouffé par les théologiens, inspira les Maîtres d’œuvre des cathédrales et des Sages philosophes du Moyen Age. L’exactitude de son symbolisme situe le christianisme comme la Révélation légitime succédant aux Révélations précédentes : la Révélation égyptienne, dont l’aspect horien était le prélude christique, et la Révélation moïsiaque héritage de l’Egypte osirienne. Tout cela est suffisant, je crois, pour que je n’aie pas besoin de chercher une réalité historique, impossible d’ailleurs à établir avec certitude ! Que je croie, quant à moi, à l’existence humaine du Maître de Sagesse dont l’accomplissement spirituel a fait un «Médiateur», ceci n’importe pas, ni pour vous ni pour moi, car aucune conviction, si forte soit-elle, n’éveillera la Révélation intérieure de la valeur «en soi» de la Réalité christique. Et cette Révélation est indépendante de toute contingence historique. C’est une Réalité vitale, parce qu’elle est inhérente à la destinée surhumaine de notre Humanité et que pour tout homme qui attire en lui, tant soit peu, les deux éléments de son âme divine, elle devient Réalité vivante, comme est réalité vivante, pour la graine en état de germination, l’état de plante accomplie qui devra en sortir. L’erreur, pour l’être humain, est de se croire «achevé» lorsqu’il est parvenu à sa maturité physique et intellectuelle, alors que seul est alors achevé le support périssable de l’être impérissable qui voulait s’épanouir en lui. Cet être impérissable est le germe christique, le notre, le votre, le mien, puisqu’il est (par notre Nombre-Entité) notre identité spirituelle ? C’est aussi, cependant, celui qui fait l’objet du drame évangélique…Vous ne parlez pas ici de Jésus, mais de Christ, devenu, par Jésus, Principe cosmique ? Mais alors peut-on attribuer le Principe christique aux réalisations identiques, par exemple au Principe horien ou à ce qui fut réalisé par Bouddha ?Vous commettez plusieurs erreurs, ce qui est Universel ne peut être limité par le particulier ; d’autre part si vous personnifiez Jésus vous ne pouvez pas dire que le Christ est devenu, par lui, Principe cosmique. Mais le Principe Christ « a pu » s’incarner en Jésus qui, ensuite, a pu se «Christifier» lui-même par élimination de tout ce qui n’était pas Christ en lui.Dans ce sens il est évident que cette Réalisation peut se nommer horienne, ou bouddhique, ou de tout autre nom que peuvent lui donner les plus hautes mystiques.La signification étymologique du mot «Christ» est «oint» ou «onction». En principe l’onction sacramentelle a pour but « d’oindre d’Esprit », par l’intermédiaire d’une substance quintessenciée dont la qualité subtile fait un porteur pénétrant pour la «grâce» dont on l’a imprégnée.L’ «Oint du Seigneur» est celui qui est pénétré par «le Seigneur». L’homme qui a intégré son âme divine est «oint de son propre Seigneur».En réalité, dans l’onction sacramentelle, Christ est «l’efficace» de l’onction ; ainsi l’on pourrait dire que le Principe Christ est la Quintessence manifestable du Divin.J’entrevois mon erreur : elle provenait d’une confusion entre la personne de Jésus et le Principe abstrait du Christ ; mais pour éviter cette erreur ne pourrais-je donner à ce Principe abstrait un des noms qui lui sont attribués par une autre mystique ?Je ne vous comprends pas : le mot Christ définit suffisamment les deux aspects de cette divine Réalité, qui, contrairement à votre assertion, n’est pas une abstraction. Si vous le prenez dans le sens d’ «onction» sa signification ésotérique se rapporte à la réalité positive des pouvoirs spirituels et (dans le meilleur sens du mot) magiques, affirmés par cette parole du Christ accompli : «Toute puissance a été donnée au Ciel et sur la Terre.» Si vous le prenez dans le sens de Médiateur entre l’Homme et le Père, parce que, Conscience totalisée et universalisée, Christ participe en même temps de l’Humain et du Divin, c’est aussi une Réalité positive, car cet état médiateur est le moyen de rédemption pour tous ceux qui suivent les étapes de cette transcendance. Et ce que je viens d’expliquer peut paraître une fastidieuse répétition… Mais si vous m’accordez votre attention vous y percevrez peut-être un point de vue inattendu. Saint Paul, dans son épître aux Hébreux, se sert du symbole biblique de Melchisédech pour enseigner la différence entre l’action extraordinaire et transcendante de la Puissance christique. Il souligne d’abord qu’il ne faut pas entendre par Melchisédech un homme mortel, mais le Principe d’animation perpétuelle : «Melchisédech… sans père, sans mère, sans généalogie, n’ayant ni commencement de jours ni fin de vie, étant ainsi semblable au Fils de Dieu, il demeure sacrificateur pour toujours.» (Paul aux Hébreux, 7, 3)Ensuite il met en parallèle le sacrifice perpétuel de Melchisédech (l’incarnation continuelle du Verbe-Esprit dans toute la Nature) et le sacrifice exceptionnel du Christ dont la qualité transmutatrice peut transcender ce que le premier sacrifice ne pouvait qu’animer. Pour éviter une interprétation matérielle de ces «sacrifices», Paul les différencie d’avec les sacrifices rituels d’animaux du sacerdoce lévitique («selon l’ordre d’Aaron»), qui étaient ordonnés par l’Ancienne Alliance, «dont la Loi, dit-il, ne pouvait rien amener à la perfection» (Paul aux Hébreux, 7, 19). Entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance Paul situe Jésus, dans son état imparfait et passible de tentation, comme le précurseur du Christ qu’il doit devenir, et comme tel appartenant encore à «l’ordre de Melchisédech». Or, remarquez que Melchisédech correspond à Osiris, dont le continuel sacrifice de réanimation cause tous les renouvellements de la Nature. Ce rôle osirien est, dans le symbolisme biblique, celui de l’Ancienne Alliance, de «l’Ancien Testament», c’est-à-dire de la Loi commune, qui n’est «qu’une image et une ombre des choses célestes» (Paul aux Hébreux, 8, 5). Non seulement Paul répudie cette voie imparfaite, mais, pour les disciples de la perfection christique, il rejette même les « premiers principes de la doctrine de Christ… savoir : la repentance des œuvres mortes, et la foi en Dieu, la doctrine des baptêmes… la résurrection des morts et le jugement éternel » (Paul aux Hébreux, 6, 1-2).Comment se fait-il que Paul, ce pilier de l’Eglise, renie ces premières bases de sa fondation ?Il ne les renie pas, mais par rapport à la voie d’accomplissement christique dont il se fait l’apôtre, il les situe comme moyens préliminaires vers lesquels «il ne faut plus rétrograder» si l’on veut parvenir à l’état supérieur. Son insistance offre le grand intérêt de montrer clairement les trois étapes de l’œuvre de «christification» : Premièrement l’état «précurseur» de Jésus, encore assez imparfait pour redouter la mort (Hébreux, 5, 7) ; Ensuite les premières étapes de sa re-naissance spirituelle où il se situe «hors du monde» (tout en vivant dans ce Monde) et «uni au Père» avec ceux de ses disciples qui ne sont pas non plus «de ce Monde» ; Enfin l’accomplissement total de l’état christique, qui lui donne «toute puissance au Ciel et sur la Terre», et lui permet d’affirmer la permanence de sa Présence jusqu’à la fin du Monde terrestre. N’oubliez pas que Paul, ce «pilier de l’Eglise», s’opposa formellement à l’autre «pilier», Pierre, dont la prédication se basait précisément sur les premiers Préceptes. Paul va jusqu’à dire qu’il le reprocha publiquement à Pierre comme «ne marchant pas de pied droit selon la vérité de l’Evangile» (Paul aux Galates, 2, 14). Il affirme nettement son indépendance vis-à-vis de l’enseignement de Pierre ; il se déclare illuminé directement par le Christ dont il prêche la voie de perfection. Or, malgré les divergences qui séparent Pierre et Paul, l’Eglise les associe «comme les deux fondements sur lesquels elle est solidement établie». C’est qu’en effet leurs divergences caractérisent les deux voies représentées par ces deux apôtres. La première, celle de Pierre, est la voie préliminaire qui s’appuie sur l’observance des doctrines et des préceptes ; elle emploie les moyens sacramentels de purification, tels que baptême et pénitence (confession). C’est la voir de «la Loi», la voie commune, accessible au grand nombre des adhérents de la doctrine chrétienne, la voie du «troupeau» parce qu’elle remplace la responsabilité personnelle par la soumission au «berger» responsable et remplace aussi la Connaissance individuelle (acquise par l’illumination de la Conscience) par l’adhésion aux dogmes imposés. La deuxième voie, celle de Paul, est la voie de «Réalisation christique». Cette Réalisation ne s’opère ni par les rites ni par les préceptes et les dogmes, mais par l’action directe de la «grâce», c’est-à-dire de l’âme et de l’Esprit dont la réintégration consciente ouvre à l’être humain l’accès du surhumain. Cette ouverture peut être progressive ou subite comme celle de Paul sur le chemin de Damas. De toutes manières elle présuppose une «prédestination» ou, comme le dit Paul, une sanctification préalable. Mais ne voyez pas dans cette prédestination un favoritisme de la Destinée, un «choix» déterminé par une prédilection divine : les mots «choix, «élection», «prédestination» expriment la conséquence d’une disposition préalablement acquise à travers les épreuves de l’existence actuelle, ou partiellement réalisée dans une précédente incarnation. Cette disposition est positivement la soumission de la «Conscience Humaine» aux directives de son âme divine (le Témoin permanent) qui peut alors l’éclairer progressivement.En somme, l’existence de ces deux voies rend la religion chrétienne accessible au «Grand Nombre» comme au «Petit Nombre», la sélection rigoureuse de Paul ne concernant que les adeptes de la voie parfaite.C’est exact : l’apostolat chrétien s’adresse à la foule aussi bien qu’à l’individu affirmant comme article de foi que la réception du baptême fait de n’importe quel être humain un chrétien. Ce n’est là, cependant, qu’une adoption, qui offre au baptisé la participation aux bénéfices spirituels du culte, rituel et sacramentel, moyens classés par Paul comme préceptes préliminaires et non comme moyens efficaces de réalisation christique. Les faits sont là pour lui donner raison ; dans la multitude des baptisés, bien rares sont ceux qui ne s’endorment pas dans la sécurité illusoire des observances imposées, perdant ainsi de vue le but essentiel de leur existence : intégrer leur être immortel dans leur personnage mortel. Or cette intégration est une œuvre strictement individuelle qui exige, pour chacun, la libre intervention de sa conscience divine (son Témoin permanent), en dehors de toute contrainte doctrinaire et sous sa propre responsabilité.A quoi donc alors peut servir la voie préliminaire des cultes et des dogmes ?Elle sert à « préparer le chemin du Seigneur » (St Jean-Baptiste dans Matthieu, 3), elle éveille en la Conscience Humaine le sens des relations entre le Divin et l’Humain.Attention, qui dit «relations» suppose un état de séparation entre ce que l’on veut relier.C’est exact, mais on peut vous répondre que la masse humaine, sous l’influence du mental, ne peut concevoir le Divin qu’en face de l’Humain. Or, la voie de Pierre s’adresse à la masse… Son but religieux est susciter le désir d’approcher la Divinité ; son procédé est d’imposer aux hommes la pensée du salut par l’intervention de la religion dans toutes les circonstances de leur existence (le salut étant conditionné par l’obéissance aux lois de l’Eglise). Son but ecclésiastique est d’attirer le plus grand nombre possible de « pécheurs à sauver ». C’est le filet de Pierre, le filet du pêcheur, qui entraîne sans discrimination toutes espèces de poissons, mais parfois aussi quelques spécimens d’exception. N’oublie pas que l’anneau du chef de l’Eglise est l’anneau du pêcheur…La voie de Pierre est la voie humaine.La voie de Paul conduit au dépassement de l’Humain.Son programme n’est-il pas celui des monastères chrétiens ?C’est, en principe, le but des règles monastiques ; mais dans l’application, l’emprise des dogmes et l’obéissance absolue au Supérieur du monastère empêchent la libre expression du Témoin permanent.Si la voie de saint Paul conduit au surhumain, comment qualifiez-vous celle de Jean ?La raison de mon silence est la même que celle de l’Eglise qui situe l’évangile de Jean en dehors de la Messe (lorsque l’office est terminé). C’est en effet une autre voie, un autre enseignement. Remarquez d’abord que la Cène eucharistique, comportant la rupture du pain et sa consécration, n’existe pas dans l’évangile de Jean qui, au lieu et place de la Cène, donne la grande prière sacerdotale où Jésus affirme l’Union indéfectible du Fils avec le Père et avec les hommes «venus du Père». Remarquez encore que son récit de la Passion ne relate aucun des trois faits qui, dans les autres évangiles, caractérisent la séparation de l’âme et de l’Esprit : l’angoisse de l’agonie, les deux paroles de Jésus crucifié : «Elie, Elie, pourquoi m’as-tu abandonné» et «Père je remets mon esprit entre tes mains». L’évangile de Jean se limite à ce qui confirme sa voie. Sa voie n’est pas l’effort humain du retour du pécheur vers Dieu (voie de Pierre) ; ce n’est pas l’effort surhumain de donner pleins pouvoirs à ses deux Témoins réintégrés (voie de Paul), c’est l’état divin de l’Union, virginale parce que jamais violée, état d’Amour absolu où le Divin absorbe et transmue sans cesse l’Humain, sans effort et sans volonté personnelle. La voie de Paul enseigne à forme Christ en soi, comme Jésus a formé Christ en lui. Cette formation consiste à réunir dans l’être humain ses deux éléments divins, dont la conjonction sera la «Réalisation christique» ;La voie de Jean n’a pas à réintégrer ce qui n’était pas séparé : c’est l’identification du Logos et du Père dès le commencement ; c’est la même identification dans les hommes «nés de Dieu», c’est-à-dire dont l’être immortel s’est incarné totalement dès leur naissance. Tout chez Jean est identification, sans aucune séparation, pas même de différenciation ni de comparaison ; tandis que Paul compare et différencie la voie de Pierre et la voie de la perfection. Jean ne compare pas : il se contente de prêcher le commandement unique de la Puissance Amour, seule capable de réaliser sans désunion le miracle de l’Unité.Vues sous cet angle, les divergences prennent un caractère intentionnel très cohérent… et le sens initiatique du Christ atteint une envergure insoupçonnée.Nous pouvons le préciser davantage si nous osons quitter l’aspect sentimental qui réduit le rôle de Jésus-Christ à la mesure de notre conception humaine : Si nous considérons l’incarnation de l’Esprit (le Verbe divin) comme la Cause créatrice de toute la Nature, Si nous concevons les «âmes-Entités» incarnées comme étant la manifestation humaine de multiples expressions du Divin, Si nous voyons leur incarnation comme leur initiation à la Conscience de l’Anthropocosme, Si nous regardons les mésaventures de leurs avatars comme l’éducation (bonne ou mauvaise) de la «Conscience Humaine» que chaque âme divine s’efforce d’éclairer : Alors nous pourrons concevoir l’œuvre Cosmique comme la répétition continuelle de l’Action et de la Passion du verbe, incarné dans la Matière. Nous l’y verrons éveillant successivement tous les aspects de la conscience fonctionnelle à travers les règnes de la Nature, subissant finalement, dans le règne humain, la persécution du Mental dualisant. Ceci est l’œuvre du Devenir naturel, terrestre, humain, osirien, dont l’effrayante pérennité ne peut être vaincue que par l’œuvre surhumaine de la « christification » progressive. Les Sages égyptiens appelaient cette œuvre surhumaine « l’œuvre solaire », ou horienne. Leurs héritiers chrétiens l’ont appelée « la voie du Christ », et l’on peut dire que tout homme qui incarne progressivement son Entité immortelle est de la race christique, et participe au développement du Principe christique dans l’Humanité terrestre.Le Christ n’est-il pas en Lui-même sa perfection ? Qui donc pourrait encore participer à son accomplissement ?Combien il est difficile à l’homme personnel de concevoir l’impersonnel ! Essayez donc d’y parvenir en regardant un cas individuel : Un homme qui commence à réaliser l’union de ses deux témoins devient déjà un Soleil spirituel, et son rayonnement est proportionnel à son impersonnalité. S’il parvient à éliminer ses volontés divergentes, et si sa Conscience Humaine s’identifie à celle du Témoin permanent, il participe à l’Harmonie divine (la «Volonté du Père») sans pour cela rien perdre des qualités propres à son Nombre-Entité : c’est au contraire un enrichissement de sa Conscience à travers la «passion» de son existence humaine. Or, le superlatif de cette réalisation est l’état christique, c’est-à-dire la «christification» de ce qui incarne le Verbe, qui subit la passion de ses avatars terrestres, qui y devient conscient de toutes consciences et «fort de toutes forces», ayant dans cette «passion» acquis la puissance des Forces inférieures… Et cet «état christique» est capable d’attirer et de transcender tout ce qui suit le même mouvement d’expansion anti-égoïste, et son aboutissement est le «retour à la droite du Père», c’est-à-dire le retour conscient à la Source divine. Faites attention, en m’exprimant ainsi j’ai parlé aussi bien du Verbe et du Christ dans le sens Universel que dans le sens de sur-accomplissement de l’Homme régénéré. Mais sachez aussi que, dans les deux cas, je parle d’une Réalité effective, expérimentalement véridique. Dans les deux cas je parle d’un état divin, conscient de toute conscience, où se dissolvent toutes les particularités opposantes, et qui, considéré dans notre Humanité, entraîne et unifie tous ceux qui brisent leurs chaînes pour entrer dans le sur-humain.L’état dont vous parlez est un état de perfection : comment peut-on en imaginer la possibilité pour l’être imparfait qu’est notre personne mortelle ?Cet être imparfait n’est que le support, la carcasse, de notre Entité spirituelle. C’est à cette Entité qu’appartiennent la nature divine et les possibilités sur-naturelles qui en découlent ; mai le rapport entre les deux c’est la «Conscience Humaine», qui est la fixation de l’expérience acquise par la personne mortelle.La Conscience Humaine est l’empreinte vivante des multiples impressions fixées par l’expérience complexe de l’existence. Elle en est la réflection.Vous voulez dire le miroir ?Non, car le miroir est ce qui reflète, tandis que la Conscience Humaine est faite de cette réflection ; déplacez un miroir : il ne reflétera plus les mêmes images ; or, la Conscience Humaine garde les impressions, jusqu’à ce qu’elles soient modifiées ou remplacées par d’autres, vitalement plus profondes. C’est pourquoi elle est rectifiable et perfectible. Le sommet de sa perfection sera son identification ave la Conscience divine de l’Homme, son Témoin permanent, dont elle attire la Présence par son désir intense d’être éclairée par lui. Ce confondement est une étape de la christification, dont l’accomplissement est la conjonction du «Divin humanisé» (le Témoin permanent) avec le «Divin Universel» (le Témoin spirituel). Or, vous rendez-vous compte que cet accomplissement n’est pas seulement un acquis personnel, mais qu’il affecte et enrichit tous les individus qui sont eux-mêmes en voie de le réaliser ? Et je ne parle pas ici de l’inter échange individuel entre des êtres qui «rayonnent» leur spiritualité : je parle de leur coopération à l’accroissement d’intensité d’une sphère spirituelle qui «nourrit» et transcende les êtres humains doués d’une aspiration identique. Si vous pouviez vous délivrer de l’obsession mentale du Temps et de l’Espace, vous deviendrez conscients de cette sphère de Puissance dont une image concrète nous est donnée dans les règnes inférieurs de la nature : Si par exemple nous parlons du monde, ou règne, végétal, nous entendons tout ce qui, sur Terre, est de nature végétale et subit les lois de ce règne, tant pour les conditions physiques de sa croissance que pour les influences des astres qui en régissent le cours. Or, ces influences célestes suscitent dans tous les sujets d’une même espèce les mêmes réactions (compte tenu des modifications causées par la région), c’est-à-dire que ces influx animateurs enveloppent notre globe d’une atmosphère vitalisante où tous les végétaux communient en captant, chacun selon son espèce, l’influx correspondant à ses aspirations. J’ai choisi comme exemple le règne végétal pour le contrôle facile de sa docilité aux incitations des astres et des saisons. Faites vous-mêmes l’effort de transposer ceci dans l’état transcendant du règne surhumain : peut-être alors pourrez-vous percevoir la réalité d’une «atmosphère» d’ordre spirituel, sphère d’influence non plus astrale, mais divine, à laquelle nous coopérons par notre effort de «dépassement» en même temps que nous participons à la Puissance régénératrice qu’elle engendre par le fait même de cette communion.Si vraiment l’homme pouvait compter sur un tel espoir…C’est n’est pas un espoir, c’est une certitude ! Notre Maître ne nous prêche pas des «efforts vertueux» en faisant miroiter un paradis hypothétique : il nous montre une Loi, immanente à un état d’être qui, si je l’ai compris, est le Règne d’accomplissement qui nous attend…… règne ou état d’être qui est déjà le tien si ton Entité divine t’habite.Ne comprenez-vous pas le caractère impératif de la loi d’attraction qui entraîne dans le même courant tout ce qui est régi par les mêmes aspirations ? De même que dans la genèse d’un œuf ou d’une nébuleuse, tous les éléments qui participent à leur formation participent aussi aux multiples courants vitaux engendrés par le centre causal de cette genèse ; de même (et à plus forte raison) dans le Grand Œuvre de christification, une coopération continue s’établit entre tout être humain qui forme en lui son propre Christ et le Centre prototype de cette perfection.Car ce centre est la plus haute Puissance salvatrice émergeant de la Nature dualisée : c’est le Soleil christique, dont la vertu transmutatrice est le ferment de re-naissance pour le Monde Divin.

EGGLESIA :: Voir le sujet – Le Principe Christique

Blogged with the Flock Browser

Posted in Philosophie | Leave a Comment »

Final-Age | La nouvelle religion

Posted by + Eric de Troyes + sur novembre 25, 2009

« La nouvelle religion est en marche et toutes les religions antérieures nous y ont préparés. Elle n’en diffère que parce qu’elle ne se distinguera plus par les dogmes ou des doctrines, mais sera essentiellement une attitude de l’esprit, une orientation vers la vie, vers l’homme et vers Dieu. Elle sera aussi le service vivant. L’égoïsme et les intérêts égocentriques seront finalement balayés, car le royaume de Dieu est la vie du Tout, perçue et désirée par tous ses citoyens, élaborée et exprimée par tous ceux qui foulent la Voie. L’initiation n’est rien de plus que le processus par lequel nous développons, en nous, le pouvoir et les facultés de ce royaume nouveau et plus élevé. Ces pouvoirs nous font accéder à un monde supérieur et tendent à nous rendre sensibles au Tout, et non plus à la partie. L’individualisme et la séparativité disparaitront lorsque ce royaume prendra corps. La conscience collective est l’expression et la qualité principale du royaume de Dieu. C’est le prochain pas qu’il nous faut accomplir, sur le sentier de l’évolution, et il n’y a aucun moyen de nous y soustraire. Nous ne pouvons nous empêcher de devenir conscients du plus grand Tout, ni de participer à sa vie unifiée. »Alice Bailey, De Bethléem au Calvaire

Final-Age | La nouvelle religion

Blogged with the Flock Browser

Posted in Philosophie | Leave a Comment »

Reprise des activités

Posted by + Eric de Troyes + sur novembre 25, 2009

Aptès un long silence obligé, suite ennuis de santé, les activités de ce blog vont reprendre très prochainement…
Merci pour vos visites et votre fidélité….

Posted in Uncategorized | Tagué: , , | Leave a Comment »

L’Amour

Posted by + Eric de Troyes + sur novembre 23, 2007

L’amour : un mot bien galvaudé !

Tant de notions ou d’opinions se profilent derrière ce terme qu’une mise au point s’impose, surtout pour mieux percevoir ce qu’il recoupe et implique au niveau divin. Celle-ci a d’autant plus de valeur qu’elle nous replonge dans l’essence de la véritable signification de ce formidable mot, c’est-à-dire dans l’origine même de la Création. Homme = Amour. Etrange équivalence, en vérité. Oui, et pourtant la raison d’être de l’humain, c’est uniquement l’Amour. Etant entendu que le Créateur voulut des échanges, des relations, des Créatures à Son Image pour ne plus demeurer Seul, Il fit l’Acte d’Amour sublime dont Tout est issu : créer des êtres, que l’on a appelés les Anges ou Archanges. Nous, humains, sommes effectivement d’anciens anges déchus sur cette Terre, en apprentissage de re-CREATION d’Amour avec le Père, et donc avec nos frères humains. Ainsi, c’est au départ un acte d’Amour pur qui est à l’origine de la Création :« L’Amour est la raison de la Matière et de l’Homme. », affirme André Bouguénec. p. 229 de son livre « l’Autre Mystère de Marie ».L’Homme est donc un écho de l’Amour, par résonance avec son Créateur. Il doit par conséquent opérer cette permanente transsubstantiation : transformer et transmuter tout ce qu’il reçoit de la Nature en Amour (le mot Nature, d’ailleurs, veut dire : qui fait Naître !).

Qu’est-ce que cela signifie ? L’amour : égoïsme ou altruisme ?Là réside le problème ! Dois-je aimer pour moi, ou pour les autres ? Est-ce que l’Amour véritable est cette sensation de plaisir ou de satisfaction tournée avant tout vers moi, ou bien doit-il d’abord trouver sa raison d’être dans le bonheur de l’autre ?En vérité, le seul Amour qui ait de la valeur pour le Créateur est contenu dans cette citation de Jésus :« Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. » (Matthieu XVI-25).« Tu aimeras ton ennemi non parce qu’il est ton frère, mais pour qu’il devienne ton frère. » assure Saint Augustin.René Barjavel nous simplifie l’énigme par sa formule percutante :« L’Amour c’est l’oubli de soi. »Voilà bien notre réponse tant attendue ! Oui, l’égo, le moi, ne peuvent que passer au dernier rang puisque c’est l’autre qui prime avant tout ! Cela revient au processus d’individuation développé par C.G. Jung. L’Amour est donc « forcé », il est sacrifice, compréhen­sion, patience infinie, il est don de soi le plus total. L’amour serait-il invivable ?« Mon joug est doux et mon fardeau est léger. » (Matthieu XI-30).Telle est la réponse de Celui qui partagea les souffrances humaines. Tout est donc bien relatif, car l’effort ou le sacrifice librement acceptés en toute conscience ne sont plus aussi douloureux ou aussi pesants que lorsque que nous les refusons. Par simple magie d’Amour, l’impossible peut se transmuter en possible, l’intolérable peut devenir tolérable, l’inhumain se change en humain puisque tout est transsubstantiation permanente. Oui mais à une seule condition : la volonté farouche de Vouloir donner, accepter, ou supporter… par Amour pour les autres, et surtout, sans rien attendre en contrepartie ! Alors un autre miracle s’opère : puisque je n’attends rien, la Vie se charge de me rendre quelque chose, sous une forme ou sous une autre, en temps utile !

Qui plus est, le plus grand bonheur que nous puissions éprouver, c’est celui que nous procurons à l’autre. Rien, en effet, n’est plus intense comme joie profonde, que ce bonheur qui nous envahit dès lors que nous avons pu rendre quelqu’un heureux. Le philosophe grec Aristote l’exprimait ainsi, plus de 300 ans avant J.C. :« L’homme idéal éprouve une joie profonde à aider ses semblables. »De la même manière, inspirons-nous de cette remarquable recommandation de Zarathoustra (7ème ou 8ème siècle avant J.C.) réformateur de la religion iranienne antique :« Faire du bien à ses semblables n’est pas seulement un devoir. C’est une joie, car en agissant ainsi, on affermit son bien-être et sa santé. »

Dans la lignée de l’Enseignement du Christ, voici ce qu’écrivait André Bouguénec, en mai 1996, dans un texte inédit :« Aimer ce qui est aimable est un cadeau de la Vie, mais « La Vie » attend que l’Amour naisse où il n’y avait pas d’espoir ! Vous êtes des semeurs, des créateurs, des jardiniers et votre cœur se réjouit de voir éclore vos semences. » L’amour est donc « forcé » ?« Aimer, c’est aimer sans aimer », nous assène André Bouguénec. page 60 de son livre « Entretien avec l’Homme ».Ce n’est d’ailleurs pas une nouveauté puisque :« Le royaume des cieux est forcé et ce sont les violents qui s’en emparent. » assurait Jésus (Matthieu XI-12), (sous entendu : les violents de l’Amour pour les autres).Oui, l’Amour véritable est bien celui que l’on force, que l’on crée de toute pièce ; c’est celui qui finit par s’imposer puisque nous ne l’imposons pas aux autres mais à nous-mêmes. C’est en vérité le seul effort exigé, possédant alors inévitablement une valeur inestimable, puisque créé librement par nous-mêmes au milieu des antagonismes et des difficultés quotidiennes de notre existence :« Lorsque tu seras suffisamment généreux pour tout accepter des croyances des autres et comprendre pourquoi il y a tant d’opinions, de religions et de politiques, tu seras Vivant pour toujours car tu sauras Aimer et tu auras compris que Dieu ça se crée. Il n’est pas derrière les hommes, mais devant. » explique André Bouguénec, page 74 d' »Entretien avec l’Homme ».Amour = actes d’Amour « Il n’y a pas d’Amour, il n’y a que des preuves d’Amour. » répétait toujours André Bouguénec. Bien sûr puisque « nous jugeons l’arbre à ses fruits » selon la formule de Jésus.Tout ne prend donc sa réelle valeur que lorsque l’action concrétise la volonté de l’esprit : tout doit se concrétiser ou se matérialiser. Nous devons manifester ce que nous voulons vraiment pour que cela devienne tangible, donc réellement efficace. Tout passe donc par les actes ou par les manifestations diverses, et les possibilités sont infinies, des plus subtiles aux plus évidentes. Alors rien ne sépare, rien ne s’isole. Tout peut au contraire s’unir et retrouver ses liens véritables. Quelques recoupements cabalistiquesAIMER est l’anagramme de MARIE, ce qui est un grand symbole puisque l’Amour permet de tout MARIER, de tout unir et de ré-UNIR ce qui avait été séparé.AMOUR = 68 = PARTAGE = 68 = PLUS (!!) car l’Amour demande toujours de faire plus, de donner et se donner plus, dans une QUETE = 68 vers le PARADIS = 68 tant espéré.Aimer c’est aider l’autre.A I M E = 1 + 9 + 13 (1+3 = 4) + 5, par réduction, rime bien avec A I D E = 1 + 9 + 4 + 5.L’AMOUR = 80, peut-être symbolisé par LE FLUX = 80 du sang qui irrigue le Cour.Malheureusement, on a souvent tendance à opposer AMOUR et INTELLIGENCE… pourtant, ces 2 notions sont com­plémentaires ; constatez vous-mêmes : AMOUR après réduction, totalise 23. A M O U R 1 13 15 21 18 1 4 6 3 9 = 23alors qu’INTELLIGENCE totalise 61. I N T E L L I G E N C E 9 14 20 5 12 12 9 7 5 14 3 5 9 5 2 5 3 3 9 7 5 5 3 5 = 61Additionnons en croix ces deux résultats (3 + 6 et 2 + 1) et nous trouvons 93. AMOUR et INTELLIGENCE sont les seules clefs proposées à l’humain pour devenir un « HOMME DIEU » = 93.Enfin, le fameux « JE T’AIME » (= 63) inscrit, gravé ou écrit sur tous les supports, possède la même valeur numérique que Celui qui a conçu l’Amour : DIEUX = 63.

L’amour

Posted in Temple | Leave a Comment »

Marie….

Posted by + Eric de Troyes + sur novembre 23, 2007

Mythe ou réalité ?Faut-il vous rappeler que la croyance à la sainteté de Marie a fait sa première apparition sous la plume de Saint-Ambroise vers l’année 380 !Depuis, dans tous les pays de confession catholique, ce culte pour Marie est devenu aussi important, voire plus que celui de Jésus. Dans quelle mesure ce mythe est-il aujourd’hui justifié ? Marie comprenait-elle Son Fils ?La petite Marie « de l’an 0 » n’était guère le personnage idéalisé que l’on se représente aujourd’hui. A commencer par le Nouveau Testament qui ne relate aucun passage où l’on voit Jésus honorer sa mère pendant sa vie publique, bien au contraire. Lisons ainsi ce que dit Marc dans son évangile III-32 :« Voici que ta mère et tes frères sont là dehors, et te cherchent ; mais il répondit : « Qui est ma mère, et mes frères » ? Puis, jetant les yeux sur ceux qui étaient assis autour de lui, il dit : « Voilà ma mère et mes frères ! Quiconque fait la volonté de Dieu est mon frère, ou ma sour, ou ma mère ».»Jésus va jusqu’à renier sa mère et sa famille qui refusaient d’admettre sa mission divine ; et pour cause, elle le prenait pour un insensé :« Quand ses proches l’eurent appris, ils vinrent pour s’emparer de lui ; car, disaient-ils, il a perdu l’esprit. » (Marc III-21) :Fils et mère ne se comprenaient visiblement pas, et il ne fait aucun doute que Marie n’adhérait pas aux préceptes enseignés par Jésus, comme illustrés dans la citation de Luc XI-27 :« Or il arriva que lorsqu’il parlait ainsi, une femme élevant la voix du milieu de la foule lui dit : « Heureux le sein qui t’a porté ! Et les mamelles que tu as sucées » ! Mais lui, dit : « Bien mieux, Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et LA METTENT EN PRATIQUE. »»Finalement Jésus souffrait très probablement de ce manque de communication et se sentait, en quelque sorte, « orphelin ».Ses propos rapportés dans Matthieu VIII-20 sont clairs :« Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’Homme n’a pas où reposer sa tête. » Seule Marie-Madeleine comprit son désarroi, et lui apporta ce sentiment maternel que ne sut lui donner Marie. Quelle fécondation ?Dans le monde juif, où l’absence de fécondité pour une femme était considérée comme une malédiction, le thème de la naissance miraculeuse est largement répandu. La Bible impute à l’intervention de Dieu nombre de naissances chez les femmes stériles : Isaac pour Sara, Samuel pour Anne, Jean-Baptiste pour Elisabeth.Quant à l’histoire de la Marie fécondée par l’Esprit, il s’agit bien entendu d’un mythe ! Jésus est né d’une conception tout à fait normale et vint au monde dans un lieu autre qu’une étable, ce qui n’enlève rien à sa divinité ! Bien au contraire, cela symbolise son véritable sacrifice d’avoir, en tant que Dieu, accepté d’assumer les conditions de l’incarnation humaine. Souvenez-vous lorsqu’il disait :« Je suis le premier et le dernier… » (Apocalypse I-18).Depuis, les hommes n’ont écouté que leur dévotion stérile et aveugle. L’histoire le montre, l’homme qui veut faire l’ange finit toujours par faire la « bête ». Ainsi, la religion a fini par travestir la naissance de Celui qui se définissait, avant tout, comme : « LE FILS DE L’HOMME ».Si l’on prend comme référence l’exemple de la Mère Thérèsa, cela reviendrait à nier dans quelques années sa présence dans les bidonvilles de Calcutta, et finir, au fil des siècles, par broder une naissance particulière assortie d’une vie aussi doucereuse qu’aseptisée. Les frères et sours de JésusDonc si Jésus est bien né comme n’importe quel être humain, il n’y a aucune raison pour qu’il n’ait pas eu, par la suite, des frères et sours.(Matthieu XII-46) : « (…) la mère et les frères de Jésus étaient venus le trouver. »(Luc VIII-19, 20) : « Pendant qu’il parlait encore, sa mère et ses frères étaient dehors. »(II-7) : « Le temps où Marie devait accoucher arriva. Elle mit au monde son fils aîné. »Certains théologiens rétorquèrent qu’en hébreu, les termes frère et cousin sont identiques, et que Jésus n’avait pas de frères et sours. Il oublièrent un peu trop rapidement que les évangiles ont été transmis en grec et non en hébreu ! Que représente en réalité la Mère de Jésus ?Nous l’avons déjà dit, le Culte de Marie s’est développé parfois jusqu’à dépasser celui de Jésus. Phénomène curieux car, à l’époque rien ne la prédisposait à prendre cette place dans les ferveurs religieuses. (Le dogme de l’immaculée conception ne date d’ailleurs que de Février 1854, sous Pie IX dans la bulle « Ineffavilis Deus »).Depuis, des messages de cette « Vierge » ont bouleversé le mon­de en différents endroits : Fatima, Kibeho, Amsterdam, Kérizinen, Lourdes, Medjugorge… Elle apparaissait sous forme d’une Mère protectrice et rassurante.« Priez et repentez vous, je ne puis retenir plus longtemps le bras de mon fils…»Ces messages, dont les plus troublants proviennent de Fatima, donnent un rôle bien particulier à cette Marie que l’on qualifia de « Mère de Dieu ».Mais ne vous imaginez pas que la dévotion à la Vierge-Mère date d’il y a 2000 ans. Depuis longtemps les hommes vénèrent des déesses représentant la Terre nourricière, en complémentarité avec le rôle inséminateur du soleil, pôle masculin de cette dualité de source de Vie. Effectivement, Marie représente cette maternité rassurante et bienveillante. On la voit en iconographie tenant un globe avec une croix à son sommet. C’est le symbole zodiacal de la Terre. Comme par hasard : LA VIERGE = 79 = LA TERRE. Ainsi, Marie, dans sa réalité divine, forme une entité assimilable à la matière nourricière. Le plus compréhensible à notre niveau est de l’associer à la planète, notre principale source de Vie. Ce n’est pas nouveau, depuis longtemps les traditions parlent d’une Mère Originelle. Mais qu’en est-il ?Platon, dans le Timée, disait qu’il existait une substance première :« La Mère du Monde, qui contient en elle la possibilité de toutes choses, sans être par elle-même aucune chose en particulier. »Dans sa réalité, cette substance primordiale est l’élément subtil, éternel, remplissant l’espace et interpénétrant TOUS les autres éléments. C’est le substratum universel, support de toute manifestation, la Matrice de l’Univers, LA VIERGE MERE de toutes les formes et de tous les êtres. C’est l’aspect femelle du Principe Primordial, la potentialité et la passivité. Dans les traditions cabalistiques, Elle fut nommée : Noun, Karana éternel, Ain Soph Aur, Materia Prima. Cette Force Primordiale, au cours de sa manifestation, devient la VIE, puissance du Verbe divin manifesté, moteur de toutes choses existantes.Comprenons que ce qui est UNI-VERS-EL (Dieu) est avant tout UNI-VERS-ELLE (cf. : le Big-Bang).Saisissez à présent pourquoi Elle porte le qualificatif d' »Immaculée Conception », car elle est une MATiERe pure, sans tache. Cette MATER est la TRAME de toute Vie, Elle Est avant tout nécessairement de conception parfaite. Quelques recoupements cabalistiquesLe premier symbole de MARIE est bien sûr la notion d’AIMER.Elle mit au monde : « SON FILS » = 94 = « LE CHRIST ».Accouchant « A NAZARETH » = 94.Elle devenait le grand symbole, par la légende, de L’IMMACULEE = 94.Vénérée en France à LOURDES = 94 connue pour LA SOURCE = 94, découverte par BERNADETTE = 94 et devenue depuis, LA CLEF DE MARIE = 94.94 est composé de NEUF = 46 (= MARIE), et QUATRE = 82 (= IMMACULEE), nous obtenons 46 + 82 = 128 = « MATER VIRGO ».

Marie

Posted in Temple | Leave a Comment »

Jésus le Christ

Posted by + Eric de Troyes + sur novembre 23, 2007

2000 ans après…Jésus continue à faire couler beaucoup d’encre. Entre les écrivains et les Unes de magazines, nous ne manquons pas de littérature pour affiner notre opinion ! Cependant, « le Jésus » façonné par 2000 ans « d’histoires » est-il le reflet de la réalité ?Certains dévoilements que vous lirez choqueront peut-être votre esprit, mais n’oubliez pas que le « doucereux » Jésus était également un provocateur (rappelez-vous comment il renversa les étalages des marchands du temple dans Luc XI-15). D’ailleurs s’il revenait aujourd’hui, ne commencerait-il pas par rappeler à l’ordre les « Monsignores » de l’institution vaticane qui se font appelés abusivement « Mon Père » ? Jésus, Fils de l’homme, Fils de Dieu, Messie, Christ, Seigneur ?Si Jésus était son nom – Yeshouah de son véritable nom -, son identité était plurielle. En effet, en fonction de son niveau de compréhension, l’auditoire l’apostrophait par tel ou tel nom. Par exemple ses apôtres le prenaient pour un prophète averti, jusqu’à ce que Simon-Pierre découvrît une autre identité : celle de Christ, le fils de Dieu… (Matthieu XVI-16). Quelle est cette autre réalité ? Le phénomène Christique n’est pas simplement contenu dans l’apparition d’un homme, mais regroupe plutôt un ensemble d’actions, de manifestations plus ou moins tangibles pour amener les Hommes vers la reconnaissance de leur véritable Père. D’ailleurs Jésus n’arrêtait pas de l’appeler ainsi : « Mon Père », donnant, par cette désignation, une nouvelle approche du Dieu lointain et cruel que les Hommes craignaient. Il était Fils de l’Homme car né dans une matrice humaine, mais aussi Fils de Dieu, car possesseur de Secrets divins sur cette terre ; il fallait nécessairement qu’il fût incarné à partir d’un « ailleurs », en relation directe avec Le Concepteur des mondes. Comment pouvait-il en être autrement puisque l’on ne peut enseigner que ce que l’on connaît !Tous les prophètes ou manifestations de Dieu représentent le phénomène Christique. La signification de Christ est « oint du Seigneur » ; c’est comme tel qu’il faut considérer ses représentants, ses manifestations, ou sa venue en personne… Un homme simpleIl n’était pas la star à la barbe longue, aux cheveux longs et au visage séduisant. Désolé mesdames, mais il est une loi qui interdit aux messagers de séduire par leur apparence physique. Et pour cause, seul leur Enseignement peut prouver leur Identité particulière et, cela, sans artifices quelconques. Quant à l’apparence du Fils de l’Homme, contrairement aux rêves pieux, rien ne le distinguait des Juifs de l’époque, sinon son regard, ses expressions et les modulations de son Verbe, mais également son attitude souvent pensive et inquiète ! Eh oui … ! Dans la lignée du fameux « Maître de Justice », Jésus fit partie des esséniens, une des nombreuses sectes de l’époque qui privilégiait – entre autre – l’art de guérir par les plantes. Leurs préceptes moraux convergeaient vers le beau, le bien, le bon. C’est dans cette voie que son « père » Joseph l’enseigna.Jésus s’imprégna de la Tradition juive, des modes de penser de ses contemporains et accumula une psychologie des êtres. Troublé par les contradictions et les comportements humains, il commença par enseigner autour de lui de nouveaux préceptes, souvent en contradiction avec les dogmes centenaires. Joseph laissait faire, mais sa mère, Marie, était en désaccord avec son Fils. Le prenant à certains moments pour un illuminé, elle ne comprenait pas toujours la portée de ses agissements. L’affection et la compréhension d’une mère lui manquèrent beaucoup. Pourtant Jésus connaissait sa véritable Origine : « Je ne suis pas de ce monde. », et savait l’importance de ce qu’il devait enseigner. Un enseignement, hélas galvaudé !L’enseignement fondamental de Jésus stipulait au moins deux choses essentielles :1. l’Amour du prochain.2. le Royaume de l’homme n’est pas de ce monde (Lui-même venant de cet « ailleurs »).Pour que l’humain y parvienne en état d’épanouissement et puisse jouir du Royaume céleste, il lui faut préalablement mourir aux idoles, aux appétits et aux biens précaires de ce monde, autrement dit, RE-SUSCITER ici sur Terre,de son vivant.Lorsqu’elle enseigne que Jésus a racheté les péchés de l’humanité, jamais l’Eglise n’a autant trahi, abêti et anesthésié ses fidèles, par la distribution intempestive de « chèques en blanc ». Aurait-elle oublié les propos de Celui qui affirmait :« Dieu vomit les passifs et les tièdes » ?Ou encore :« Va d’abord te réconcilier avec ton frère, lui seul peut te pardonner. » ?Enfin :« Le Royaume des Cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’en emparent. » ?La trahison ne s’arrête pas là, car toute la symbolique de l’Androgyne fut systématiquement « coupée » de son enseignement ; non seulement l’égalité de la femme mais surtout sa Primauté sur l’homme. Beaucoup de femmes suivaient Jésus lors de ses déplacements car elles avaient à ses yeux une place essence-CIEL. En 1945, on retrouva, en Haute-Egypte, un Evangile selon Thomas écrit en langue égyptienne, le Copte. Ce fut un événement extraordinaire, mais l’Eglise, fidèle à son aveuglement n’en tira nullement parti. Dommage, car ce texte, compte tenu de son origine, ne pouvait pas être taxé de faux ou de manipulation. C’est la raison pour laquelle nous pouvons y trouver quelques inédits : Jésus leur dit : (logion 22)« Lorsque vous faites le deux UN, et faites l’intérieur comme l’extérieur, et le supérieur comme l’inférieur, afin de faire le mâle et le féminin en un seul pour que le mâle ne devienne mâle et le féminin ne devienne féminin ; alors vous entrerez dans le Royaume. »Lisez bien ce que disaient les versions anciennes de l’Evangile, en 1672 par exemple à l’Epître aux Ephésiens V-28 :« C’est ainsi que les maris doivent aimer leur femme COMME LEUR PROPRE CORPS : celui qui aime sa femme, s’aime soi-même. Car nul ne hait sa propre chair, au contraire, il la nourrit, ou l’entoure d’attention – ici, comparaison apocryphe entre Jésus et l’Eglise. Parce que nous sommes les membres de son corps (la femme) formés de sa chair et de ses os. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et de deux qu’ils étaient ILS DEVIENDRONT UNE SEULE CHAIR. Ce mystère est grand, je le dis en J.C. et en l’Eglise ».Cette dernière partie fut falsifiée par l’Eglise et remplacée par « .je le déclare qu’il (ce mystère) concerne le Christ et l’Eglise ».Ce qui est très différent du corps de la femme clairement stipulé précédemment. D’autant plus que cela est parfaitement corroboré par l’Evangile de Thomas décrivant la formation unitaire de l’Androgyne.« Ce mystère est grand »Croyez-vous Jésus si naïf pour faire référence à la cérémonie du mariage terrestre ? Non, il ne peut s’agir que de l’Androgyne. Bien sûr, rien n’a filtré au fil des siècles car le peuple juif – et les hommes à leur image – était phallocrate et misogyne de surcroît. Aujourd’hui rien n’a vraiment changé ; dans aucun pays, la femme n’a réussi à trouver un statut égal à celui de l’homme. Dès lors, comment ne pas considérer que les paroles de Jésus furent triées uniquement à des fins personnelles de suprématie ! Souvenons-nous que Jésus critiquait déjà les scribes et les pharisiens et leur reprochait de :« Fermer aux hommes le royaume des cieux, de ne pas y entrer eux-mêmes et d’empêcher d’entrer ceux qui voulaient y entrer. » (Matthieu XXIII-13).Autre fait significatif, un document daté de 1551 (sous Jules III), référencé à la Bibliothèque de Paris, atteste que la lecture et l’étude de la Bible étaient interdites au peuple, de peur que celui-ci ne découvrît les contradictions et les égarements des doctrines établies par l’Eglise de Rome. Manifestement l’objectif est atteint, car le croyant est toujours l’enfant, d’autant plus fidèle et attaché à ses rites religieux, qu’il se convainc que cette « chère » habitude est l’essentiel de sa foi et de son salut. Ainsi, fait-il un transfert de facilité dans son assiduité aux rites et ses somptuosités attachantes. En réalité, l’enseignement de Jésus stipule tout le contraire ! L’effort consiste, avant tout, à ritualiser sa foi dans les actes quotidiens au bénéfice de son prochain.« Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. » (Matthieu VII-21 à 23).En définitive, ce qui est essence-CIEL, c’est un comportement naturel spontané et non ritualisé. La répétition des prières, des cérémonies etc… dans leurs exagérations et mimiques, flatte nos « bonnes » consciences ; en outre, elle écarte l’exigence, trop facilement oubliée, de pratiquer laïquement et socialement l’art « religieux », à savoir : Aimer Dieu dans tous les problèmes humains de la Vie. Par ailleurs, que dit Jésus sur ce qui est caché ? :« Il n’est rien de caché qui ne doive être découvert ! » (Marc 4:22) et « …ni rien de secret qui ne doive être connu. » (Luc VIII-17 et 12:2).Voici l’avertissement cinglant de Jésus « l’Enseigneur » adressé aux Docteurs de la Loi et concernant justement la Connaissance et la Science à dispenser aux fidèles :« Malheur à vous, docteurs de la loi, parce qu’ayant pris la clef de la science, vous n’y êtes point entrés vous-mêmes, mais ceux qui voulaient y entrer, vous les en avez empêchés ! » (Luc II-52).Nous constatons donc, qu’en ce qui concerne les révélations de Jésus, non seulement des secrets furent traditionnellement cachés, mais ceux « de la Science divine » transmise par Jésus furent dissimulés, tronqués ou taxés d’apocryphes. Vous avez dit Parousie… ?Il ne serait pas logique de parler de Jésus sans évoquer brièvement ce que des centaines de millions de Chrétiens récitent « quotidiennement » dans « le Notre Père » :« Que ton règne vienne ».Parfaitement conscient de la déformation de ses propos dans le temps, Celui qui se définissait il y a 2000 ans comme « l’Alpha et l’Oméga », nous pré-VENAIT, de son retour (« comme un voleur ») pour révéler en-FIN, les choses cachées depuis la création du Monde. Aujourd’hui, les Juifs « trop entartrés » dans leur histoire millénaire pour accepter tout changement, ne sont-il pas ces milliards d’hommes qui refusent inexorablement de quitter leurs opinions pour comprendre le « VERSO » de toute chose ?! Enfin, si le Christ enseignait il y a 2000 ans sous forme de PARABOLES, c’était bien pour laisser à chacun la liberté de prendre ou de refuser sa parole. Aujourd’hui, en cette période de confusion, et dans un monde peuplé de « forts en gueule, » le Verbe n’a pas d’autre choix que de s’imposer, en toute clarté, sous forme de PAROLES-AB – PARABOLES = PAROLES + AB, AB signifie le Père « ABBA » et par analogie l’Alpha-Bet ! – Plus que jamais nous sommes faces à nos choiX, aussi n’oublions pas que pour le Ciel, il n’y a pas de pire péché que celui dirigé contre l’Esprit. N’appelle-t-on pas cela également la « MAUVAISE FOI » ? Quelques recoupements cabalistiquesLa lettre qui symbolise l’Esprit et la germination dans l’alphabet français est le « � » car elle féconde les autres lettres. Ajoutons ce « � » à JESUS et nous avons JE-SU�S. C’est-à-dire se conjuguer vous et moi à Son image au quotidien pour pouvoir dire effectivement « JE SUIS » (cf. : le présent permanent : « Je Suis Celui qui Suis »).LES JUIFS adeptes de la « Thémoura » (cf. : anagramme) ne surent pas observer que, des entrailles de leurs lettres, naîtrait le « FILS JESU ».JESUS = 74 = GANYMEDE (qui symbolise le fameux VERSEAU qui dévoilera le « VERSO » de toute chose).A propos de « parousie » ou de retour à l’unité divine, voyons ce que dit Zacharie (14-9) : « (…) YHVH sera UN (cf. : 1) et Son Nom UN (= 35) » (extrait de la Bible de Chouraqui), or l’unité est symbolisée dans la cabale française par le 135 qui confirme numériquement que « LE DIEU EST UN » = 135 car il est « LE DIEU ETERNEL » = 135, autrement dit « LE PERE JESUS » = 135 (présent également dans « YAHVE, JESUS » = 135 = « MOISE, JESUS » = « L’ETERNEL ABRAHAM »)… et beaucoup d’autres signatures proposées dans ce site.Nous savons tous aujourd’hui que Jésus n’est pas né un 25 décembre. Cette date qui marque le 359ème jour de l’année symbolise en réalité l’unité : 359 = 3 x 5 x 9 = 135.Enfin les derniers mots de l’Apocalypse de Saint Jean et de la Bible sont les mots araméens MARANA THA qui signifient « Viens Seigneur » et qui, comme par hasard, alphanumérés donnent : 77 = CHRIST (!).

Jésus

Posted in Temple | Leave a Comment »

René Guénon

Posted by + Eric de Troyes + sur octobre 21, 2007

René Guénon, Aperçus sur l’initiationEditions traditionnelles, 1986.

Avant-proposLes initiations occidentales sont dégénérées et fausses.„L’essence et le but de l’initiation sont, en effet, toujours et partout les mêmes; les modalités seules diffèrent, par adaptation aux temps et aux lieux; et nous ajouterons tout de suite, pour que nul ne puisse s’y méprendre, que cette adaptation elle-même, pour être légitime, ne doit jamais être une «innovation», c’est-à-dire le produit d’une fantaisie individuelle quelconque, mais que, comme celle des formes traditionnelles en général, elle doit toujours procéder en définitive d’une origine «non-humaine», sans laquelle il ne saurait y avoir réellement ni tradition ni initiation, mais seulement quelqu’une de ces «parodies» que nous rencontrons si fréquemment dans le monde moderne, qui ne viennent de rien et ne conduisent à rien, et qui ainsi ne représentent véritablement, si l’on peut dire, que le néant pur et simple, quand elles ne sont pas les instruments inconscients de quelque chose de pire encore.” (p. 11)Chapitre premier. Voie initiatique et voie mystiqueIl existe une forte confusion en occident entre l’initiation et la mystique. D’ailleurs, certaines doctrines orientales sont qualifiées de mystique, même s’il n’y a aucun élément extérieur qui puisse faire une connexion avec la mystique.L’orientaliste anglais Nicholson a traduit taçawwuf par mysticism.Il existe une deuxième tendance, qui vise à considérer les doctrines orientales comme philosophies.L’initiation est, par sa nature même, incompatible avec le mysticisme.Il y a peut-être un parallélisme entre l’initiation et le mysticisme du même type que celui établi entre la voie sèche et la voie humide des achimistes.„[…] le mysticisme proprement dit est quelque chose d’exclusivement occidental et, au fond, de spécifiquement chrétient.” (p. 15)On ne peut trouver de mysticisme judaïque proprement dit que dans le Hassidisme, c’est-à-dire à une époque très récente.Le mysticisme est „passif”, pendant que l’initiation est „active”. Le fait que le mystique soit „ouvert” et sans préparation doctrinale, la plupart des fois, le fait vulnérable à toutes sortes d’influences.Chapitre II. Magie et mysticismeIl y a fortes essais de réduire l’idée d’initiation à d’autres choses, comme la magie.La magie présente des danger spécialement graves pour les Occidentaux modernes, à cause surtout de leur tendance à attribuer une importance démésurée à tout ce qui est „phénomène”.Il n’y a rien de transcendent ou de supérieur dans la magie. Ce n’est qu’une application inférieure, qui peut être sauvé par le rattachement à un ordre supérieur, mais qui n’est aucunément tenue en honneur.Dans les civilisations traditionnelles, la magie est abandonnée à ceux incapables à s’élever spirituellement.Ceux qui veulent découvrir d’une façon empirique la magie s’exposent à de nombreux déséquilibres, conséquence de la communication avec ce que certains ont appelé le «plan vital».Les visions de la mystique Anne-Catherine Emmerich.Chapitre III. Erreurs diverses concernant l’initiationUne première considérations fausse est que l’initiation concerne le domaine social ou moral (erreur des maçons actuels).Une erreur plus subtile est celle qui considère l’initiation comme une communication avec des états supérieurs ou des mondes spirituels. Elle est basée sur la confusion entre le „psychique” et le „spirituel”.Il existe une confusion entre „spirituel” et „invisible”. En réalité, tout ce qui est invisible n’est pas forcément spirituel. Certains écoles pseudo-initiatiques de l’Occident se donnent pour but le développement des pouvoirs psychiques latents dans l’homme. Dans ce cas, il ne s’agit pas de spiritualité.„[…] l’ésotérisme est essentiellement autre chose que la religion, et non pas la partie «intérieure» d’une religion comme telle, même quand il prend sa base et son point d’appui dans celle-ci comme il arrive dans certaines formes traditionnelles, dans l’Islamisme par exemple; et l’initiation n’est pas non plus une sorte de religion spéciale réservée à une minorité, comme semblent se l’imaginer, par exemple, ceux qui parlent des mystères antiques en les qualifiant de «religieux». […] il suffira, pour ce que nous envisageons présentement, de préciser que la religion considère l’être uniquement dans l’état individuel humain et ne vise aucunement à l’en faire sortir, mais au contraire à lui assurer les conditions les plus favorables dans cet état même, tandis que l’initiation a essentiellement pour but de dépasser les possibilités de cet état et de rendre effectivement possible le passage aux états supérieurs, et même, finalement, de conduire l’être au delà de tout état conditionné quel qu’il soit.” (p. 27)„Toute réalisation initiatique est donc essentiellement et purement «intérieure», au contraire de cette «sortie de soi» qui constitue l’«extase» au sens propre et étymologique de ce mot; et là est, non pas certes la seule différence, mais du moins une des grandes différences qui existent entre les états mystiques, lesquels appartiennent entièrement au domaine religieux, et les états initiatiques.” (p. 28)Chapitre IV. Des conditions de l’initiationLa première condition de l’initiation est une certaine aptitude, ou disposition naturelle.A cause de son caractère „actif”, l’initiation suppose un travail qui est une conditions non moins strictement nécessaire que la première.La compréhension théorique offerte par les connaissances d’ordre doctrinal est pour l’initié une condition préalable de toute «réalisation».Une autre condition est le rattachement à une organisation traditionnelle régulière.Initium (lat.) = entrée, commencement.L’initiation est, selon toutes les traditions, une seconde naissance.Dans la tradition hindoue, le mot Hamsa désigne la caste unique qui existait à l’origine, et les hommes vivaient dans un état nommé ativarna, c’est-à-dire au delà de la distinction des castes actuelles.„Nous sommes dans le Kali-Yuga, c’est-à-dire dans un temps où la connaissance spirituelle est devenue cachée, et où quelques-uns seulement peuvent encore l’atteindre, pourvu qu’ils se placent dans les conditions voulues pour l’obtenir; or, une de ces conditions est précisément celle dont nous parlons, comme une autre condition est un effort dont les hommes des premiers âges n’avaient non plus nul besoin, puisque le développement spirituel s’accomplissait en eux tout aussi naturellement que le développement corporel.” (p. 32)L’enseignement initiatique ne peut pas être communiqué, étant incommunicable. Mais les méthodes préparatoires peuvent être enseignées.La transmission initiatique est la transmission d’une influence spirituelle.Le Grand Œuvre des alchimistes est une expression symbolique de l’initiation aussi. Selon son langage, les aptitudes incluses dans la nature individuelle ne sont qu’une materia prima, une pure potentialité. Pour que cet état de chaos commence à prendre forme, il faut qu’une vibration initiale lui soit communiquée. Dès lors, les possibilités spirituelles de l’être ne sont plus la simple potentialité, mais une virtualité prête à se développer en acte.Pour resumer, l’initiation suppose:ê la potentialité, la qualification constituée par certaines possibilités inhérentes à la nature propre de l’individu;ê la virtualité, la transmission par le moyen du rattachement à une organisation traditionnelle;ê l’actualité, le travail intérieur qui fait passer l’être d’échelon en échelon, à travers les différents degrés de la hiérarchie initiatique, pour le conduire au but final de la «Délivrance» ou de l’«Identité Suprême».Chapitre V. De la régularité initiatiqueLe rattachement à une organisation initiatique traditionnelle est le commencement de l’initiation même. Ce rattachement doit être réel et effect, et non „idéal”.L’initiation n’est pas la lecture des Ecritures saintes d’une tradition orthodoxe.Personne ne peut être son propre initiateur.Pour pouvoir transmettre quelque chose, une organisation doit être dépositaire d’une influence spirituelle. Ceci exclut toutes les formations pseudo-initiatiques occidentales. A défaut de filiation régulière, la transmission de l’influence spirituelle est impossible et inexistante.La plupart des organisations pseudo-initiatiques occidentales (rosicruciens, occultistes, néo-spiritualistes) sont des reconstructions hypothétiques ou purement imaginaires de formes traditionnelles disparues depuis un temps plus ou moins reculé.A part quelques groupes d’hérmetisme chrétien, il reste en Occident uniquement deux organisations initiatiques: le Compagnonnage et la Maçonnerie, encombrées de beaucoup de confusions de la part de leurs mêmbres mêmes.Toutes les initiatives individuelles sont nulles quant à la constitution des organisations initiatiques.Chapitre VI. Synthèse et syncrétismeIl est inutile, et parfois dangereux, de mélanger des formes rituelles appartenant à des traditions différentes.L’histoire des religions, sous une prétention de connaissance désintéressée, dissimule une intention nettement anti-traditionnelle. Sa „critique” détruit toute tradition, en n’y voyant qu’un esemble de faits psychologiques, sociaux et autres, mais en tout cas purement humains.„Le «syncrétisme», entendu dans son vrai sens, n’est rien de plus qu’une simple juxtaposition d’éléments de provenances diverses, rassemblés «du dehors», pour ainsi dire, sans qu’aucun principe d’ordre plus profond vienne les unifier.” (p. 44) Exemples: l’occultisme et le théosophisme.„Le syncrétisme, dans tous les cas, est toujours un procédé essentiellement profane, par son «extériorité» même; et non seulement il n’est point une synthèse, mais, en un certain sens, il en est même tout le contraire. En effet, la synthèse, par définition, part des principes […].” (p. 44)Le caractère du syncrétisme et tout analytique.La théorie des emprunts: quand on constate l’existence d’éléments similaires dans deux formes doctrinales différentes, on s’empresse de supposer que l’une d’elles doit les avoir empruntés à l’autre, selon la technique du plagiat.La théorie de l’unité de l’esprit humain justifie les ressemblances entre les doctrines spirituelles par la présupposition de cette unité psychologique.„[…] il suffit, pour réfuter la conception syncrétiste, de rappeler que toute doctrine traditionnelle a nécessairement pour centre et pour point de départ la connaissance des principes métaphysiques, et que tout ce qu’elle comporte en outre, à titre plus ou moins secondaire, n’est en définitive que l’application de ces principes à différents domaines; cela revient à dire qu’elle est essentiellement synthétique, et, […] la synthèse, par sa nature même, exclut tout syncrétisme.” (p. 47)L’initié et le chercheur scientifique: „D’un côté, l’unité centrale et principielle éclaire et domine tout; de l’autre, cette unité étant absente ou, pour mieux dire, cachée aux regards du «chercheur» profane, celui-ci ne peut que tâtonner dans les «ténèbres extérieurs», s’agitant vainement au milieu d’un chaos que pourrait seul ordonner le Fiat Lux initiatique qui, faute de «qualification», ne sera jamais proféré pour lui.” (p. 47)Chapitre VII. Contre le mélange des formes traditionnellesSuivant la tradition hindoue, il y a deux façons d’être en dehors des castes:í avarna, au-dessous des castes, dans le sens privatif – c’est le cas de l’homme sans religion;í ativarna, au-dessus des castes, incomparablement plus rare que le premier – c’est le cas de l’initié (c’est un cas exceptionnel.L’initié peut s’efforcer de comprendre les formes traditionnelles d’autres religions, mais il ne doit pratiquer qu’une seule.Les formes traditionnelles peuvent être comparées à des voies qui conduisent toutes à un même but, à la seule condition qu’elles soient complètes, qu’elles comportent non seulement la partie exotérique, mais aussi la partie ésotérique et initiatique. „[…] il est évident qu’on ne peut suivre plusieurs à la fois, et que, lorsqu’on s’est engagé dans l’une d’elles, il convient de la suivre jusqu’au bout et sans s’en écarter, car vouloir passer de l’une à l’autre serait bien le meilleur moyen de ne pas avancer en réalité, sinon même de risquer de s’égarer tout à fait. Il n’y a que celui qui est parvenu au terme qui, par là même, domine toutes les voies, et cela parce qu’il n’a plus à les suivre; il pourra donc, s’il y a lieu, pratiquer indistinctement toutes les formes, mais précisément parce qu’il les a dépassées et que, pour lui, elles sont désormais unifiées dans leur principe commun.” (p. 49)Chaque tradition est une voie vers la cime de la montagne.Chapitre VIII. De la transmission initiatiqueLa chaîne initiatique est une succession assurant d’une façon ininterrompue la transmission dont il s’agit.Le mot chaîne se retrouve en hébreu (shelsheleth), en arabe (silsilah) et en sanscrit (paramparâ).Les rites initiatiques, pour atteindre leur but, doivent être accomplis par ceux qui ont la qualité pour les accomplir. D’ailleurs, c’est valable pour les rites exotériques aussi (par exemple, les rites qui requierent une ordination sacerdotale ne peuvent pas être accomplis par quelqu’un qui ne pas étant prêtre, ne peut pas être porteur de l’influence spirituelle qui doit opérer en prenant ces formes rituéliques comme support).La condition de la transmission se retrouve même dans la sorcellerie de campagne.Les organisations ouvertes à tous indistinctement sont „exotériques”. Celles qui visent une élite sont „ésotériques”. Ces dernières sont proprement dit les organisations „initiatiques”.Toute religion a une origine «non-humaine» et conserve un dépôt d’un élément également «non-humain». De la même manière, tout rite initiatique, tout symbole traditionnel n’est pas une invention. „[…] il n’y a pas d’origine «historique», puisque l’origine réelle se situe dans un monde auquel ne s’appliquent pas les conditions de temps et de lieu qui définissent les faits historiques comme tels; […].” (p. 58)L’individu qui confère l’initiation est un transmetteur, un support de la tradition. Le rite accompli par l’individu est indépendent de la valeur propre de l’individu.Un rite qui n’a pas été appris dans les conditions régulières, est entièrement dépourvu de toute valeur effective.Chapitre IX. Tradition et transmissionLa „tradition”, dans son acception étymologique, est une transmission.„[…] il n’y a pas proprement un domaine profane, auquel un certain ordre de choses appartiendrait par sa nature même; il y a seulement, en réalité, un point de vue profane, qui n’est que la conséquence et le produit d’une certaine dégénérescence, résultant elle-même de la marche descendante du cycle humain et de son éloignement graduel de l’état principiel.” (p. 61)„[…] en hébreu, le mot qabbalah, qui a exactement le même sens de transmission, est pareillement réservé à la désignation de la tradition telle que nous l’entendons, et même d’ordinaire, plus strictement encore, de sa partie ésotérique et initiatique, c’est-à-dire de ce qu’il y a de plus «intérieur» et de plus élevé dans cette tradition, de ce qui en constitue en quelque sorte l’esprit même […].” (p. 62)La tranmission initiatique est double: verticale (transcedentale, intemporelle) et horizontale (chronologique, par la chaîne initiatique). Elle a un caractère permanent.Chapitre X. Des centres initiatiquesLes centres initiatiques sont des centres secondaires rattachés au centre suprême qui conserve le dépôt immuable de la Tradition primordiale.„[…] il importe de remarquer qu’une organisation initiatique peut procéder du centre suprême, non pas directement, mais par l’intermédiaire de centres secondaires et subordonnés, ce qui est même le cas le plus habituel; comme il y a dans chaque organisation une hiérarchie de degrés, il y a ainsi, parmi les organisations elles-mêmes, ce qu’on pourrait appeler des degrés d’«intériorité» et d’«extériorité» relative; […].” (p. 67)Au sein d’une même organisation „il peut exister en quelque sorte une double hiérarchie, et ceci plus spécialement dans le cas où les chefs apparents ne sont pas conscients eux-mêmes du rattachement à un centre spirituel; il pourra y avoir alors, en dehors de la hiérarchie visible qu’ils constituent, une autre hiérarchie invisible, dont les membres, sans remplir aucune fonction «officielle», seront cependant ceux qui assureront réellement, par leur seule présence, la liaison effective avec ce centre.” (p. 68)Les chefs spirituels inconnus ont été désignés par la Rose-Croix et la Maçonnerie du XVIIIe siècle comme les Supérieurs Inconnus.„[…] mais ce qu’il est essentiel de retenir, c’est que, même s’il arrive qu’un individu apparemment isolé parvienne à une initiation réelle, cette initiation ne pourra jamais être spontanée qu’en apparence, et que, en fait, elle impliquera toujours le rattachement, par un moyen quelconque, à un centre existant effectivement; en dehors d’un tel rattachement, il ne saurait en aucun cas être question d’initiation.” (p. 70)Il est à prendre en considération Jacob Bohme.Chapitre XI. Organisations initiatiques et sectes religieusesUne erreur répandue accorde aux organisations initiatiques le nom de „sectes”.Fabre d’Olivet, dans Examens des Vers Dorés de Pythagore: „Le nom de « païen » est un terme injurieux et ignoble, dérivé du latin paganus, qui signifie un rustre, un paysan. Quand le Christianisme eut entièrement triomphé du polythéisme grec et romain et que, par l’ordre de l’empereur Théodose, on eut abattu dans les villes les derniers temples dédiés aux Dieux des Nations, il se trouva que les peuples de la campagne persistèrent encore assez longtemps dans l’ancien culte, ce qui fit appeler par dérision pagani ceux qui les imitèrent. Cette dénomination, qui pouvait convenir, dans le Ve siècle, aux Grecs et aux Romains, qui refusaient de se soumettre à la religion dominante de l’Empire, est fausse et ridicule quand on l’étend à d’autres temps et à d’autres peuples.” (apud p. 72)Le mot arabe corespondant au terme „secte” est firqah, qui signifie „division”.L’initiation ne tient pas de la religion, mais de la „science sacrée”. Mais l’initiation n’entre ni en opposition ni en concurrence avec la religion. Les organisations initiatiques ne peuvent pas faire concurrence à la religion, surtout à cause de leur recrutement aussi restreint que possible.Si l’ésotérisme initiatique unifie toutes les traditions, les sectes en sont des éloignements qui tiennent du régime de la multiplicité. La religion est le support de l’ésotérisme, qui provient de la Tradition primordiale.Il est encore plus grave de considérer que l’initiation provient d’une philosophie, aspect plus extérieur encore que la religion.„[…] lorsqu’une religion a perdu tout point de contact avec l’ésotérisme, il n’y reste plus que «lettre morte» et formalisme incompris, car ce qui la vivifiait, c’était la communication effective avec le centre spirituel du monde, et celle-ci ne peut être établie et maintenue consciemment que par l’ésotérisme et par la présence d’une organisation initiatique véritable et régulière.” (p. 75)„[…] les «sectes» ont aussi leur rôle à jouer dans l’histoire de l’humanité, même si ce n’est qu’un rôle inférieur, et il ne faut pas oublier que tout désordre apparent n’est en réalité qu’un élément de l’ordre total du monde. Les querelles du monde extérieur perdent d’ailleurs assurément beaucoup de leur importance quand on les envisage d’un point de vue où sont conciliées toutes les oppositions qui les suscitent, ce qui est le cas dès qu’on se place au point de vue strictement ésotérique et initiatique; mais, précisément pour cela, ce ne saurait être en aucune façon le rôle des organisations initiatiques de se mêler à ces querelles ou, comme on dit communément, d’y «prendre parti», tandis que les «sectes», au contraire, s’y trouvent engagées inévitablement par leur propre nature, et que là est peut-être même, au fond, ce qui fait toute leur raison d’être. ” (p. 76)Chapitre XII. Organisations initiatiques et sociétés secrètesLes organisations initiatiques n’ont rien en commun avec ce qu’on appelle de nos jours „sociétés” ou „associations”. Les organisations initiatiques ne sont pas des „sociétés secrètes”.„[…] une organisation, qu’elle revête ou non les formes particulières, et d’ailleurs tout extérieures, permettant de la définir comme une société, pourra être qualifiée de secrète, au sens le plus large de ce mot, et sans qu’il s’y attache la moindre intention défavorable, lorsque cette organisation possèdera un secret, de quelque nature qu’il soit, et que d’ailleurs il soit tel par la force même des choses ou seulement en vertu d’une convention plus ou moins artificielle ou plus ou moins expresse.” (p. 79)La seule possibilité de transmettre l’initiation est la voie orale. Les écrits ne sont que des aide-mémoires.D’une société profane on peut en sortir comme on y est entré. On ne peut en échange jamais, par aucun moyen, se séparé d’une organisation initiatique. L’initiation possède un caractère ineffaçable.Une société, même secrète, pourrait être dissoute par une décision politique. Par contre, aucune force extérieure ne peut supprimer une organisation initiatique. Tant que ses membres sont vivants, son existence effective est préservée; seule la mort du dernier entraînera sa disparition.Encore, toute organisation initiatique est insaisissable au point de vue de son secret.Les Illuminés de Bavière sont une société secrète typique, à fondateurs connus et à buts clairement sociaux. C’est l’œuvre artificielle de quelques individus, dont la forme est une parodie d’initiation, un simulacre.Les Carbonari n’ont pas une origine connue, et présente beaucoup de ressemblances avec l’initiation de métier de la Maçonnerie. Mais, suffoqués par des préoccupations sociales, ils représentent une déviation par rapport à une véritable organisation initiatique.Par sa définition même toute organisation initiatique est contraire à l’idée démocratique ou égalitaire.Il existe une autre catégorie: celle des organisations qui relèvent de la contre-initiation, très importantes dans le monde contemporain.Chapitre XIII. Du secret initiatique„[…] un secret quelconque autre que le secret proprement initiatique a toujours un caractère conventionnel; nous voulons dire par là qu’il n’est tel qu’en vertu d’une convention plus ou moins expresse, et non par la nature même des choses.” (p. 89)Le secret initiatique consiste de l’inexprimable, de l’incommunicable. Si tout secret ordinaire peut être trahi, le secret initiatique ne peut être l’jamais en aucune façon.„A proprement parler, ce qui est transmis par l’initiation n’est pas le secret lui-même, puisqu’il est incommunicable, mais l’influence spirituelle qui a les rites pour véhicule, et qui rend possible le travail intérieur au moyen duquel, en prenant les symboles comme base et comme support, chacun atteindra ce secret et le pénétrera plus ou moins complètement, plus ou moins profondément, selon la mesure de ses propres possibilités de compréhension et de réalisation.” (p. 90)Une organisation initiatique ne peut être trop ouverte sans risquer la dégénérescence.Toute organisation initiatique, à part le secret spirituel, possède aussi des secrets secondaires, plus ou moins contingents. Parmi eux il faut ranger les sciences et les arts traditionnels.Certains mots et signes servent de moyens de reconnaissance entre les membres des organisations initiatiques.„L’existence d’un tel secret extérieur et secondaire dans les organisations initiatiques les plus répandues se justifie d’ailleurs encore par d’autres raisons; certains lui attribuent surtout un rôle « pédagogique », s’il est permis de s’exprimer ainsi; en d’autres termes, la «discipline du secret » constituerait une sorte d’«entraînement» ou d’exercice faisant partie des méthodes propres à ces organisations; et l’on pourrait y voir en quelque sorte, à cet égard, comme une forme atténuée et restreinte de la «discipline du silence» qui était en usage dans certaines écoles ésotériques anciennes, notamment chez les Pythagoriciens.” (p. 94)Chapitre XIV. Des qualifications initiatiques„Tout d’abord, il doit être bien entendu que ces qualifications sont exclusivement du domaine de l’individualité; en effet, s’il n’y avait à envisager que la personnalité ou le «Soi», il n’y aurait aucune différence à faire à cet égard entre les êtres, et tous seraient également qualifiés, sans qu’il y ait lieu de faire la moindre exception; mais la question se présente tout autrement par le fait que l’individualité doit nécessairement être prise comme moyen et comme support de la réalisation initiatique; il faut par conséquent qu’elle possède les aptitudes requises pour jouer ce rôle, et tel n’est pas toujours le cas.” (p. 96)La qualification initiatique doit être prise comme condition de départ à laquelle il est impossible de se soustraire.L’individualité doit être prise avec tous ses éléments constitutifs. Il peut y avoir des qualifications concernant chaque élément.„[…] les éléments multiples de l’individualité, quelle que soit d’ailleurs la façon dont on voudra les classer, ne sont point ainsi isolés les uns des autres, mais forment un ensemble dans lequel il ne saurait y avoir d’hétérogénéité radicale et irréductible; et tous, le corps aussi bien que les autres, sont, au même titre, des manifestations ou des expressions de l’être dans les diverses modalités du domaine individuel.” (p. 97)Le dualisme cartésien est faux et sans fondement.La qualification essentielle, qui domine, est celle de l’«horizon intellectuel». Il existe aussi des qualifications secondaires, tout aussi importantes. La diversité des modes d’initiation a pour but de répondre à celle des aptitudes individuelles. „Là où il existe une organisation sociale traditionnelle, même dans l’ordre extérieur, chacun, étant à la place qui convient à sa propre nature individuelle, doit par là même pouvoir trouver aussi plus facilement, s’il est qualifié, le mode d’initiation qui correspond à ses possibilités. Ainsi, si l’on envisage à ce point de vue l’organisation des castes, l’initiation des Kshatriyas ne saurait être identique à celle des Brâhmanes, et ainsi de suite […].” (p. 99)Dans la société occidentale moderne il est beaucoup plus difficile de savoir quelle est l’initiation dont l’individu a besoin, vu l’état de désordre où se trouvent les individus.„[…] quiconque est qualifié pour l’initiation, d’une façon générale, ne l’est pas par là même indifféremment pour toute forme initiatique quelle qu’elle soit.” (p. 102)Certains défauts peuvent empêcher l’initiation, soit parce qu’ils font directement obstacle à l’accomplissement des rites, soit en tant que signe extérieur de défauts correspondants dans les éléments subtils de l’être.„[…] en d’autres termes, tout ce qu’un être subit, aussi bien que tout ce qu’il fait, constituant une «modification» de lui-même, doit nécessairement correspondre à quelqu’une des possibilités qui sont dans sa nature, de telle sorte qu’il ne peut rien y avoir qui soit purement accidentel, si l’on entend ce mot au sens d’«extrinséque» comme on le fait communément.” (p. 106)„[…] au fond, un être ne peut recevoir du dehors que de simples «occasions» pour la réalisation, en mode manifesté, des virtualités qu’il porte tout d’abord en lui-même.” (p. 106)„[…] toutes les anomalies corporelles qui sont des marques d’un déséquilibre plus ou moins accentué, si elles ne sont pas forcément toujours des empêchements absolus (car il y a évidemment là bien des degrés à observer), sont tout au moins des indices défavorables chez un candidat à l’initiation.” (p. 107)Les dissymétries notables du visages et des membres trahissent les déséquilibres intérieurs et peuvent constituer aussi une disqualification pour l’initiation.Certaines disqualifications peuvent constituer par contre des qualifications à l’égard de la contre-initiation.Certaines déviations de la colonne vertébrale nuisent à la circulation des courants subtils dans l’organisme. Le rôle des ces courants est très important, tant que les possibilités individuelles ne sont pas dépassées.Chapitre XV. Les rites initiatiquesIl n’y a pas d’initiation sans rite. La présence des rites est la caractéristique de toute institution traditionnelle, exotérique ou ésotérique. „[…] les rites ont toujours pour but de mettre l’être humain en rapport, directement ou indirectement, avec quelque chose qui dépasse son individualité et qui appartient à d’autre états d’existence […]” (p. 109)Le rite est efficace en lui-même, à la seule condition qu’il soit exécuté selon les règles. Cette efficacité est entièrement indépendante de ce que vaut en lui-même l’individu qui accomplit le rite.Il faut faire la différence entre le rite (traditionnel) et les cérémonies publiques, qui en sont la parodie.„L’initiation, en effet, n’est pas, comme les réalisations mystiques, quelque chose qui tombe d’au-delà des nuages, si l’on peut dire, sans qu’on sache comment ni pourquoi; elle repose au contraire sur des lois scientifiques positives et sur des règles techniques rigoureuses; on ne saurait trop insister là-dessus, chaque fois que l’occasion s’en présente, pour écarter toute possibilité de malentendu sur sa véritable nature.” (p. 111)Les ethnologues et les sociologues désignent comme „rites d’initiation” certaines pratiques d’agrégation de l’individu à l’organisation sociale extérieure, pour lesquelles l’âge est la seule qualification requise.Les rites exotériques envisagent le „salut”. Les rites initiatiques – la „Délivrance”.Les rites initiatiques confèrent un caractère définitif et ineffaçable. Les rites religieux qui sont irépétables ressemblent beaucoup à l’initiation (par exemple, les rites catholiques: baptême, confirmation et ordre).„[…] la qualité initiatique, une fois qu’elle a été reçue, n’est nullement attachée au fait d’être membre actif de telle ou telle organisation; dès lors que le rattachement à une organisation traditionnelle a été effectué, il ne peut être rompu par quoi que ce soit, et il subsiste alors même que l’individu n’a plus avec cette organisation aucune relation apparente, ce qui n’a qu’une importance tout à fait secondaire à cet égard.” (p. 113)XVI. Le rite et le symboleTout rite comporte nécessairement un sens symbolique. Tout symbole produit, pour celui qui y médite avec les aptitudes requises, des effets comparables à ceux des rites.Quand il s’agit de symboles et de rites traditionnels, leur origine est pareillement „non-humaine”.Le symbole, entendu comme figuration „graphique”, n’est que la fixation d’un geste rituel. Les yantras de la tradition hindoue en sont un exemple frappant. Mais il ne faut pas oublier les symboles sonores – les mantras de la tradition hindoue.Les symboles visuels se rapportent à la tradition des peuples sédentaires, les symboles sonores – à la tradition des peuples nomades.Toute écriture, quant à ses origines tout au moins, est une figuration essentiellement symbolique.Tout rite est constitué par un ensemble de symboles. Tout rite est un symbole „agi”. Les gestes rituels sont nommés en hindouisme mudrâs.Rite et symbole sont deux aspects de la même réalité.Chapitre XVII. Mythes, mystères et symbolesLe symbole est un mode graphique d’expression, le mythe un mode verbal. Le symbole est le genre, le mythe est une des espèces.Les mythes sont des récits symboliques, de même que les paraboles.On réduit, à tort, la notion de mythe à celle de fable, à titre de fiction quelconque. Dans la Grèce antique le conte hiératique a été détourné dans la direction du plaisir, chose qui a été une altération profonde et une déviation du sens primitif. La plupart des productions sont dépourvues de signification réelle et profonde. Le mythe était devenu un symbole incompris, ce qu’il est d’ailleurs pour les modernes aussi.Si fable signifie en latin un récit (de fabula, fari, parler), le mot grec muthos (mythe) vient de la racine mu (qui se retrouve dans le latin mutus, muet), et celle-ci représente la bouche fermée, donc le silence. Le verbe muein signifie fermer la bouche, se taire.„C’est que cette idée de «silence» doit être rapportée ici aux choses qui, en raison de leur nature même, sont inexprimables, tout au moins directement et par le langage ordinairel une des fonctions générales du symbolisme est effectivement de suggérer l’inexprimable, de le faire pressentir, ou mieux «assentir», par les transpositions qu’il permet d’effectuer d’un ordre à un autre, de l’inférieur au supérieur, de ce qui est le plus immédiatement saisissable à ce qui ne l’est que beaucoup plus difficilement; et telle est précisément la destination première des mythes.” (p. 124)Allégorie vient de allo agoreuein – dire autre chose.Raconter un mythe c’est garder le silence tout en parlant.Il existe une parenté étymologique certe entre mythe et mystère. Mustêrion se rattache lui aussi à la silence.Le sens principal du mot mystère est celui qui se refère à l’initiation. Mustikos est l’adjectif de mustês, initié. Curieusement, le mot mystique désigne aujourd’hui quelque chose qui n’a rien en commun avec l’initiation.La conception vulgaire des „mystères” implique une confusion manifeste entre „inexprimable” et „incompréhensible”.L’enseignement concernant l’inexprimable ne peut évidemment que le suggérer à l’aide des images appropriées, qui seront comme les supports de la contemplation. Cet enseignement prend nécessairement la forme symbolique.Chapitre XVIII. Symbolisme et philosophieLe symbolisme est inhérent à tout ce qui présente un caractère traditionnel.Les philosophes, qui sont les représentants par excellence de la pensée profane, ont émis toutes sortes de théories bien étranges, en voulant constituer même une psychologie du symbolisme.Il y a chez les modernes une confusion entre le symbolisme sacré et le pséudo-symbolisme de certains littérateurs, qui n’est qu’un emploi tout à fait abusif et détourné.Le symbolisme est une forme de la pensée.„Que les philosophes ne soient point de cet avis, cela ne prouve rien; pour mettre les choses à leur juste place, il faut avant tout les envisager avec impartialité, ce qu’ils ne peuvent faire en l’occurence; et, quant à nous, nous sommes bien persuadés que, en tant que philosophes, ils n’arriveront jamais à pénétrer le sens profond du moindre symbole, parce qu’il y a là quelque chose qui est entièrement en dehors de leur façon de penser et qui dépasse inévitablement leur compréhension.” (p. 130)La philosophie est essentiellement analytique, pendant que le symbolisme est essentiellement synthétique. Le langage est discursif, pendant que le symbole est intuitif. „[…] le symbolisme, en tant que support de l’intuition transcendente, ouvre des possibilités véritablement illimitées.” (p. 131)Le supra-rationnel n’est aucunement synonyme d’irrationnel: ce qui est au-dessus de la raison ne lui est point contraire, mais lui échappe purement et simplement.Le symbolisme a pour fonction essentielle de faire «assentir» l’inexprimable, de fournir le support qui permettra à l’intuition intellectuelle de l’atteindre effectivement.Le monde est comme un langage divin pour ceux qui savent le comprendre: „Coeli enarrant gloriam Dei” (Psaume XIX, 2).L’origine du symbolisme se confond véritablement avec l’origine du temps.„La philosophie est donc, si l’on veut, et pour mettre les choses au mieux, la «sagesse humaine», ou une de ses formes, mais elle n’est en tout cas que cela, et c’est pourquoi nous disons qu’elle est bien peu de chose au fond; et elle n’est que cela parce qu’elle est une spéculation toute rationnelle, et que la raison est une faculté purement humaine, celle même par laquelle se définit essentiellement la nature individuelle humaine comme telle.” (p. 134)„[…] la philosophie n’est proprement que du «savoir profane» et ne peut prétendre à rien de plus, tandis que le symbolisme, entendu dans son vrai sens, fait essentiellement partie de la «science sacrée», qui même ne saurait véritablement exister ou du moins s’extérioriser sans lui, car tout moyen d’expression approprié lui ferait alors défaut.” (p. 135)Chapitre XIX. Rites et cérémoniesLes rites sont véhicules indispensables d’influences spirituelles sans lesquells il ne saurait être question du moindre contact effectif avec des réalités d’ordre supérieur.Le sens actuel du mot cérémonie est celui de manifestation comportant un plus ou moins grand déploiement de pompe extérieure. Il existe à notre époque une multitude de cérémonies à caractère purement profane.Certains rites peuvent être entourés d’un caractère cérémonial, mais ce n’est que le côté accidentel et superficiel.Il existe des cérémonies sans rites, tout comme des rites sans cérémonies.Dans une civilisation traditionnelle tout a un caractère rituel, y compris les actions de la vie courante.Le rite n’est pas autre chose que ce qui est conforme à l’ordre, suivant l’acceptation du terme sanscrit rita.„Toute cérémonie a un caractère artificiel, conventionnel même pour ainsi dire, parce qu’elle n’est, en définitive, que le produit d’une élaboration tout humaine; même si elle est destinée à accompagner un rite, ce caractère s’oppose à celui du rite lui-même, qui, au contraire, comporte essentiellement un élément «non-humain».” (p. 138-139)Certains rites bénéficient de l’aide des cérémonies parce que les hommes en ont besoin, et non point les rites. Il s’agit de préparer les individus en les mettant dans un état émotif et mental.Le cérémonialisme n’est point l’observance du rituel, il est plutôt l’oubli de sa valeur profonde et de sa signification réelle, la matérialisation plus ou moins grossière des conception qu’on se fait de sa nature et de son rôle.Chapitre XX. A propos de la „magie cérémonielle”Le mot „magie” est appliqué aujourd’hui pour tout ce qui sort de l’ordinaire, tout ce qui semble plus ou moins bizarre.La poésie, avant de dégénérer en littérature, avait un caractère sacré. Elle peut être rattachée directement à mantras.Les seuls vestiges de poésie magique que l’on puisse rencontrer maintenant en Occident font partie de la sorcellerie de campagne.La magie est proprement dit une science physique, parce qu’il s’agit de la production de certains phénomènes. Les forces qui y interviennent appartiennent à l’ordre subtil. Le moyen d’action de cette science est le rite magique.Etant donné que la magie est une science traditionnelle, toute action accomplie selon les règles traditionnelles a un caractère rituel.Parmi les sciences traditionnelles, la magie est une de celles qui appartiennent à l’ordre le plus inférieur. Certaines civilisations traditionnelles sont mortes de l’envahissement de la magie, comme la civilisation moderne risque de mourir de celui de la science profane.Chapitre XXI. Des prétendus „pouvoirs” psychiquesBeaucoup de fausses organisations initiatiques promettent le développement des pouvoirs psychiques latents dans l’homme. Il s’agit de la faculté de produire des phénomènes. C’est d’ailleurs une hantise pour les adhérents, au point de les prendre pour le signe du développement spirituel. Même quand il ne s’agit pas d’un simple mirage de l’imagination, ils relèvent uniquement du domaine psychique qui n’a en réalité rien à voir avec le spirituel.A vrai dire, il n’y a pas de pouvoirs magiques, mais des connaissances d’ordre inférieur qui agissent dans le monde psychique, sans aucun élément transcendent. Certains individus ont des disponibilités naturelles développées d’elles-mêmes qui vont dans la même direction. Mais ces „pouvoirs” peuvent être entraînées artificiellement, ce qui ne va pas sans déséquilibre.Celui qui possède ces „pouvoirs” n’est pas plus avancé dans la réalisation de son être propre, réalisation qui ne fait qu’un avec la connaissance effective elle-même. Ce mot (pouvoirs) implique à tort le sens d’une supériorité, quand il s’agit en effet de possibilités en rien supérieures de l’être.Chapitre XXII. Le rejet des „pouvoirs”Les „pouvoirs” ne sont pas indifférent et inutiles, mais nuisibles dans la plupart des cas. Il s’agit d’une „distraction” au sens étymologique du mot.„[…] l’homme qui se laisse absorber par les multiples activités du monde corporel n’arrivera jamais à «centrer» sa conscience sur des réalités supérieures, ni par conséquent à développer en lui-même les possibilités correspondantes à celles-ci; à plus forte raison en sera-t-il de même de celui qui s’égarera et se «dispersera» dans la multiplicité, incomparablement plus vaste et plus variée, du monde psychique avec ses indéfinies modalités, et sauf des circonstances exceptionnelles, il est fort probable qu’il ne parviendra jamais à s’en libérer, surtout si, par surcroît, il se fait sur la valeur de ces choses des illusions que du moins l’exercice des activités corporelles ne comporte pas.” (p. 153)„En effet, s’il est recommandé de restreindre le plus possible l’usage des sens corporels, du moins pendant certaines périodes de travail plus ou moins prolongées, afin de n’en être pas distrait, la même chose est également vraie de ces facultés psychiques; et de plus, tandis que l’homme ne pourrait pas vivre s’il arrêtait complètement et indéfiniment l’exercice de ses sens, il n’y a évidemment rien de tel dans l’autre cas, et aucun inconvénient grave ne peut résulter de cette «inhibition»; tout au contraire, l’être ne peut même qu’y gagner quant à son équilibre organique et mental, et se trouve par suite dans de meilleures conditions pour entreprendre, sans risquer d’être gêné par un état plus ou moins pathologique et anormal, le développement de ses possibilités d’ordre supérieur.” (p. 154)„Il va de soi que les dangers dont nous venons de parler n’existent plus pour celui qui est parvenu à un certain degré de réalisation initiatique; et l’on peut même dire que celui-là possède implicitement tous les «pouvoirs» sans avoir à les développer spécialement d’une façon quelconque, par là même qu’il domine «par en haut» les forces du monde psychique; mais, en général, il ne les exerce pas, parce qu’ils ne peuvent plus avoir aucun intérêt pour lui.” (p. 155)„[…] ainsi, il est aisément concevable que l’être qui possède un haut degré spirituel, s’il a à provoquer occasionnellement un phénomène quelconque, n’agira pas en cela de la même façon que celui qui en a acquis la faculté à la suite d’«entraînements» psychiques, et que son action s’exercera selon de tout autres modalités; la comparaison de la «théurgie» et de la «magie», qu’il serait hors de propos d’entreprendre ici, donnerait lieu aussi à la même remarque.” (p. 156)En soi, les pouvoirs psychiques ne garantissent rien: si de nombreux cas de lévitation ou de bilocation peuvent être relevés dans l’histoire des saints, il s’en trouve tout autant dans celle des sorciers.„[…] nous pourrions dire, en nous plaçant naturellement à un autre point de vue, qu’un fait sera un miracle s’il est dû à l’action d’une influence spirituelle, et qu’il ne le sera pas s’il n’est dû qu’à celle d’une influence psychique. C’est ce qu’illustre notamment, d’une façon très nette, la lutte de Moïse et des magiciens de Pharaon, qui, au surplus, représente aussi celle des puissances respectives de l’initiation et de la contre-initiation, du moins dans la mesure et sur le terrain où une telle lutte est effectivement possible […]” (p. 157)„[…] il ne s’agit point, pour l’homme en voie de développement spirituel, de se rattacher encore plus fortement à celle-ci par de nouveaux liens, mais, tout au contraire, de parvenir à s’en libérer entièrement; et cette libération ne peut être obtenue que par la pure connaissance, à la condition, bien entendu, que celle-ci ne demeure pas simplement théorique, mais qu’elle puisse au contraire devenir pleinement effective, puisque c’est en cela seul que consiste la «réalisation» même de l’être à tous ses degrés.” (p. 157)Chapitre XXIII. Sacrements et rites initiatiquesUpanayana – rite par lequel l’individu est rattaché effectivement à l’une des trois castes supérieures à laquelle il n’appartenait que d’une façon toute potentielle.Samskâra – traduit en Occident par sacrement.„Un samskâra est essentiellement un rite d’«agrégation» à une communauté traditionnelle […].” (p. 159)L’agrégation implique une assimilation qu’on pourrait dire «organique», une «transmutation» (abhisambhava).Ananda K. Coormaraswamy a proposé pour samskâra la traduction „intégration”.Dîkshâ – rites initiatiques, initiation;Les sociologues et les ethnologues qui emploient le terme d’«initiation» pour l’appliquer à des rites auxquels ont accès, à tel ou tel moment de leur existence tous les membres d’un peuple ou d’une tribu, font la confusion entre les rites initiatiques et les samskâra.Le cordon brâhmanique (pavitra ou upavîta) donne accès à l’étude des Ecritures sacrées.Le milieu social n’impose pas à ses membres qu’ils entrent dans une organisation initiatique.Upanayana confère la qualité de dwija ou „deux fois né”; on sait que cette expression s’applique aussi en en sens très précis à l’initiation. Le baptême chrétien est considéré lui-aussi une seconde naissance, mais il n’est pas une initiation pour autant.Certains rites exotériques sont calqués sur des rites esotériques: l’ordination religieuse représente une „extériorisation” de l’initiation sacerdotale, et le sacre des rois une „extériorisation” de l’initiation royale.Chapitre XXIV. La prière et l’incantationParfois il n’est pas possible de trancher la délimitation entre l’exotérisme et l’ésotérisme.La prière est spécifique à l’exotérisme, tandis que l’incantation est à l’esotérisme.„On peut donc regarder chaque collectivité comme disposant, en outre des moyens d’actions purement matériels de l’ordre corporel, d’une force d’ordre subtil constituée en quelque façon par les apports de tous ses membres passés et présents, et qui, par conséquent, est d’autant plus considérable et susceptible de produire des effets d’autant plus intenses que la collectivité est plus ancienne et se compose d’un plus grand nombre de membres; […].” (p. 166)Au cas des communautés traditionnelles qui suivent les rites sacrés, l’intervention d’un élément non-humain descend dans le domaine individuel et s’exerce par le moyen de la force collective dans laquelle prend son point d’appui.L’influence spirituelle peut se concentrer sur un «support» d’ordre corporel, tel un lieu ou un objet déterminé, qui joue le rôle d’un véritable condensateur (par exemple: l’Arche de l’Aliance ou le Temple de Salomon, les lieux de pélérinage).La distinction entre croyance et connaissance correspond à celle d’entre l’exotérisme et l’ésotérisme.„Les avantages qui peuvent être obtenus par la prière et par la pratique des rites d’une collectivité sociale ou religieuse (rites communs à tous ses membres sans exception, donc d’ordre purement exotérique et n’ayant évidemment aucun caractère initiatique, et en tant qu’ils ne sont pas considérés par ailleurs comme pouvant servir de base à une «réalisation» spirituelle) sont essentiellement relatifs et contingents, mais ne sont pourtant nullement négligeables pour l’individu, qui, comme tel, est lui-même relatif et contingent; celui-ci aurait donc tort de s’en priver volontairement, s’il est rattaché à quelque organisation capable de les lui procurer.” (p. 168)Carmen (lat.) = poésie sacrée.„L’incantation […] contrairement à la prière, n’est point une demande, et même elle ne suppose l’existence d’aucune chose extérieure (ce que toute demande suppose forcément), parce que l’extériorité ne peut se comprendre que par rapport à l’individu, que précisément il s’agit ici de dépasser; elle est une aspiration de l’être vers l’Universel, afin d’obtenir ce que nous pourrions appler, das un langage d’apparence quelque peu „théologique”, une grâce spirituelle, c’est-à-dire, au fond, une illumination intérieure qui, naturellement, pourra être plus ou moins complète suivant les cas. Ici, l’action de l’influence spirituelle, doit être envisagée à l’état pur, si l’on peut s’exprimer ainsi; […].” (p. 169)L’incantation (nommée mantra en hindouisme et dhikr en islam), détermine des vibrations rythmiques qui ont une répercussion à travers un domaine plus ou moins étendu dans la sétendu dans la série indéfinie des états de l’être.Au bas de l’hiérarchie se trouvent les simples croyants, qui ne peuvent obtenir rien que par rapport à leur individualité corporelle, et dans les limites de cette portion.Une marche plus haut sont les mystiques, ceux qui perçoivent indirectement certaines réalités d’ordre supérieur, non pas telles qu’elles sont en elle-même, mais traduites symboliquement et revêtues de formes psychiques ou mentales. Cela encore s’obtient par la prière et l’accomplissement des œuvres prescrites, parce que tout cela ne sort pas du domaine de l’exotérisme.A un degré plus élevé se trouvent ceux qui, ayant étendu leur conscience jusqu’aux extrêmes limites de leur individualité, arrivent à percevoir directement les états supérieurs de leur être sans cependant y participer effectivement.Dans la tradition islamique, le premier niveau, celui de la connaissance qui vient de l’extérieur par la voie exotérique s’appelle ilmul-yaqîn. Le deuxième niveau, de perception de la connaissance par reflèt – aynul-yaqîn; le troisième, qui perçoit la vérité et s’identifie avec elle (l’Homme Universel) – haqqul-yaqîn.L’Homme Universel correspond à „la plénitude de l’initiation réelle et effective, c’est-à-dire à la prise de possession consciente et volontaire de la totalité des états de l’être, selon les deux sens que nous avons indiqués; c’est là le résultat complet et final de l’incantation […].” (p. 171)„ […] le Yogî de la tradition hindoue, ou le Çûfî de la tradition islamique, si l’on entend ces termes dans leur sens strict et véritable, est celui qui est parvenu à ce degré suprême, et qui a ainsi réalisé dans son être la totale possibilité de l’«Homme Universel».” (p. 171)Chapitre XXV. Des épreuves initiatiquesL’idée vulgaire des „épreuves de la vie” existe, même si elle ne correspond à rien de vrai.„Le symbole doit toujours être d’un ordre inférieur à ce qui est symbolisé […].” (p. 173)„[…] il n’y a rien d’impossible à ce que la souffrance soit, dans certains cas particuliers, l’occasion ou le point de départ d’un développement de possibilités latentes, mais exactement comme n’importe quoi d’autre peut l’être dans d’autres cas; l’occasion, disons-nous, et rien de plus; et cela ne saurait autoriser à attribuer à la souffrance en elle-même aucune vertu spéciale et privilégiée, en dépit de toutes les déclamations accoutumées sur ce sujet.” (p. 173)Mais il arrive assez fréquemment que ceux qui suivent une voie initiatique voient les circonstances pénibles se multiplier d’une façon inaccoutumée. Il s’agit d’obstacles suscités par des forces adverses, et non point, d’«épreuves» voulues et imposées par les puissances qui président à l’initiation.Ce qu’on appelle „les épreuves initiatiques” sont essentiellement des rites. Ces épreuves constituent un enseignement donné sous forme symbolique et destiné à être médité ultérieurement.La raison d’être essentielle du rite est l’efficacité qui lui est inhérente.Les épreuves sont des rites préliminaires ou préparatoires. Elles sont aussi des rites de purification. Le sens du mot „épreuve” est alchimique, et non pas le sens vulgaire accordé récemment. Cette purification se fait par „éléments” (qui dit élément dit simple, et qui dit simple dit incorruptible). L’eau joue un rôle prépondérent, mais non pas exclusiv (d’ailleurs, dans toutes les traditions l’eau est la „substances universelle”).„Il s’agit de ramener l’être à un état de simplicité indifférenciée, comparable, comme nous l’avons dit précédemment, à celui de la materia prima (entendue naturellement ici en un sens relatif), afin qu’il soit apte à recevoir la vibration du Fiat Lux initiatique; il faut que l’influence spirituelle dont la transmission va lui donner cette «illumination» première ne rencontre en lui aucun obstacle dû à des «préformations» inharmoniques provenant du monde profane.” (p. 177)Chapitre XXVI. De la mort initiatiqueLa mort initiatique a été nommée à tort „mort fictive”. Or, cette „mort” est plus réelle même que la mort entendue au sens ordinaire du mot.„[…] toutes les traditions insistent sur la différence essentielle qui existe dans les états posthumes de l’être humain selon qu’il s’agit du profane ou de l’initié; si les conséquences de la mort, prise dans son acception habituelle, sont ainsi conditionnées par cette distinction, c’est donc que le changement qui donne accès à l’ordre initiatique correspond à un degré supérieur de réalité.” (p. 178)La mort initiatique est un changement d’état: mort par rapport à l’état antécédent, naissance par rapport à l’état conséquent. C’est donc la mort au monde profane, la seule qui permet une seconde naissance.„Il y a lieu de remarquer notamment, à ce sujet, que tout changement d’état doit être considéré comme s’accomplissant dans les ténébres, ce qui donne l’explication du symbolisme de la couleur noire en rapport avec ce dont il s’agit: le candidat à l’initiation doit passer par l’obscurité complète avant d’accéder à la «vraie lumière».” (p. 179)La seconde naissance est au cas de l’initiation première une régénération psychique – dans cet ordre a lieu la première phase du développement initiatique. Après cela, il y a un passage de l’ordre psychique à l’ordre spirituel – c’est la seconde mort et la troisième naissance.La seconde mort est la mort psychiqueSur la contre-initiation: „celle-ci, en effet, imite dans ses phases l’initiation véritable, mais ses résultats sont en quelque sorte au rebours de celle-ci, et, évidemment, elle ne peut en aucun cas conduire au domaine spirituel, puisqu’elle ne fait au contraire qu’en éloigner l’être de plus en plus.” (p. 181)Chapitre XXVII. Noms profanes et noms initiatiquesLes noms initiatiques des maîtres sont la plupart des fois entourés de secret.Après la seconde naissance, l’initié reçoit un nouveaux nom, différent de son nom profane, qui doit correspondre à une modalité également différente de son être. La même pratique existe aussi dans certains ordre religieux.Un nom est d’autant plus vrai qu’il correpond à une modalité d’ordre plus profond, parce qu’il exprime quelque chose qui est plus proche de la véritable essence de l’être. Donc, contrairement à l’opinion vulgaire, le nom profane, étant attaché à la modalité la plus extérieure et à la manifestation la plus superficielle, est le moins vrai de tous.Le nom initiatique n’a pas à être connu dans le monde profane. Inversement, le nom profane n’est pour l’initié qu’un simple rôle qu’il joue à l’extérieur.Quand l’être passe aux „grands mystères”, à la réalisation des états supra-individuels, il passe par là même au delà du nom et de la forme (nâma-rûpa dans la doctrine hindoue) il devient l’expression de l’essence et de la substance de l’individualité. Un tel être n’a plus de nom, parce que c’est une limitation dont il n’a plus besoin.„[…] mais il n’était pas inutile de souligner encore, à cette occasion, le rôle del’esprit antitraditionnel, caractéristique de l’époque moderne, comme cause principale de l’incompréhension des réalités initiatiques et de la tendance à les réduire aux points de vue profanes. C’est cet esprit qui, sous des noms tels que ceux d’«humanisme» et de «ratonalisme», s’efforce constamment, depuis plusieurs siècles, de tout ramener aux proportions de l’individualité humaine vulgaire, nous voulons dire de la portion restreinte qu’en connaissent les profanes, et de nier tout ce qui dépasse ce domaine étroitement borné, donc en particulier tout ce qui relève de l’initiation, à quelque degré que ce soit.” (p. 186-187)Chapitre XXVIII. Le symbolisme du théâtre„[…] le théâtre est un symbole de la manifestation, dont il exprime aussi parfaitement que possible le caractère illusoire. […] L’acteur est un symbole du „Soi” ou de la personnalité se manifestant par une série indéfinie d’états et de modalités, qui peuvent être considérés comme autant de rôles différents; et il faut noter l’importance qu’avait l’usage antique du masque pour la parfaite exactitude de ce symbolisme.” (p. 188)Sous les masques l’acteur demeure lui-même dans tous ses rôles, comme la personnalité est «non-affectée» par toutes ses manifestations.Le théâtre n’est d’une image du monde, parce que l’un et l’autre sont des „représentations”. En arabe le théâtre est désigné par le mot tamthîl, dérivé de la racine mathl (ressemblance, comparaison, image ou figure).Le théâtre n’est pas forcément borné à représenter le monde humain, il peut aussi représenter les mondes supérieurs et inférieurs. „Dans les «mystères» du moyen âge, la scène était, […] divisée en plusieurs étages correspondant aux différents mondes, généralement répartis suivant la division ternaire: ciel, terre, enfer; et l’action se jouant simultanément dans ces différentes divisions représentait bien la simultanéité essentielle des états de l’être. Les modernes, ne comprenant plus rien de ce symbolisme, en sont arrivés à regarder comme une «naïveté», pour ne pas dire comme une maladresse, ce qui avait précisément ici le sens le plus profondl et ce qui est étonnant, c’est la rapidité avec laquelle est venue cette incompréhension, si frappante chez les écrivains du XVIIe siècle; cette coupure radicale entre la mentalité du moyen âge et celle des temps modernes n’est certes pas une des moindres énigmes de l’histoire.” (p. 189-190)Les pièces théâtrales à inspiration religieuse faisaient partie de la célébration des fêtes religieuses.„Nous avons d’ailleurs assez souvent, en d’autres occasions, à signaler l’importance, comme procédé du langage symbolique, des assimilations phonétiques entre des mots philologiquement distincts; il y a là quelque chose qui, à la vérité, n’a rien d’arbitraire, quoi qu’en puissent penser la plupart de nos contemporains, et qui s’apparente assez directement aux modes d’interprétation relevant du nirukta hindou; mais les secrets de la constitution intime du langage sont si complètement perdus aujourd’hui qu’il est à peine possible d’y faire allusion sans que chacun s’imagine qu’il s’agit de «fausses étymologies», voire même de vulgaire «jeux de mots», et Platon lui-même, qui a parfois eu recours à ce genre d’interprétation, comme nous l’avons noté incidemment à propos des «mythes», ne trouve pas grâce devant la «critique» pseudo-scientifique des esprits bornés par les préjugés modernes.” (p. 190-191)L’auteur dramatique a une fonction véritablement „démiurgique”, puisqu’il produit un monde qu’il tire tout entier de lui-même; il est le symbole même de l’Etre produisant la manifestation universelle.Chapitre XXIX. „Opératif” et „spéculatif”Il existe de nos jours une forte confusion sur les termes „opératif” et „spéculatif”. Ce sont deux termes concernant la Maçonnerie. En principe, si au commencement ceux qui participaient à l’initiation maçonnique étaient pratiquants du métier, on les appelle maçons opératifs. Plus tard, l’organisation s’est ouvert à non-pratiquants, appelés „spéculatifs”.„[…] le passage de l’«opératif» au «spéculatif», bien loin de constituer un «progrès» comme le voudraient les modernes qui n’en comprennent pas la signification, est exactement tout le contraire au point de vue initiatique; il implique, non pas forcément une déviation à proprement parler, mais du moins une dégénérescence au sens d’un amoindrissement; et, comme nous venons de le dire, cet amoindrissement consiste dans la négligence et l’oubli de tout ce qui est «réalisation», car c’est là ce qui est véritablement «opératif», pour ne plus laisser subsister qu’une vue purement théorique de l’initiation.” (p. 195)„Spéculation” vient de speculum (lat.), qui signifie „miroir”. La connaissance apportée par la spéculation est indirecte, par opposition à celle apportée par la connaissance effective.Il existe entre „opératif” et „spéculatif” presque les mêmes différences qui sont entre praxis et poêsis.„Il est dès lors facile de se rendre compte de ce qui reste dans le cas d’une initiation qui n’est plus que «spéculative»: la transmission initiatique subsiste bien toujours, puisque la «chaîne» traditionnelle n’a pas été interrompue; mais, au lieu de la possibilité d’une initiation effective toutes les fois que quelque défaut individuel ne vient pas y faire obstacle, on n’a plus qu’une initiation virtuelle, et condamnée à demeurer telle par la force même des choses, puisque la limitation «spéculative» signifie proprement que ce stade ne peut plus être dépassé, tout ce qui va plus loin étant de l’ordre «opératif» par définition même.” (p. 195) Dans ce cas les rites sont toujours effectifs, mais le résultat reste en état d’éclosion.La „pensée” cultivée pour elle-même n’est pas le lot des organisations initiatiques, qui ne sont pas des rassemblements pour „philosophers” ou pour des discussions „académiques”.Chapitre XXX. Initiation effective et initiation virtuelle„[…] le rattachement à une organisation traditionnelle régulière (présupposant naturellement la qualification) suffit pour l’initiation virtuelle, tandis que le travail intérieur qui vient ensuite concerne proprement l’initiation effective, qui est en somme, à tous ses degrés, le développement «en acte» des possibilités auxquelles l’initiation virtuelle donne accès.” (p. 198)Entrer dans la voie, c’est l’initiation virtuelle; suivre la voie, c’est l’initiation effective.L’initiation est essentiellement une transmission: d’une part d’une influence spirituelle, de l’autre d’un enseignement traditionnel. L’influence spirituelle constitue elle seule l’initiation virtuelle, mais l’enseignement traditionnel est l’aide extérieure apportée au travail intérieur de réalisation. Ces deux types de transmission ne peuvent jamais être séparés l’un de l’autre.Les rites sont essentiellement un véhicule de l’influence spirituelle. Ils sont aussi un enseignement par les symboles véhiculés. Les symboles sont essentiellement un moyen d’enseignement, surtout en tant que supports à la méditation. Mais, à cause de leur caractère non-humain, les symboles sont des supports de l’influence spirituelle aussi.„[…] tant on ne fait que «spéculer», même en se tenant au point de vue initiatique et sans en dévier d’une façon ou d’une autre, on se trouve en quelque sorte enfermé dans une impasse, car on ne saurait en rien dépasser par là l’initiation virtuelle […].” (p. 201)Chapitre XXXI. De l’enseignement initiatiqueOn commet deux erreurs quant à l’enseignement initiatique: de le considèrer comme un complément de l’enseignement profane ou comme une opposition à l’enseignement profane.„Maintenant, si l’enseignement initiatique n’est ni le prolongement de l’enseignement profane, comme le voudraient les uns, ni son antithèse, comme le soutiennent les autres, s’il ne constitue ni un système philosophique ni une science spécialisée, c’est qu’il est en réalité d’un ordre totalement différent […].” (p. 203)Si les conceptions intiatiques sont essentiellement autres que les conceptions profanes, c’est qu’elles procèdent avant tout d’une autre mentalité que celles-ci.„[…] ce symbole est moins l’expression d’une idée nettement définie et délimitée (à la façon des idées «claires et distinctes» de la philosophie cartésienne, supposées entièrement exprimables par des mots) que la représentation synthétique et schématique de tout un ensemble d’idées et de conceptions que chacun pourra saisir selon ses aptitudes intellectuelles propres et dans la mesure où il est préparé à leur compréhension.” (p. 205)Le symbole est le seul moyen de transmettre, autant qu’il peut, tout cet inexprimable qui constitue le domaine de l’initiation. Il suffit que les symboles soient maintenus intacts pour qu’ils soient toujours susceptibles d’éveiller, en celui qui en est capable, toutes les conceptions dont ils figurent la synthèse.„Au fond, si tout processus d’initiation présente en ses différentes phases une correspondance, soit avec la vie humaine individuelle, soit même avec l’ensemble de la vie terrestre, c’est que le développement de la manifestation vitale elle-même, particulière ou générale, «microcosmique» ou «macrocosmique», s’effectue suivant un plan analogue à celui que l’initié doit réaliser en lui-même, pour se réaliser lui-même dans la complète expansion de toutes les puissances de son être.” (p. 206)Si les principes de l’initiation sont immuables, ses modalités peuvent et doivent varier de façon à s’adapter aux conditions multiples et relatives de l’existence manifestée, de sorte que l’on peut dire qu’il n’y a pas, pour deux individus différents, deux initiations exactement semblables.A la fin, l’enseignement initiatique n’est qu’une préparation de l’individu à acquérir la véritable connaissance initiatique par l’effet de son travail personnel. „On peut ainsi lui indiquer la voie à suivre, le plan à réaliser, et le disposer à prendre l’attitude mentale et intellectuelle nécessaire pour parvenir à une compréhension effective et non pas simplement théorique; on peut encore l’assister et le guider en contrôlant son travail d’une façon constante, mais c’est tout, car nul autre, fût-il un „Maître” dans l’acception la plus complète du mot, ne peut faire ce travail pour lui.” (p. 208)Chapitre XXXII. Les limites du mentalLa mentalité nécessaire pour l’initiation, différente de la mentalité profane, n’est pas néanmoins un stade préliminaire, qui ne doit pas être confondu avec l’initiation même. En fait, le mental est incapable de toute connaissance métaphysique et initiatique.Manas (sanscr.) = mental.Le mintal est „l’ensemble des facultés de connaissance qui sont spécifiquement caractéristiques de l’individu humain […] et dont la principale est la raison.” (p. 210)La raison est une faculté d’ordre purement individuel, pendant que l’intellect pur est d’ordre supra-individuel.„[…] la connaissance métaphysique, au vrai sens de ce mot, étant d’ordre universel, serait impossible s’il n’y avait dans l’être une faculté du même ordre, donc transcendante par rapport à l’individu: cette faculté est proprement l’intuition intellectuelle.” (p. 210)L’être, qui apparaît dans ce monde comme un homme, est tout autre chose par le principe permanent et immuable qui constitue son essence profonde.Toute connaissance initiatique constitue une communication avec les états supérieurs de l’être. Cette connaissance d’ordre transcendent est incommunicable et inexprimable.Les symboles, par leur caractère essentiellement synthétique, sont aptes à servir de point d’appui à l’intuition intellectuelle, pendant que le langage, essentiellement analytique, est l’instrument de la pensée discursive et rationnelle.„Cet usage supérieur du langage est surtout possible quand il s’agit des langues sacrées, qui précisément sont telles parce qu’elles sont constituées de telle sorte qu’elles portent en elles-mêmes ce caractère proprement symbolique; il est naturellement beaucoup plus difficile avec les langues ordinaires, surtout lorsque celles-ci ne sont employées habituellement que pour exprimer des points de vue profanes comme c’est le cas pour les langues modernes.” (note, p. 212)L’enseignement initiatique ne peut jamais prendre une forme systématique, mais doit s’ouvrir sur des possibilités illimitées, de façon à réserver la part de l’inexprimable.La connaissance théorique se fait par le mental, pendant que la connaissance effective se fapt „par l’esprit et par l’âme”, donc par l’être tout entier. Les mystiques sont donc supérieurs aux philosophes et même aux théologiens, car la moindre parcelle de connaissance effective vaut plus que les raisonnements.L’intiation implique la renonciation au mental, donc à toute faculté discursive. Selon le symbolisme traditionnel fondé sur des correspondances organiques, le centre de la conscience se transfère du „cerveau” au „cœur”.„Celui qui s’attache au raisonnement et ne s’en affranchit pas au moment voulu demeure prisonnier de la forme, qui est la limitation par laquelle se définit l’état individuel; il ne dépassera donc jamais celui-ci, et il n’ira jamais plus loin que l’«extérieur», c’est-à-dire qu’il demeurera lié au cycle indéfini de la manifestation. Le passage de l’«extérieur» à l’«intérieur», c’est aussi le passage de la multiplicité à l’unité, de la circonférence au centre, au point unique d’où il est possible à l’être humain, restauré dans les prérogatives de l’«état primordial», de s’élever aux états supérieurs et, par la réalisation totale de sa véritable essence, d’être enfin effectivement et actuellement ce qu’il est potentiellement de toute éternité.” (p. 214)Chapitre XXXIII. Connaissance initiatique et „culture” profaneL’instruction profane purement extérieure n’a rien en commun avec la connaissance doctrinale initiatique. Ce que l’on appelle „culture” au sens mondain et profane ne constitue pas une préparation pour l’initiation, parce qu’il y a une absence de rapport entre les deux.„[…] mais le danger est de se laisser prendre à l’apparence trompeuse d’une prétendue «intellectualité» qui n’a absolument rien à voir avec l’intellectualité pure et véritable, et l’abus constant qui est fait précisément du mot «intellectuel» par nos contemporains suffit à prouver que ce danger n’est que trop réel.” (pp. 215-216)„Certains vont même, en ce sens, jusqu’à prétendre trouver dans la première [la science expériementale moderne – n.n] des «confirmations» de la seconde [la science sacrée de l’initiation – n.n.], comme si celle-ci, qui repose sur les principes immuables, pouvait tirer le moindre bénéfice d’une conformité accidentelle et tout extérieure avec quelques-uns des résultats hypothétiques et sans cesse changeants de cette recherche incertaine et tâtonnante que les modernes se plaisent à décorer du nom de «science»!” (p. 216)L’instruction moderne peut constituer un obstacle à l’acquisition de la véritable connaissance, à cause de plusieurs faits:ê l’éducation profane impose certaines habitudes mentales dont il est assez difficile de se défaire ultérieurement; l’instruction universitaire spécialisée attire une étroitesse de vues, pendant que l’érudition cultivée pour elle-même attire inévitablement la myopie intellectuelle; „[…] si la connaissance profane en elle-même est simplement indifférente, les méthodes par lesquelles elle est inculquée sont en réalité la négation même de celles qui ouvrent accès à la connaissance initiatique.” (p. 217)ê l’éducation profane attire une sorte d’infatuation fréquemment causée par un prétendu savoir; „[…] de deux ignorants, celui qui se rend compte qu’il ne sait rien est dans une disposition beaucoup plus favorable à l’acquisition de la connaissance que celui qui croit savoir quelque chose […].” (p. 217)Ce qui signifie „gens cultivés”: „il ne s’agit même pas là d’une instruction tant soit peu solide, si limitée et si inférieure qu’en soit la portée, mais d’une «teinture» superficielle de toute sorte de choses, d’une éducation surtout «littéraire», en tout cas purement livresque et verbale, permettant de parler avec assurance de tout, y compris ce qu’on ignore le plus complétement, et susceptible de faire illusion à ceux qui, séduits par ces brilliantes apparences, ne s’aperçoivent pas qu’elles ne recouvrent que le néant.” (p. 217)„[…] mais nous n’exagérons rien en disant que, en dehors de ces exceptions, la grande majorité des gens «cultivés» doivent être comptés parmi ceux dont l’état mintal est le plus défavorable à la réception de la véritable connaissance.” (p. 218)Le souci de l’«opinion publique» en général est une attitude aussi «anti-initiatique» que possible.Toute connaissance exclusivement „livresque” n’a rien de commun avec la connaissance initiatique, même envisagée à son stade simplement théorique. Le fait d’entasser dans sa mémoire des notions verbales n’apporte aucune connaissance réelle.Chapitre XXXIV. Mentalité scolaire et pseudo-initiationLes sociétés pseudo-initiatiques abusent de la comparation avec la vie profane – marque caractéristique. Malheureusement le résultat est la plupart des fois une assimilation des réalités spirituelles à des formes d’activités qui sont opposées de toute spiritualité.Les occultistes conçoivent la spiritualité sous la forme des „dettes à payer”. La théosophie surtout sous la forme des „leçons à apprendre”.L’instruction profane est conçue d’une manière profondément antitraditionnelle. „[…] on peut même dire qu’elle n’est faite en quelque sorte que pour cela, ou du moins que c’est dans ce caractère que réside sa première et principale raison d’être, car il est évident que c’est là un des instruments les plus puissants dont on puisse disposer pour parvenir à la destruction de l’esprit traditionnel.” (p. 221)Même sans la déviation profane, un enseignement traditionnel utilise des représentations „scolaires” qui ne sont pas appropriées à l’enseignement initiatique.On ne peut pas transmettre à d’autres quelque chose qu’on ne possède pas soi-même.„[…] les Universités occidentales ayant été, dans les temps modernes, complètement détournées de leur esprit originel, et ne pouvant plus dès lors avoir le moindre lien avec un principe supérieur capable de les légitimer, les grades qui y ont été conservés, au lieu d’être comme une image extérieure de grades initiatiques, n’en sont plus qu’une simple parodie, de même qu’une cérémonie profane est la parodie ou la contrefaçon d’un rite, et que les sciences profanes elles-mêmes sont, sous plus d’un rapport, une parodie des sciences traditionnelles […].” (p. 223)Les examens sont le seul critère dont on dispose pour apprécier les „réussites” de l’enseignement extérieur. Ils sont complétement inutiles dans une organisation initiatique. Les sciences traditionnelles font leur travail à la place des examens.„[…] tandis que les organisations initiatiques, tant qu’elles n’ont subi aucune déviation, sont constituées à l’image du véritable monde spirituel, la caricature de celui-ci se trouve, inversement, être à l’image des organisations pseudo-initiatiques, qui, elles-mêmes, en voulant copier certaines organisations initiatiques pour s’en donner les apparences, n’en ont pris en réalité que les côtés déformés par des emprunts au monde profane.” (p. 224)Chapitre XXXV. Initiation et „passivité”L’enseignement initiatique demande une attitude réceptive, mais non passive. Il exige de la part de celui qui le reçoit un effort constant d’assimilation.En réalité, c’est l’enseignement profane qui exige la passivité, puisqu’il se propose de fournir des données qui doivent être „apprises”.„Il est doublement avantageux pour la contre-initiation, quand elle ne peut réussir à dissimuler entièrement ses procédés et ses buts, de faire attribuer les uns et les autres à l’initiation véritable, puisque par là elle nuit incontestablement à celle-ci, et que, en même temps, elle détourne le danger qui la menace elle-même en égarant les esprits qui pourraient se trouver sur la voie de certaines découvertes.” (p. 227)L’idée de l’éveil et de l’ascension de la force subtile appelée Kundalinî est propre uniquement à certaines formes d’initiation, et pas à toutes.„[…] l’initié n’est pas un «sujet», il est même exactement le contraire; toute tendance à la passivité ne peut être qu’un obstacle à l’initiation, et, où elle est prédominante, elle constitue une «disqualification» irrémédiable.” (p. 230)Les pratiques hypnotiques sont illégitimes et strictement interdites dans une vraie organisation initiatique.Le véritable guru est intérieur, il n’est l’autre que le „Soi” de l’être lui-même, le guru extérieur ne fait que le réprésenter tant que l’être ne peut pas se mettre en contact conscient avec ce „Soi”.Chapitre XXXVI. Initiation et „service”Les organisations pseudo-initiatiques attribuent une valeur ésotérique à des valeurs qui sont purement exotériques. D’ailleurs, ces organisations ne suivent que les déviations et les influences du monde profane. Il s’agit de parodies d’ésotérisme.Dans la phraséologie des organisations pseudo-initiatiques reviennent les mots „serviteur” et „service”. Il y a une confusion due à la prépondérance attribuée par les modernes à l’action et au point de vue social, qu’ils veulent faire intervenir jusque dans un domaine où cela n’a rien à faire. Par un renversement étrange, les activités extérieures sont considérées comme des conditions essentielles de l’initiation.Le sentimentalisme dispose toujours à une certaine „passivité”. „En effet, à force de répéter à quelqu’un qu’il doit «servir» n’importe quoi, fût-ce de vagues entités «idéales», on finit par le mettre dans de telles dispositions qu’il sera prêt à «servir» effectivement, quand l’occasion s’en offrira à lui, tout ce qui prétendra incarner ces entités ou les représenter de façon plus positive; et les ordres qu’il pourra en recevoir, quel qu’en soit le caractère, et même s’ils vont jusqu’aux pires extravagances, trouveront alors en lui l’obéissance d’un véritable «serviteur».” (p. 234)En principe, le „service” se veut une voie hindoue de bhakti. Sauf que la dernière implique la dévotion pour Dieu, et pas pour tout le monde.„[…] l’initié n’a pas à être un «serviteur», ou, du moins, il ne doit l’être que de la Vérité.” (p. 235)Chapitre XXXVII. Le don des languesLe «don des langues» est mentionné comme un des signes caractéristiques des véritables Rose-Croix.La possession de certaines clefs du langage peut fournir, pour comprendre et parler les langues les plus diverses, des moyens tout autres que ceux dont on dispose d’ordinaire. Il existe une philologie sacrée, entièrement différente de la philologie profane de nos jours.„[…] on peut dire que celui qui possède véritablement le «don des langues», c’est celui qui parle à chacun son propre langage, en ce sens qu’il s’exprime toujours sous une forme appropriée aux façons de penser des hommes auxquels il s’adresse.” (p. 236)Les Rose-Croix pouvaient adopter le costume et les habitudes des pays où ils se trouvaient, parfois un nouveau nom chaque fois qu’ils changeaient de pays, parce qu’ils n’étaient liés à aucune forme définie, non plus aux conditions spéciales d’aucun lieu déterminé.Mohyid din ibn Arabi: „le vrai sage ne se lie à aucune croyance”.Celui qui a atteint par une connaissance directe et profonde (et non pas seulement théorique ou verbale), le fond identique de toutes les doctrines traditionnelles, celui-là a trouvé la vérité une qui s’y cache sous la diversité et la multiplicité des formes extérieures.Et-tawhîdu wâhidun – la doctrine de l’Unité est unique.Celui qui s’arrête à la forme voit surtout les différences, au point où il peut les prendre pour des oppositions.Ce qui s’appelle dans ce cas „langues”, ce sont toutes les formes traditionnelles, religieuses ou autres, qui ne sont en effet que des adaptations de la grande Tradition primordiale et universelle, des vêtements divers de l’unique vérité.„Ceux qui ont dépassé toutes les formes particulières et sont parvenus à l’universalité, et qui «savent» ainsi ce que les autres ne font que «croire» simplement, sont nécessairement «orthodoxes» au regard de toute tradition régulière; et, en même temps, ils sont les seuls qui puissent se dire pleinement et effectivement «catholiques», au sens rigoureusement étymologique de ce mot, tandis que les autres ne peuvent jamais l’être que virtuellement, par une sorte d’aspiration qui n’a pas encore réalisé son objet, ou de mouvement qui, tout en étant dirigé vers le centre, n’est pas parvenu à l’atteindre réellement.” (p. 238)L’influence de Rose-Croix s’exerce surtout par une action de présence qu’à une activité extérieure quelconque.Chapitre XXXVIII. Rose-Croix et RosicruciensIl faut établir une distinction nette entre Rose-Croix et Rosicruciens, le dernier terme ayant une extension que le premier.Les vrais Rose-Croix n’ont jamais constitué une organisation avec des formes extérieures définies. Tout de même, à partir le début du XVIIe siècle, plusieurs associations furent qualifiées de rosicruciennes.Rose-Croix est proprement la désignation d’un degré initiatique effectif, donc un état spirituel. Il représente la perfection de l’état humain. Son symbole figure „la réintégration de l’être au centre de cet état et la pleine expansion de ses possibilités individuelles à partir de ce centre” (p. 242).Le nom tiré de ce symbole n’a été appliqué à un degré initiatique qu’à partir du XIVe siècle, par rapport à l’ésotérisme chrétien. Il a été mis en relation avec le nom de Christian Rosenkreutz – nom purement symbolique, qui ne devrait pas être connecté à une personnalité historique quelconque.Il semble que, après la destruction de l’Ordre du Temple, les initiés à l’ésotérisme chrétien se réorganisèrent, d’accord avec les initiés à l’ésotérisme islamique, pour maintenir, dans la mesure du possible, le lien qui avait été rompu par cette destruction. Les vrais Rose-Croix furent les inspirateurs de cette réorganisation.Les traités de Westphalie mirent fin à ce qui subsistait encore de la «Chrétienté» médiévale pour y substituer une organisation purement „politique” au sens moderne et profane du mot.Les Rose-Croix ont dû rester anonymes, parce que, tout comme les Çûfî, ils ne pouvaient pas se prévalori de ce titre.Il n’est pas sans intérêt d’indiquer que le mot Çûfî, par la valeur des lettres qui le composent, équivaut numériquement à el-hikmah el-ilahiyah, c’est-à-dire la „sagesse divine”.Celui qui s’affirme Rose-Croix ou Çûfî ne l’est pas en réalité.Si quelqu’un est connu comme ayant été membre d’une organisation extérieure, il n’était pas un véritable Rose-Croix. Aucune des organisations pseudo-initiatiques contemporaines n’est autre chose qu’une simple usurpation par rapport à la Rose-Croix.Chapitre XXXIX. Grands mystères et petits mystères„Grands mystères” et „petits mystères” sont des désignations empruntées de l’antiquité grecque. Il ne s’agit pas d’initiations différentes, mais de stades ou de degrés de la même initiation. „[…] en principe, les «petits mystères» ne sont donc qu’une préparation aux «grands mystères», puisque leur terme lui-même n’est encore qu’une étape de la voie initiatique.” (p. 248)Mais, comme chaque être ne peut aller que jusqu’à l’épuisement de ses possibilités, il est bien envisageable que certains s’arrêtent après les „petits mystères”.Les „petits mystères” comprennent tout ce qui se rapporte au développement des possibilités de l’état humain envisagé dans son intégralité. Ils aboutissent à la restauration de l’«état primordial».Les «grands mystères» concernent l’état supra-humain. Ils conduisent l’homme jusqu’à l’état suprême, qui s’appelle la „Délivrance finale” ou l’«Identité Suprême».Pour caractériser ces deux états, on peut parler de la réalisation horizontale et de la réalisation verticale. La première sert de base à la deuxième, ou, comme disait Dante, le „Paradis terrestre” est une étape sur la voie qui mène au „Paradis céleste”.Dans la tradition islamique, les deux états sont appelés l’homme primordial (el-insân el-qadîm) et l’homme universel (el-insân el-kâmil). Dans le Taoïsme on parle de l’homme véritable et l’homme transcendant.Les „grands mystères” sont en relation directe avec l’initiation sacerdotale, et les „petits mystères” avec l’initiation royale. Les premiers peuvent être regardé de point de vue hindou comme les Brâhmanes, et les seconds comme les Kshatriyas.Les «petits mystères» visent la connaissance de la nature. Les «grands mystères» visent la connaissance de la métaphysique.Les Vaishyas sont aussi qualifiés pour l’initiation par les métiers.„Si nous envisageons l’histoire de l’humanité telle que l’enseignent les doctrines traditionnelles, en conformité avec les lois cycliques, nous devons dire que, à l’origine, l’homme, ayant la pleine possession de son état d’existence, avait naturellement par là même les possibilités correspondant à toutes les fonctions, antérieurement à toute distinction de celles-ci. La division de ces fonctions se produisit dans un stade ultérieur, représentant un état déjà inférieur à l’«état primordial», mais dans lequel chaque être humain, tout en n’ayant plus que certaines possibilités déterminées, avait encore spontanément la conscience effective de ces possibilités. C’est seulement dans une période de plus grande obscuration que cette conscience vint à se perdre; et, dès lors, l’initiation devint nécessaire pour permettre à l’homme de retrouver, avec cette conscience, l’état antérieur auquel elle est inhérente; tel est en effet le premier de ses buts, celui qu’elle se propose le plus immédiatement.” (p. 251)Etant donné que les „grands mystères” visent la science métaphysique, c’est seulement dans le domaine des „petits mystères” que le déviations peuvent se produire. La déviation consiste dans une rupture entre les petits et les „grands mystères”, de sorte que les premiers sont pris comme un but en soi. C’est toujours dans le domaine des „petits mystères” que la contre-initiation est susceptible de s’opposer à l’initiation véritable.On peut dire que celui qui est parvenu dans l’état primordial est déjà virtuellement délivré (ce qui dans la terminologie bouddhique s’appelle anâgami).Chapitre XL. Initiation sacerdotale et initiation royaleIl existe plusieurs confusions entre l’initiation sacerdotale et l’initiation royale. La première considère qu’il s’agit de deux initiation complètement différentes, chacune suffisante à elle-même. Une autre confusion considère que l’initiation orientale est de type sacerdotal, pendant que l’initiation occidentale serait de type royal (généralement, la deuxième est présentée comme supérieure à la première).„En réalité, à l’origine, et antérieurement à la division des castes, les deux fonctions sacerdotale et royale n’existaient pas à l’état distinct et différencié; elles étaient contenues l’une et l’autre dans leur principe commun, qui est au delà des castes, et dont celles-ci ne sont sorties que dans une phase ultérieure du cycle de l’humanité terrestre.” (p. 254)L’initiation sacerdotale correspond aux „grands mystères”, pendant que l’initiation royale – aux „petits mystères”.„[…] le Brâhmane est supérieur au Kshatriya par nature, et non point parce qu’il a pris plus ou moins arbitrairement la première place dans la société; il l’est parce que la connaissance est supérieure à l’action, parce que le domaine «métaphysique» est supérieure au domaine «physique», comme le principe est supérieur à ce qui en dérive; et de là provient aussi, non moins naturellement, la distinction des «grands mystères», constituant proprement l’initiation sacerdotale, et des «petits mystères», constituant proprement l’initiation royale.” (p. 255)Ceux qui ont nié la supériorité de l’initiation sacerdotale ont été les Kshatrya révoltés.„[…] s’il y a vraiment deux types d’organisations traditionnelles et initiatiques, c’est que l’un est régulier et normal et l’autre irrégulier et anormal, l’un complet et l’autre incomplet (et, faut-il ajouter, incomplet par en haut); il ne saurait en être autrement, et acela d’une façon absolument générale, en Occident aussi bien qu’en Orient.” (p. 255)La tendance de nivellement par en bas est un des caractères les plus frappants de l’époque actuelle.Chapitre XLI. Quelques considérations sur l’hermétismeL’hermétisme, d’une manière générale, appartient à la voie royale.„Il faut noter tout d’abord que ce mot «hermétisme» indique qu’il s’agit d’une tradition d’origine égyptienne, revêtue par la suite d’une forme hellénisée, sans doute à l’époque alexandrine, et transmise sous cette forme, au moyen âge, à la fois au monde islamique et au monde chrétien, et, ajouterons-nous, au second en grande partie par l’intermédiaire du premier […]” (p. 259)Le mot „alchimie” vient d’arabe: „el-kimyâ”, mais ce dernier mot n’est arabe que par la forme, parce qu’il vient de Kêmi, ou „terre noire”, donné à l’ancienne Egypte.Le mot Qabbalah en hébreu signifie „tradition”.Ce qui s’est maintenu de la doctrine égyptienne ne peut pas être considéré comme une tradition à part entière.„Ce n’est pas à dire, assurément, que l’hermétisme constitue en lui-même une telle déviation ou qu’il implique quoi que ce soit d’illégitime, ce qui aurait évidemment rendu impossible son incorporation à des formes traditionnelles orthodoxes; mais il faut bien reconnaître qu’il peut s’y prêter assez aisément par sa nature même, pour peu qu’il se présente des circonstances favorables à cette déviation, et c’est là du reste, plus généralement, le danger de toutes les sciences traditionnelles, lorsqu’elles sont cultivées en quelque sorte pour elles-mêmes, ce qui expose à perdre de vue leur rattachement à l’ordre principiel.” (p. 262)Parfois, l’hermétisme est assimilé à la magie. C’est un risque qui hante d’ailleurs tout essai de reconstitution des sciences traditionnelles en absence du principe.Chapitre XLII. Transmutation et transformationSur la possibilité de prolonger la vie: „Que cette possibilité soit réalisée effectivement ou non, c’est là une autre question; et, en fait, il est dit que celui qui est vraiment devenu capable de prolonger ainsi sa vie n’en fait généralement rien, à moins d’avoir pour acela des raisons d’un ordre très particulier, parce que la chose n’a plus réellement aucun intérêt pour lui (de même que les transmutations métalliques et autres effets de ce genre pour celui qui est capable de les réaliser, ce qui se rapporte en somme au même ordre de possibilités); et même il ne peut que trouver avantage à ne pas se laisser attarder par là dans ces étapes qui ne sont encore que préliminaires et fort éloignées du but véritable, car la mise en œuvre de tels résultats secondaires et contingents ne peut jamais, à tous les degrés, que distraire de l’essentiel.” (pp. 267-268)Certaines écoles pseudo-initiatiques se proposent l’obtention d’une immortalité corporelle.La vraie „transformation” est le passage à un état supra-individuel, donc passage au delà de la forme. La „transmutation” est un changement à l’intérieur du domaine formel qui comprend tout l’ensemble des états individuels, ou même une changement de modalité à l’intérieur du domaine individuel humain.Chapitre XLIII. Sur la notion d’éliteL’élite n’existe plus dans l’état actuel du monde occidental. Sa reconstitution serait la condition première et essentielle d’un redressement intellectuel et d’une restauration traditionnelle.Le mot „élite” est sujet à de nombreux abus de nos jours. Le mot „initiation” aussi désigne à tort l’enseignement rudimentaire ou la vulgarisation d’un „savoir” profane quelconque. Le langage actuel est en pleine désordre.„[…] en fait, on n’a jamais tant parlé de «l’élite», à chaque instant et de tous les côtés, que depuis qu’elle n’existe plus, et, bien entendu ce qu’on veut désigner par là n’est jamais l’élite prise dans son vrai sens.” (p. 273)On comprend maintenant par élite les individus qui dépassent tant soit peu la moyenne dans un ordre d’activité quelconque. „Elite” est utilisé même à pluriel, ce qui est un nonsens, vu qu’il s’agit d’un superlatif. „Elite intellectuelle” est un pléonasme. Au point de vue traditionnel, ce qui donne au mot „élite” toute sa valeur c’est le fait qu’elle dérive d’«élu».„Au fond, nous pourrions dire que l’élite, telle que nous l’entendons, représente l’ensemble de ceux qui possèdent les qualifications requises pour l’initiation, et qui sont naturellement toujours une minorité parmi les hommes […].” (p. 274)Dans le monde occidental actuel l’élite consciente d’elle-même a disparu, ainsi que les organisations initiatiques adéquates.Chapitre XLIV. De la hiérarchie initiatiqueEn dehors du domaine initiatique, dans le monde profane, toute idée d’hiérarchie est obscurcie dans le monde profane. L’esprit moderne, égalitariste, s’acharne particulièrement contre cette idée.Toute organisation initiatique est par son esprit même hiérarchique. Elle est organisé selon des degrés de connaissance effective.„Adepte” est celui qui a atteint la plénitude de l’initiation.Chapitre XLV. De l’infaillibilité traditionnelleCe qui est infaillible c’est la doctrine traditionnelle, mais pas les humains. La doctrine est une expression de la vérité, indépendante des individus qui la reçoivent et qui la comprennent. La garantie de la doctrine réside dans son caractère „non-humain”.„La vérité n’est point faite par l’homme, comme le voudraient les „relativistes” et les „subjectivistes” modernes, mais elle s’impose au contraire à lui, non pas cependant „du dehors” à la façon d’une contrainte „physique”, mais en réalité „du dedans”, parce que l’homme n’est évidemment obligé de la „reconnaître” comme vérité que si tout d’abord il la „connaît”, c’est-à-dire si elle a pénétré en lui et s’il se l’est assimilée réellement.” (p. 282)Toute connaissance vraie suppose une identification du connaissant et du connu.Tout individu est infaillible quand il exprime une vérité qu’il connaît réellement, c’est-à-dire à laquelle il s’est identifié. On peut dire que ce n’est pas l’homme qui exprime la vérité, mais c’est la vérité qui s’est exprimée par lui.La vérité s’identifie avec la connaissance. L’homme qui la transmet ne compte pas, tellement son individualité est nulle par rapport au message.Il est difficile à tracer une démarcation nette entre le rite et la doctrine: „Le rite comporte toujours un enseignement en lui-même, et la doctrine, en raison de son caractère «non-humain» […], porte aussi en elle l’influence spirituelle, de sorte que ce ne sont véritablement là que deux aspects complémentaires d’une seule et même réalité; […].” (p. 285)Nul ne peut prétendre juger d’une tradition selon les normes d’une autre tradition.Chapitre XLVI. Sur deux devises initiatiquesIl existe dans les hauts grades de la Maçonnerie écossaise deux devises:ê Post Tenebras Lux;ê Ordo ab Chao.Les ténébres représentent dans le symbolisme traditionnel l’état des potentialités non développées qui constituent le „chaos”.Par l’initiation l’être passe des ténébres à la lumière, comme le monde y est passé par l’acte du Verbe créateur et ordonnateur.Chapitre XLVII. «Verbum, lux et vita»Dans la tradition hindoue la luminosité (taijasa) caractérise l’état subtil. Elle affirme aussi la primordialité du son (shabda) parmi les qualités sensibles, comme correspondant à l’éther (âkâsha) parmi les éléments.Chapitre XLVIII. La naissance de l’AvatâraLa seconde naissance marque la naissance d’un principe spirituel au centre de l’individualité humaine. C’est principe existe à vrai dire dans le cœur de tout homme, mais à l’état latent.Dans le cœur de chacun se trouve un „germe” spirituel, désigné dans la tradition hindoue comme Hiranyagarbha – ce germe est par rapport au monde l’Avatâra primordial.L’initiation, en tant que „seconde naissance”, n’est pas autre chose que l’actualisation du principe de manifestation universelle nommé Avatâra éternel.

Projet René Guénon: René Guénon, Aperçus sur l’initiation (note de lectura)

Posted in Philosophie | Leave a Comment »

Pistis Sophia

Posted by + Eric de Troyes + sur juillet 17, 2007

Découverte et diffusion [modifier]La « Pistis Sophia » (la « Fidèle Sagesse » , ou Foi de la Sagesse) est un compte rendu allégorique de la conception du monde des gnostiques, que l’on attribua à tort (en référence à un texte de Tertullien), à Valentin lui-même.Le manuscrit de 348 pages, de format in-4°, écrit sur deux colonnes et copié au VII ou VIIIe siècle était dans la collection du Docteur Askew.Acheté dans les années 1760, le manuscrit demeura pratiquement dans l’ombre au British Museum jusqu’à ce qu’en 1851, il soit traduit en latin et en grec.Une traduction française fut publiée dans le premier volume du « Dictionnaire des Apocryphes » (tome 23 de l’Encyclopédie Théologique) de Migne, en 1856En 1896, les lecteurs britanniques eurent accès à une traduction de G.R.S. Mead, auteur prolifique qui devint le grand vulgarisateur contemporain des hérésies oubliées. Les publications de Mead comprennent les onze volumes « Echos de la Gnose »(1906-1908), une édition haustive de tous les écrits gnostiques alors connus, tandis que  » The Gnostic John the Baptiser (Jean-Baptiste le gnostique) », était la traduction des psaumes de la secte Mandéenne. Mead faisait consciemment connaître ces textes comme des évangiles cachés : il décrivait la Pistis Sophia comme un évangile gnostique, et le texte fut couramment reconnu comme « une sorte d’évangile issu de quelque secte gnostique des origines ».Particularités [modifier]La Pistis Sophia fut le commencement de la redécouverte moderne des évangiles gnostiques. Du fait de son élaboration si précise, l’œuvre présente une introduction complète au gnosticisme, y compris bien des aspects qui ont constitué les plus grands pôles d’intérêts dans les textes de Nag Hammadi.La Pistis Sophia prétend faire un compte rendu des échanges que Jésus eut avec ses disciples durant les douze années qui suivirent la Résurrection.Les disciples et les saintes femmes paraissent tour à tour en scène, et proposent des questions à Jésus qui y répond selon les données gnostiques. Ces questions touchent à la cosmogonie, la théorie des émanations, la nature et la hiérarchie des esprits, l’origine du mal. Les réponses diffèrent radicalement de celles des textes canoniques, que ce soit par la description des puissances spirituelles qui dirigent l’univers, la croyance à la réincarnation, ou l’utilisation fréquente de formules magiques et d’invocations. De nombreuses sections y traitent des étapes au cours desquelles Jésus libère la figure surnaturelle (et féminine) de Sophia, la Sagesse céleste, de ses liens avec l’erreur et le monde matériel; elle est progressivement réintégrée au ciel dans son statut divin d’antan.Les évènements décrits se déroulent sur un plan symbolique, mythique et psychologique, ce qui est typique des textes gnostiques, en nette opposition avec l’attachement de l’orthodoxie chrétienne à la réalité historique.D’une façon très similaire aux textes de Nag Hammadi un siècle plus tard, la Pistis Sophia déclencha une grande vague d’intérêt, en particulier dans les milieux ésotériques.

Pistis Sophia – Wikipédia

Tags technorati :, , ,

Posted in Gnose | Leave a Comment »

Les écrits gnostiques

Posted by + Eric de Troyes + sur juillet 17, 2007

La mort est vaincue. L’histoire du monde va en être bouleversée. Un homme, un dieu, s’est relevé du tombeau. C’est par cette extraordinaire proclamation qu’est née l’Eglise chrétienne.D’autres religions de part le monde célèbrent les cycles de naissance et de mort, et le christianisme emprunte une voie nouvelle en affirmant qu’un mort est revenu à la vie.Bien sûr, cinq siècles auparavant, les disciples de Socrate prétendaient que l’âme de ce dernier est immortelle. Mais ce que disaient les chrétiens était totalement différent, non seulement ils pensaient que l’âme était immortelle, mais Jésus par sa « résurrection » prouvait que le corps l’était également d’une certaine manière.Pour les premiers chrétiens, qui en fait à l’origine étaient des juifs et des païens convertis, c’était un signe de la fin du monde, la fin des temps. Et ils n’avaient pas tout à fait tort, c’était effectivement la fin de leur monde, leur monde qui s’épuisait en vaines luttes contre le puissant Empire romain.Il y eut cependant des groupes de chrétiens qui n’adhéraient pas du tout à l’évènement qu’un homme nommé Jésus soit revenu à la vie. Ces groupes, sans nier la résurrection, en rejetait l’interprétation littérale. Les chrétiens gnostiques, puisqu’il s’agit d’eux, interprétaient la résurrection de façons diverses. Certains affirmaient que ceux qui avaient étés témoins de cette résurrection n’avaient pas eu affaire à Jésus revenu physiquement à la vie, mais plutôt qu’ils avaient rencontré spirituellement le Christ. Et c’est à partir de ce genre d’affirmation que vont s’élaborer de multiples théologies qui d’abord serviront de prétexte à des affrontements tout d’abord oraux pour se terminer dans des affrontements physiques et par l’élimination des plus faibles à qui on donnera le titre de « hérétiques ».C’est du moins ce qu’affirma Tertullien (Quitus Septimus Tertullianus, 160 – 230, théologien, Père de l’Eglise à qui on doit le terme de Trinité) qui déclara que quiconque nie la résurrection de la chair n’est pas chrétien. Cependant, il faut bien, il faut bien constater que certains récits laissent songeur ; déjà l’histoire Thomas qui a des doutes et exprime le désir de « voir » et de »toucher » Jésus, qui lui dit d’ailleurs, « ne sois pas méfiant, mais fidèle ».Ensuite, dans l’Evangile de Jean, nous trouvons cette phrase sibylline au § 16, chap. 12 : » Après cela, (la résurrection) il se manifesta sous un autre aspect » Et dans Luc § 24, chap. 15-16 : »Or, comme ils parlaient ensemble (les Apôtres), Jésus lui-même les rejoignit, mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître ».Les Eglises orthodoxes, l’Eglise catholique et certaines Eglises protestantes affirment que Pierre a été le premier témoin de la résurrection et par conséquent le chef légitime de l’Eglise (Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise), mais les évangiles de Marc et de Jean prétendent que c’est Marie Madeleine et non Pierre qui fut le premier témoin de la résurrection.En décembre 1945, un paysan de Haute- Egypte découvrit près de la ville de Nag Hammadi, sur le Djebel el Tarif, une montagne truffée de grottes et cavernes, des jarres où était entassé des manuscrits. Après de multiples péripéties dignes d’un roman d’espionnage, ces manuscrits ont pu être récupérés tout d’abord en Amérique, et un savant, expert en religion, le professeur Gilles Quispel, d’Utrecht incita la fondation Jung de Zurich à acheter certains de ces manuscrits.Et c’est dans un de ces codex que l’on peut lire : « Voici les paroles secrètes que Jésus le Vivant a dites et qu’à écrite Jude Thomas ». C’était les premières lignes d’un Evangile selon Thomas. Et c’est dans cet Evangile que l’on trouve des choses assez énigmatiques comme : » Si vous faites valoir ce qui est en vous, ce que vous ferez valoir vous sauvera…Si vous ne faites pas valoir ce qui est en vous, ce que vous ne faites pas valoir sera votre ruine…Comprenne qui pourra..Dans un autre volume, on trouve l’Evangile selon Philippe qui attribue à Jésus des paroles qui ne devait pas plaire aux premiers Pères de l’Eglise : « La compagne du Sauveur est Marie Madeleine, mais le Christ l’aimai plus que tous les autres disciples, et souvent il l’embrassait sur la bouche. Le reste des disciples s’en offensait et ils lui dirent : »Pourquoi l’aimes-tu, elle, plus que nous tous ? « . Le sauveur leur répondit en disant : » Pourquoi ne vous aimé-je pas comme elle je l’aime ? « . Et également : « Ceux qui disent qu’ils mourront d’abord, puis se relèverons sont dans l’erreur, ils doivent accueillir la résurrection tant qu’ils sont vivants ».Un autre évangile, celui de Marie, également découvert à Nag Hammadi, interprète les apparitions de la résurrection comme des visions reçues en rêve ou en état d’extase. D’ailleurs dans cet évangile, il est dit que c’est Marie Madeleine qui fut la première à voir le Chris ressuscité.Dans un autre traité, attribué à un « Maître Gnostique » qui s’adresse à un de ses disciples nommé Rhéginos : « N’allez pas croire que la résurrection est une apparition, mais c’est une révélation, un instant d’illumination. Quiconque comprend ceci, naît à une vie spirituelle ».Les Gnostiques prônaient que quiconque accueille l’Esprit entre en communication directe avec le divin.Une tradition secrète certainement d’origine gnostique révèle « que les chrétiens adorent naïvement comme créateur, Dieu et Père qui en réalité n’est qu’une image du vrai Dieu ». Selon Valentin, ce que Clément et Ignace (Pères de l’Eglise) attribuent faussement à Dieu ne s’applique en fait qu’au Créateur. Or Créateur signifie en grec « démurgios » ce qui sous entend que c’est un être divin « inférieur » qui sert aux puissances supérieures. Et ce n’est pas Dieu, mais le démiurge qui règne, dicte sa loi et punit ceux qui la violent. En bref, c’est le dieu de l’Ancien Testament.Il est intéressant de se pencher et d’étudier les différents écrits gnostiques que l’on a retrouvé et qui sont connus comme les Manuscrites de la mer morte. Ces écrits gnostiques ne sont pas sans valeurs pour les étudiants et cherchants en Kabbale. Ils donnent un autre éclairage sur l’Ancien et sur le Nouveau Testament et sont l’affirmation que toute notre connaissance ne provient pas d’un seul et même enseignement, mais sont la conséquence d’Enseignements multiples issus de différentes écoles à caractères initiatiques dont les transmissions à travers différentes écoles, traversant les siècles nous son parvenus et sont encore enseignés dans certains cénacles spiritualistes.

Les écrits gnostiques – Ainsofaur

Tags technorati :, , ,

Posted in Gnose | Leave a Comment »

Nag Hammadiles écrits gnostiques

Posted by + Eric de Troyes + sur juillet 17, 2007

 Bibliothèque de Nag Hammadi
En décembre 1945 fut déterré accidentellement un ensemble de 52 textes religieux et philosophiques caché il y a 1600 ans dans une jarre. Un groupe de paysans découvrit en effet non loin du village de Nag Hammadi en Haute Égypte une véritable bibliothèque, en langue copte, celle là même que parlaient les chrétiens égyptiens, et allant faire l’effet d’une bombe dans les milieux historiques et théologiques.Parmi ce corpus de 1200 pages, actuellement conservé au Musée copte du Caire, un écrit a particulièrement défrayé la chronique, L’évangile selon Thomas, originellement titré « Paroles cachées de Jésus écrites par Thomas ».55 ans après cette miraculeuse découverte, la polémique est toujours très vive et l’étude des textes un grand sujet de controverse. Beaucoup d’encre a coulé : des interprétations à tendance rosicrucienne jusqu’à l’accusation d’omerta religieuse, les scientifiques continuent aujourd’hui à s’interroger sur l’impact exact que constitue une telle découverte.La découverte de la bibliothèque fut localisée au Nord Ouest de Louxor, entre Dendérah et Panopolis. Le corpus y avait été soigneusement placé dans une tombe du cimetière pacômien au pied de la falaise du Djebel el Tarif. Initiation à la Gnose et à la tradition chrétienne, à la lumière des textes de Nag HammadiLe contenu des manuscrits de Nag Hammadi L’ensemble des livres se compose de textes religieux et hermétiques, d’ouvrages de sentences morales, d’écrits apocryphes et plus curieusement encore d’une ré-écriture de la République de Platon.Outre l’intérêt des manuscrits pour l’histoire du livre (ils sont les plus anciens connus à ce jour) et la paléographie copte, ils représentent un témoignage capitale pour l’histoire de la philosophie et du christianisme primitif. Leur analyse est néanmoins très difficile puisque nous ne connaissons ni leurs auteurs, ni les circonstances, ni les lieux de leur rédaction. En revanche, on peut aujourd’hui les considérer comme décisif pour la recherche sur le gnosticisme des premiers temps.Les écrits gnostiques de Nag Hammadi Les textes religieux, dit « gnostiques », proposent des interprétations et des rituels chrétiens différents de ceux officialisés en 325 et qui avaient été immédiatement rejetés comme hérétiques. C’est pourquoi ils furent rassemblés, protégés et cachés par les communautés dites « déviantes ». La gnose signifie la connaissance. Les gnostiques avaient une toute autre relation aux textes sacrés que les chrétiens en ce sens qu’ils ne s’attachaient aucunement à leur historicité mais à leur sens ésotérique. Les gnostiques envisagent donc les choses divines comme une connaissance intérieure et secrète, transmise par la tradition et par l’initiation.La bibliothèque de Nag Hammadi offre de nombreux témoignages de ces courants gnostiques prétendant contenir un enseignement secret tout en s’inspirant parfois de l’Ancien Testament. Nag Hammadi et l’Hermétisme Parmi le corpus de la bibliothèque se trouvent des livres dits « hermétiques » s’inscrivant dans la tradition du Corpus Herméticum.Le codex VI est en effet composé d’un traité de titre inconnu et surnommé L’Ogdoade et L’Ennéade, d’une prière d’action de grâce et d’un long fragment du Discours Parfait. Ces deux derniers textes sont en partie repris dans l’Asclépius tandis que le premier est tout à fait inédit.Ces écrits peuvent être mis à part tant ils s’éloignent des théories gnostiques largement diffusées dans le reste de la bibliothèque. Mais leur intérêt réside surtout dans leur inspiration égyptienne très marquée en comparaison des textes grecs et latins connus à ce jour. Ils ne rejettent d’ailleurs aucunement la religion égyptienne mais propose de la « spiritualiser ». Plus qu’un système religieux à la manière chrétienne, l’hermétisme est une « voie ». Complémentaires et suffisants, ils exposent à eux trois l’ensemble de la doctrine hermétique, le chemin initiatique devant conduire à « l’illumination divine ». Il s’agit d’une des différences fondamentales entre chrétiens et gnostiques ou hermétiques. Si le christianisme se repose sur la vérité historique, les courants gnostiques, hermétisme compris, accordent une place primordiale au symbolisme, voire à l’allégorie.Un exemplaire des codices découverts en 1945 au pied de la montagne du Gebel el Tarif : la plupart de ces codices étaient protégés par un étui de cuir tel que celui-ci. Histoire d’une grande découverte Le parcours précis des livres de Nag Hammadi est une extraordinaire aventure qui ne fut connue que 30 ans après leur découverte, quand son auteur, Mohammed Ali Samman, accepta de raconter son histoire. Elle fut recueillie par les savants conscients de l’importance des circonstances qui entouraient la mise à jour des manuscrits. Parti à la recherche d’engrais naturel, le sabakh, dans la montagne proche de son village, Mohammed Ali Samman déterra accidentellement une jarre de terre rouge, haute d’un mètre. Hésitant avant de la briser – celle-ci aurait pu être le logement d’un esprit malin – l’appât du gain et la curiosité l’emporta finalement. Mais à la place de l’or tant espéré, il n’y découvrit qu’une douzaine de livres reliés dans des étuis de cuir brun qu’il rapporta chez lui à Al Quasr.Inconscient de leur valeur inestimable, il les jeta sur le tas de paille destiné à alimenter le four du foyer. Sa mère, Umm-Ahmad, en fit d’ailleurs usage pour entretenir le feu. Selon son témoignage, Mohammed Ali Samman était alors mêlé à une histoire de vendetta à la suite du meurtre de son père. Décidés à le venger, ses frères et lui assassinèrent quelques semaines plus tard Ahmed Ismail, le coupable, de passage dans la région.Craignant les représailles de la police, il confia le « trésor » au religieux Al- Qummus Basiliyus Abd el Masih qui, frappé par leur originalité, envoya un exemplaire des manuscrits à l’historien égyptien Raghib. Ce dernier, présumant déjà de leur grande valeur, les fit parvenir au Caire.Rapidement vendus au marché noir, les livres attirèrent l’attention du gouvernement égyptien qui en fit l’acquisition, freinant ainsi leur éparpillement et leur fuite hors des frontières égyptiennes. Déposés au Musée Copte du Caire, il faudra encore attendre quelques années avant que ces livres soient portés à la connaissance des scientifiques.Un des codices, surnommé aujourd’hui le codex Jung, échappa à l’autorité égyptienne et fut vendu aux Etats-Unis à des collectionneurs privés. Un historien néerlandais, Gilles Quispel, entendit parler de ces mystérieux manuscrits et décida de les acheter par l’intermédiaire de la Fondation Jung de Zurich. Après examen de ce codex isolé, l’historien constate que quelques pages sont manquantes et s’envole pour l’Egypte afin de les rassembler. Il se rend au Musée Copte dès le printemps 1955 afin d’emprunter les photographies des textes. C’est à ce moment qu’il s’aperçoit de la valeur réelle des pages qu’il tenait entre ses mains. Et il ne s’agissait là que de l’un des 52 manuscrits découverts dix ans plus tôt à Nag Hammadi!Dans sa déclaration, Mohammed Ali Samman admet que certaines pages ont été perdues, brûlées ou jetées. Malgré tout, il avait mis la main sur un fabuleux trésor : des traductions coptes datant du IIe siècle de notre ère de textes religieux et philosophiques encore plus anciens, initialement rédigés en langue grecque, et dont quelques fragments avaient été mis à jour par des archéologues cinquante ans auparavant !L ’ i n t i n é r a i r e f a b u l e u x d e s m a n u s c r i t sLa première partie des manuscrits fut confiée au religieux Al-Qummus Basiliyus Abd el Masih. Envoyé à l’historien Raghib, cet ensemble devient la propriété du Musée copte du Caire où il est étudié par l’égyptologue français Jean Doresse. De cet examen, mettant en avant la richesse d’une telle découverte, est née la nécessité de retrouver et de réunir la totalité de la collection. La deuxième partie de la bibliothèque passe entre les mains d’un hors-la-loi, Bahij Ali, du village de Samman. Vendue à Phocion Tano, un antiquaire du Caire, le gouvernement égyptien tente de la racheter. L’antiquaire affirme qu’ils sont dorénavant la possession d’une collectionneuse italienne, Mademoiselle Dattari, habitant la capitale égyptienne. Lorsqu’en 1952, les manuscrits sont déclarés bien national par le ministère de l’Education Public, la collection Dattari devient la propriété du Musée Copte du Caire.La dernière partie des manuscrits, aussi vendue au marché noir, est achetée par l’antiquaire Albert Eid. Celui-ci, refusant de remettre le codex 1 aux autorités de son pays, le fait passer en fraude hors des frontières l’Egypte. Resté invendu aux Etats-Unis, il le dépose dans un coffre fort en Belgique. A son décès, sa femme poursuit la vente illicite du livre. C’est alors qu’il est remarqué par le professeur Gilles Quispel qui en fait l’acquisition par l’intermédiaire de la fondation Jung de Zurich afin d’être offert comme cadeau d’anniversaire au psychanalyste Carl-Gustav Jung.L a d é c o u v e r t e d e N a g H a m m a d iEn décembre 1945, près de la ville de Nag Hammadi, des paysans égyptiens déterraient fortuitement une jarre contenant treize codices de papyrus, des volumes reliés à plat comme nos livres et recouverts de cuir. Ils venaient de faire l’une des plus formidables découvertes de manuscrits anciens du XXe siècle. Dans un état de conservation variable, les 1156 pages inscrites renferment 54 oeuvres différentes, la plupart inconnues par ailleurs, dont le fameux Évangile selon Thomas, un recueil de paroles de Jésus. Il s’agit de textes religieux, généralement décrits comme gnostiques. D’abord rédigés en grec, vraisemblablement au cours du IIe siècle, ces textes ont ensuite été traduits en copte, la langue de l’Égypte de cette époque, puis copiés vers le milieu du IVe siècle dans des codices qui ont par la suite été enfouis dans une jarre, probablement au début du Ve siècle.Cette découverte est d’un intérêt inestimable, que ce soit pour l’histoire du livre, dont les codices de Nag Hammadi constituent les plus anciens spécimens, pour l’histoire de la langue et de la paléographie coptes, ou pour celle de la philosophie et du christianisme naissant.Ces textes ressuscitent en effet pour nous des formes du christianisme primitif que la tradition postérieure a combattues et s’est efforcée de faire disparaître, mais qui jouèrent néanmoins un rôle essentiel dans sa formation. Leur édition, leur traduction dans des langues modernes et leur étude, qui en est encore à ses débuts, ouvrent donc une fenêtre nouvelle sur la période du IIe siècle, si importante dans la formation du christianisme. Toutefois, l’interprétation de ces textes nouveaux est particulièrement difficile. On ignore en effet l’identité de leurs auteurs, les lieux, dates et circonstances de leur rédaction en grec, de leur transmission, de leur traduction en copte, de leur copie dans les codices mis au jour en 1945. De laborieuses recherches permettent néanmoins de les situer dans leur contexte et d’en tirer de nombreux renseignements qui éclairent l’histoire des premiers siècles chrétiens sous un jour nouveau. Ainsi, pour ne donner qu’un seul exemple, l’Évangile selon Thomas est devenu une pièce maîtresse de la recherche sur le personnage historique de Jésus de Nazareth et sur les origines du christianisme.En 1952, 12 codices et demi se trouvent réunis au Musée Copte du Caire et une grande partie du 13e placée dans un coffre à Zurich. Mais selon le témoignage de Samman, des pages ont été perdues, brûlées ou jetées. Par ailleurs, on ne sait pas si la bibliothèque retrouvée en 1945, est aujourd’hui complète et si aucun livre supplémentaire ne se promènerait pas encore dans la nature.Table des Matière de la Bibliothèque de Nag HammadiLa bibliothèque se compose de 13 livres, appelés codex d’après le nom scientifique donné à tout assemblage de feuilles pliées en deux et cousues ensemble. Ces livres représentent les spécimens les plus anciens que nous possédons aujourd’hui.Codex I (Codex Jung) pages1. Prière de l’apôtre Paul A-B2. L’Épître apocryphe (ou livre secret) de Jacques 1-163. L’Évangile de Vérité 16-434. Le Traité sur la Résurrection 43-505. Le Traité Tripartite 51-138Codex II1. L’Apocryphon (ou livre secret) de Jean 1-322. L’Évangile selon Thomas 32-513. L’Évangile selon Philippe 51-864. L’Hypostase des archontes 86-975. Écrit sans titre : traité sur l’origine du monde 97-127ou Symphonia de l’hérésie 40 du Panarion d’Épiphane6. L’Exégèse de l’âme 127-1377. Le Livre de Thomas [l’Athlète] 138-145Colophon 145Codex III1. L’Apocryphon (ou livre secret) de Jean 1-402. L’Évangile égyptien (ou des Égyptiens) 40-69ou le Livre sacré du grand esprit invisible3. Eugnoste le Bienheureux 70-904. La Sagesse (ou Sophia) de Jésus-Christ 90-1195. Le Dialogue du Sauveur 120-147Codex IV1. L’Apocryphon (ou livre secret) de Jean 1-492. L’Évangile égyptien (ou des Égyptiens) 50-81ou le Livre sacré du grand esprit invisibleCodex V3. Eugnoste le Bienheureux 1-174. L’Apocalypse de Paul 17-245. Apocalypse de Jacques 24-446. Apocalypse de Jacques 44-637. L’Apocalypse d’Adam 64-85Codex VI1. Les Actes de Pierre et des douze Apôtres 1-122. Le Tonnerre, Intellect Parfait – la Brontè 13-213. Authentikos Logos 22-354. Le Concept de notre Grande Puissance 36-48ou Aisthesis Dianoia Noèma5. Fragment de la République de Platon, 588b-589b 48-516. [Discours sur] l’Ogdoade et l’Ennéade 52-637. La Prière d’action de grâce 63-658. Fragment du Discours Parfait (ou de l’Asclépius) 65-78Codex VII1. La Paraphrase de Sem (ou Séem) 1-492. Le Second Traité du grand Seth 49-703. L’Apocalypse de Pierre 70-844. Les Enseignements de Silouanos 84-1185. Les Trois Stèles de Seth 118-127Colophon 127Codex VIII1. Zostrianos – Zostrien 1-1322. La Lettre de Pierre à Philippe 132-140Codex IX1. Melchisédek 1-272. La Pensée de Noréa 27-293. Le Témoignage Véritable (ou de la Vérité) 29-74Codex X1. Marsanès 1-68Codex XI1. L’Interprétation de la Gnose (ou Connaissance) 1-212. Exposé[s] valentinien[s] 22-443. [Révélations reçues par] l’Allogène 49-694. Hypsiphronè 69-72Codex XII1. Les Sentences de Sextus 15*-34*2. L’Évangile de Vérité (fragment central) 53*-60*3. Fragments [non identifiés]Codex XIII1. La Protennoia Trimorphe 35*-50*2. Écrit sans titre (fragment du 5e traité du Codex II) 50*Berolinensis Gnosticus 8502Codex conservé à Berlin qui contient deux traités dont on trouve des parallèlesdans la collection de Nag Hammadi. Début du Ve siècle.1. L’Évangile selon Marie 7-192. L’Apocryphon de Jean 19-773. La Sagesse de Jésus-Christ 77-1274. L’Acte de Pierre 128-141

2430_recherches

Tags technorati :, , ,

Posted in Gnose | Leave a Comment »

 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.