EGGREGORIA TEMPLI A la recherche du Graal

” Connais toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux ! “

Archive de 17 juillet 2007

Pistis Sophia

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 17, 2007

Découverte et diffusion [modifier]La “Pistis Sophia” (la “Fidèle Sagesse” , ou Foi de la Sagesse) est un compte rendu allégorique de la conception du monde des gnostiques, que l’on attribua à tort (en référence à un texte de Tertullien), à Valentin lui-même.Le manuscrit de 348 pages, de format in-4°, écrit sur deux colonnes et copié au VII ou VIIIe siècle était dans la collection du Docteur Askew.Acheté dans les années 1760, le manuscrit demeura pratiquement dans l’ombre au British Museum jusqu’à ce qu’en 1851, il soit traduit en latin et en grec.Une traduction française fut publiée dans le premier volume du “Dictionnaire des Apocryphes” (tome 23 de l’Encyclopédie Théologique) de Migne, en 1856En 1896, les lecteurs britanniques eurent accès à une traduction de G.R.S. Mead, auteur prolifique qui devint le grand vulgarisateur contemporain des hérésies oubliées. Les publications de Mead comprennent les onze volumes “Echos de la Gnose”(1906-1908), une édition haustive de tous les écrits gnostiques alors connus, tandis que ” The Gnostic John the Baptiser (Jean-Baptiste le gnostique)”, était la traduction des psaumes de la secte Mandéenne. Mead faisait consciemment connaître ces textes comme des évangiles cachés : il décrivait la Pistis Sophia comme un évangile gnostique, et le texte fut couramment reconnu comme “une sorte d’évangile issu de quelque secte gnostique des origines”.Particularités [modifier]La Pistis Sophia fut le commencement de la redécouverte moderne des évangiles gnostiques. Du fait de son élaboration si précise, l’œuvre présente une introduction complète au gnosticisme, y compris bien des aspects qui ont constitué les plus grands pôles d’intérêts dans les textes de Nag Hammadi.La Pistis Sophia prétend faire un compte rendu des échanges que Jésus eut avec ses disciples durant les douze années qui suivirent la Résurrection.Les disciples et les saintes femmes paraissent tour à tour en scène, et proposent des questions à Jésus qui y répond selon les données gnostiques. Ces questions touchent à la cosmogonie, la théorie des émanations, la nature et la hiérarchie des esprits, l’origine du mal. Les réponses diffèrent radicalement de celles des textes canoniques, que ce soit par la description des puissances spirituelles qui dirigent l’univers, la croyance à la réincarnation, ou l’utilisation fréquente de formules magiques et d’invocations. De nombreuses sections y traitent des étapes au cours desquelles Jésus libère la figure surnaturelle (et féminine) de Sophia, la Sagesse céleste, de ses liens avec l’erreur et le monde matériel; elle est progressivement réintégrée au ciel dans son statut divin d’antan.Les évènements décrits se déroulent sur un plan symbolique, mythique et psychologique, ce qui est typique des textes gnostiques, en nette opposition avec l’attachement de l’orthodoxie chrétienne à la réalité historique.D’une façon très similaire aux textes de Nag Hammadi un siècle plus tard, la Pistis Sophia déclencha une grande vague d’intérêt, en particulier dans les milieux ésotériques.

Pistis Sophia – Wikipédia

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Les écrits gnostiques

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 17, 2007

La mort est vaincue. L’histoire du monde va en être bouleversée. Un homme, un dieu, s’est relevé du tombeau. C’est par cette extraordinaire proclamation qu’est née l’Eglise chrétienne.D’autres religions de part le monde célèbrent les cycles de naissance et de mort, et le christianisme emprunte une voie nouvelle en affirmant qu’un mort est revenu à la vie.Bien sûr, cinq siècles auparavant, les disciples de Socrate prétendaient que l’âme de ce dernier est immortelle. Mais ce que disaient les chrétiens était totalement différent, non seulement ils pensaient que l’âme était immortelle, mais Jésus par sa “résurrection” prouvait que le corps l’était également d’une certaine manière.Pour les premiers chrétiens, qui en fait à l’origine étaient des juifs et des païens convertis, c’était un signe de la fin du monde, la fin des temps. Et ils n’avaient pas tout à fait tort, c’était effectivement la fin de leur monde, leur monde qui s’épuisait en vaines luttes contre le puissant Empire romain.Il y eut cependant des groupes de chrétiens qui n’adhéraient pas du tout à l’évènement qu’un homme nommé Jésus soit revenu à la vie. Ces groupes, sans nier la résurrection, en rejetait l’interprétation littérale. Les chrétiens gnostiques, puisqu’il s’agit d’eux, interprétaient la résurrection de façons diverses. Certains affirmaient que ceux qui avaient étés témoins de cette résurrection n’avaient pas eu affaire à Jésus revenu physiquement à la vie, mais plutôt qu’ils avaient rencontré spirituellement le Christ. Et c’est à partir de ce genre d’affirmation que vont s’élaborer de multiples théologies qui d’abord serviront de prétexte à des affrontements tout d’abord oraux pour se terminer dans des affrontements physiques et par l’élimination des plus faibles à qui on donnera le titre de “hérétiques”.C’est du moins ce qu’affirma Tertullien (Quitus Septimus Tertullianus, 160 – 230, théologien, Père de l’Eglise à qui on doit le terme de Trinité) qui déclara que quiconque nie la résurrection de la chair n’est pas chrétien. Cependant, il faut bien, il faut bien constater que certains récits laissent songeur ; déjà l’histoire Thomas qui a des doutes et exprime le désir de “voir” et de”toucher” Jésus, qui lui dit d’ailleurs, « ne sois pas méfiant, mais fidèle ».Ensuite, dans l’Evangile de Jean, nous trouvons cette phrase sibylline au § 16, chap. 12 :” Après cela, (la résurrection) il se manifesta sous un autre aspect” Et dans Luc § 24, chap. 15-16 :”Or, comme ils parlaient ensemble (les Apôtres), Jésus lui-même les rejoignit, mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître”.Les Eglises orthodoxes, l’Eglise catholique et certaines Eglises protestantes affirment que Pierre a été le premier témoin de la résurrection et par conséquent le chef légitime de l’Eglise (Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise), mais les évangiles de Marc et de Jean prétendent que c’est Marie Madeleine et non Pierre qui fut le premier témoin de la résurrection.En décembre 1945, un paysan de Haute- Egypte découvrit près de la ville de Nag Hammadi, sur le Djebel el Tarif, une montagne truffée de grottes et cavernes, des jarres où était entassé des manuscrits. Après de multiples péripéties dignes d’un roman d’espionnage, ces manuscrits ont pu être récupérés tout d’abord en Amérique, et un savant, expert en religion, le professeur Gilles Quispel, d’Utrecht incita la fondation Jung de Zurich à acheter certains de ces manuscrits.Et c’est dans un de ces codex que l’on peut lire : « Voici les paroles secrètes que Jésus le Vivant a dites et qu’à écrite Jude Thomas ». C’était les premières lignes d’un Evangile selon Thomas. Et c’est dans cet Evangile que l’on trouve des choses assez énigmatiques comme :” Si vous faites valoir ce qui est en vous, ce que vous ferez valoir vous sauvera…Si vous ne faites pas valoir ce qui est en vous, ce que vous ne faites pas valoir sera votre ruine…Comprenne qui pourra..Dans un autre volume, on trouve l’Evangile selon Philippe qui attribue à Jésus des paroles qui ne devait pas plaire aux premiers Pères de l’Eglise : « La compagne du Sauveur est Marie Madeleine, mais le Christ l’aimai plus que tous les autres disciples, et souvent il l’embrassait sur la bouche. Le reste des disciples s’en offensait et ils lui dirent :”Pourquoi l’aimes-tu, elle, plus que nous tous ? “. Le sauveur leur répondit en disant :” Pourquoi ne vous aimé-je pas comme elle je l’aime ? “. Et également : « Ceux qui disent qu’ils mourront d’abord, puis se relèverons sont dans l’erreur, ils doivent accueillir la résurrection tant qu’ils sont vivants ».Un autre évangile, celui de Marie, également découvert à Nag Hammadi, interprète les apparitions de la résurrection comme des visions reçues en rêve ou en état d’extase. D’ailleurs dans cet évangile, il est dit que c’est Marie Madeleine qui fut la première à voir le Chris ressuscité.Dans un autre traité, attribué à un “Maître Gnostique” qui s’adresse à un de ses disciples nommé Rhéginos : « N’allez pas croire que la résurrection est une apparition, mais c’est une révélation, un instant d’illumination. Quiconque comprend ceci, naît à une vie spirituelle ».Les Gnostiques prônaient que quiconque accueille l’Esprit entre en communication directe avec le divin.Une tradition secrète certainement d’origine gnostique révèle “que les chrétiens adorent naïvement comme créateur, Dieu et Père qui en réalité n’est qu’une image du vrai Dieu”. Selon Valentin, ce que Clément et Ignace (Pères de l’Eglise) attribuent faussement à Dieu ne s’applique en fait qu’au Créateur. Or Créateur signifie en grec “démurgios” ce qui sous entend que c’est un être divin “inférieur” qui sert aux puissances supérieures. Et ce n’est pas Dieu, mais le démiurge qui règne, dicte sa loi et punit ceux qui la violent. En bref, c’est le dieu de l’Ancien Testament.Il est intéressant de se pencher et d’étudier les différents écrits gnostiques que l’on a retrouvé et qui sont connus comme les Manuscrites de la mer morte. Ces écrits gnostiques ne sont pas sans valeurs pour les étudiants et cherchants en Kabbale. Ils donnent un autre éclairage sur l’Ancien et sur le Nouveau Testament et sont l’affirmation que toute notre connaissance ne provient pas d’un seul et même enseignement, mais sont la conséquence d’Enseignements multiples issus de différentes écoles à caractères initiatiques dont les transmissions à travers différentes écoles, traversant les siècles nous son parvenus et sont encore enseignés dans certains cénacles spiritualistes.

Les écrits gnostiques – Ainsofaur

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Nag Hammadiles écrits gnostiques

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 17, 2007

 Bibliothèque de Nag Hammadi
En décembre 1945 fut déterré accidentellement un ensemble de 52 textes religieux et philosophiques caché il y a 1600 ans dans une jarre. Un groupe de paysans découvrit en effet non loin du village de Nag Hammadi en Haute Égypte une véritable bibliothèque, en langue copte, celle là même que parlaient les chrétiens égyptiens, et allant faire l’effet d’une bombe dans les milieux historiques et théologiques.Parmi ce corpus de 1200 pages, actuellement conservé au Musée copte du Caire, un écrit a particulièrement défrayé la chronique, L’évangile selon Thomas, originellement titré « Paroles cachées de Jésus écrites par Thomas ».55 ans après cette miraculeuse découverte, la polémique est toujours très vive et l’étude des textes un grand sujet de controverse. Beaucoup d’encre a coulé : des interprétations à tendance rosicrucienne jusqu’à l’accusation d’omerta religieuse, les scientifiques continuent aujourd’hui à s’interroger sur l’impact exact que constitue une telle découverte.La découverte de la bibliothèque fut localisée au Nord Ouest de Louxor, entre Dendérah et Panopolis. Le corpus y avait été soigneusement placé dans une tombe du cimetière pacômien au pied de la falaise du Djebel el Tarif. Initiation à la Gnose et à la tradition chrétienne, à la lumière des textes de Nag HammadiLe contenu des manuscrits de Nag Hammadi L’ensemble des livres se compose de textes religieux et hermétiques, d’ouvrages de sentences morales, d’écrits apocryphes et plus curieusement encore d’une ré-écriture de la République de Platon.Outre l’intérêt des manuscrits pour l’histoire du livre (ils sont les plus anciens connus à ce jour) et la paléographie copte, ils représentent un témoignage capitale pour l’histoire de la philosophie et du christianisme primitif. Leur analyse est néanmoins très difficile puisque nous ne connaissons ni leurs auteurs, ni les circonstances, ni les lieux de leur rédaction. En revanche, on peut aujourd’hui les considérer comme décisif pour la recherche sur le gnosticisme des premiers temps.Les écrits gnostiques de Nag Hammadi Les textes religieux, dit “gnostiques”, proposent des interprétations et des rituels chrétiens différents de ceux officialisés en 325 et qui avaient été immédiatement rejetés comme hérétiques. C’est pourquoi ils furent rassemblés, protégés et cachés par les communautés dites “déviantes”. La gnose signifie la connaissance. Les gnostiques avaient une toute autre relation aux textes sacrés que les chrétiens en ce sens qu’ils ne s’attachaient aucunement à leur historicité mais à leur sens ésotérique. Les gnostiques envisagent donc les choses divines comme une connaissance intérieure et secrète, transmise par la tradition et par l’initiation.La bibliothèque de Nag Hammadi offre de nombreux témoignages de ces courants gnostiques prétendant contenir un enseignement secret tout en s’inspirant parfois de l’Ancien Testament. Nag Hammadi et l’Hermétisme Parmi le corpus de la bibliothèque se trouvent des livres dits “hermétiques” s’inscrivant dans la tradition du Corpus Herméticum.Le codex VI est en effet composé d’un traité de titre inconnu et surnommé L’Ogdoade et L’Ennéade, d’une prière d’action de grâce et d’un long fragment du Discours Parfait. Ces deux derniers textes sont en partie repris dans l’Asclépius tandis que le premier est tout à fait inédit.Ces écrits peuvent être mis à part tant ils s’éloignent des théories gnostiques largement diffusées dans le reste de la bibliothèque. Mais leur intérêt réside surtout dans leur inspiration égyptienne très marquée en comparaison des textes grecs et latins connus à ce jour. Ils ne rejettent d’ailleurs aucunement la religion égyptienne mais propose de la “spiritualiser”. Plus qu’un système religieux à la manière chrétienne, l’hermétisme est une “voie”. Complémentaires et suffisants, ils exposent à eux trois l’ensemble de la doctrine hermétique, le chemin initiatique devant conduire à “l’illumination divine”. Il s’agit d’une des différences fondamentales entre chrétiens et gnostiques ou hermétiques. Si le christianisme se repose sur la vérité historique, les courants gnostiques, hermétisme compris, accordent une place primordiale au symbolisme, voire à l’allégorie.Un exemplaire des codices découverts en 1945 au pied de la montagne du Gebel el Tarif : la plupart de ces codices étaient protégés par un étui de cuir tel que celui-ci. Histoire d’une grande découverte Le parcours précis des livres de Nag Hammadi est une extraordinaire aventure qui ne fut connue que 30 ans après leur découverte, quand son auteur, Mohammed Ali Samman, accepta de raconter son histoire. Elle fut recueillie par les savants conscients de l’importance des circonstances qui entouraient la mise à jour des manuscrits. Parti à la recherche d’engrais naturel, le sabakh, dans la montagne proche de son village, Mohammed Ali Samman déterra accidentellement une jarre de terre rouge, haute d’un mètre. Hésitant avant de la briser – celle-ci aurait pu être le logement d’un esprit malin – l’appât du gain et la curiosité l’emporta finalement. Mais à la place de l’or tant espéré, il n’y découvrit qu’une douzaine de livres reliés dans des étuis de cuir brun qu’il rapporta chez lui à Al Quasr.Inconscient de leur valeur inestimable, il les jeta sur le tas de paille destiné à alimenter le four du foyer. Sa mère, Umm-Ahmad, en fit d’ailleurs usage pour entretenir le feu. Selon son témoignage, Mohammed Ali Samman était alors mêlé à une histoire de vendetta à la suite du meurtre de son père. Décidés à le venger, ses frères et lui assassinèrent quelques semaines plus tard Ahmed Ismail, le coupable, de passage dans la région.Craignant les représailles de la police, il confia le “trésor” au religieux Al- Qummus Basiliyus Abd el Masih qui, frappé par leur originalité, envoya un exemplaire des manuscrits à l’historien égyptien Raghib. Ce dernier, présumant déjà de leur grande valeur, les fit parvenir au Caire.Rapidement vendus au marché noir, les livres attirèrent l’attention du gouvernement égyptien qui en fit l’acquisition, freinant ainsi leur éparpillement et leur fuite hors des frontières égyptiennes. Déposés au Musée Copte du Caire, il faudra encore attendre quelques années avant que ces livres soient portés à la connaissance des scientifiques.Un des codices, surnommé aujourd’hui le codex Jung, échappa à l’autorité égyptienne et fut vendu aux Etats-Unis à des collectionneurs privés. Un historien néerlandais, Gilles Quispel, entendit parler de ces mystérieux manuscrits et décida de les acheter par l’intermédiaire de la Fondation Jung de Zurich. Après examen de ce codex isolé, l’historien constate que quelques pages sont manquantes et s’envole pour l’Egypte afin de les rassembler. Il se rend au Musée Copte dès le printemps 1955 afin d’emprunter les photographies des textes. C’est à ce moment qu’il s’aperçoit de la valeur réelle des pages qu’il tenait entre ses mains. Et il ne s’agissait là que de l’un des 52 manuscrits découverts dix ans plus tôt à Nag Hammadi!Dans sa déclaration, Mohammed Ali Samman admet que certaines pages ont été perdues, brûlées ou jetées. Malgré tout, il avait mis la main sur un fabuleux trésor : des traductions coptes datant du IIe siècle de notre ère de textes religieux et philosophiques encore plus anciens, initialement rédigés en langue grecque, et dont quelques fragments avaient été mis à jour par des archéologues cinquante ans auparavant !L ’ i n t i n é r a i r e f a b u l e u x d e s m a n u s c r i t sLa première partie des manuscrits fut confiée au religieux Al-Qummus Basiliyus Abd el Masih. Envoyé à l’historien Raghib, cet ensemble devient la propriété du Musée copte du Caire où il est étudié par l’égyptologue français Jean Doresse. De cet examen, mettant en avant la richesse d’une telle découverte, est née la nécessité de retrouver et de réunir la totalité de la collection. La deuxième partie de la bibliothèque passe entre les mains d’un hors-la-loi, Bahij Ali, du village de Samman. Vendue à Phocion Tano, un antiquaire du Caire, le gouvernement égyptien tente de la racheter. L’antiquaire affirme qu’ils sont dorénavant la possession d’une collectionneuse italienne, Mademoiselle Dattari, habitant la capitale égyptienne. Lorsqu’en 1952, les manuscrits sont déclarés bien national par le ministère de l’Education Public, la collection Dattari devient la propriété du Musée Copte du Caire.La dernière partie des manuscrits, aussi vendue au marché noir, est achetée par l’antiquaire Albert Eid. Celui-ci, refusant de remettre le codex 1 aux autorités de son pays, le fait passer en fraude hors des frontières l’Egypte. Resté invendu aux Etats-Unis, il le dépose dans un coffre fort en Belgique. A son décès, sa femme poursuit la vente illicite du livre. C’est alors qu’il est remarqué par le professeur Gilles Quispel qui en fait l’acquisition par l’intermédiaire de la fondation Jung de Zurich afin d’être offert comme cadeau d’anniversaire au psychanalyste Carl-Gustav Jung.L a d é c o u v e r t e d e N a g H a m m a d iEn décembre 1945, près de la ville de Nag Hammadi, des paysans égyptiens déterraient fortuitement une jarre contenant treize codices de papyrus, des volumes reliés à plat comme nos livres et recouverts de cuir. Ils venaient de faire l’une des plus formidables découvertes de manuscrits anciens du XXe siècle. Dans un état de conservation variable, les 1156 pages inscrites renferment 54 oeuvres différentes, la plupart inconnues par ailleurs, dont le fameux Évangile selon Thomas, un recueil de paroles de Jésus. Il s’agit de textes religieux, généralement décrits comme gnostiques. D’abord rédigés en grec, vraisemblablement au cours du IIe siècle, ces textes ont ensuite été traduits en copte, la langue de l’Égypte de cette époque, puis copiés vers le milieu du IVe siècle dans des codices qui ont par la suite été enfouis dans une jarre, probablement au début du Ve siècle.Cette découverte est d’un intérêt inestimable, que ce soit pour l’histoire du livre, dont les codices de Nag Hammadi constituent les plus anciens spécimens, pour l’histoire de la langue et de la paléographie coptes, ou pour celle de la philosophie et du christianisme naissant.Ces textes ressuscitent en effet pour nous des formes du christianisme primitif que la tradition postérieure a combattues et s’est efforcée de faire disparaître, mais qui jouèrent néanmoins un rôle essentiel dans sa formation. Leur édition, leur traduction dans des langues modernes et leur étude, qui en est encore à ses débuts, ouvrent donc une fenêtre nouvelle sur la période du IIe siècle, si importante dans la formation du christianisme. Toutefois, l’interprétation de ces textes nouveaux est particulièrement difficile. On ignore en effet l’identité de leurs auteurs, les lieux, dates et circonstances de leur rédaction en grec, de leur transmission, de leur traduction en copte, de leur copie dans les codices mis au jour en 1945. De laborieuses recherches permettent néanmoins de les situer dans leur contexte et d’en tirer de nombreux renseignements qui éclairent l’histoire des premiers siècles chrétiens sous un jour nouveau. Ainsi, pour ne donner qu’un seul exemple, l’Évangile selon Thomas est devenu une pièce maîtresse de la recherche sur le personnage historique de Jésus de Nazareth et sur les origines du christianisme.En 1952, 12 codices et demi se trouvent réunis au Musée Copte du Caire et une grande partie du 13e placée dans un coffre à Zurich. Mais selon le témoignage de Samman, des pages ont été perdues, brûlées ou jetées. Par ailleurs, on ne sait pas si la bibliothèque retrouvée en 1945, est aujourd’hui complète et si aucun livre supplémentaire ne se promènerait pas encore dans la nature.Table des Matière de la Bibliothèque de Nag HammadiLa bibliothèque se compose de 13 livres, appelés codex d’après le nom scientifique donné à tout assemblage de feuilles pliées en deux et cousues ensemble. Ces livres représentent les spécimens les plus anciens que nous possédons aujourd’hui.Codex I (Codex Jung) pages1. Prière de l’apôtre Paul A-B2. L’Épître apocryphe (ou livre secret) de Jacques 1-163. L’Évangile de Vérité 16-434. Le Traité sur la Résurrection 43-505. Le Traité Tripartite 51-138Codex II1. L’Apocryphon (ou livre secret) de Jean 1-322. L’Évangile selon Thomas 32-513. L’Évangile selon Philippe 51-864. L’Hypostase des archontes 86-975. Écrit sans titre : traité sur l’origine du monde 97-127ou Symphonia de l’hérésie 40 du Panarion d’Épiphane6. L’Exégèse de l’âme 127-1377. Le Livre de Thomas [l’Athlète] 138-145Colophon 145Codex III1. L’Apocryphon (ou livre secret) de Jean 1-402. L’Évangile égyptien (ou des Égyptiens) 40-69ou le Livre sacré du grand esprit invisible3. Eugnoste le Bienheureux 70-904. La Sagesse (ou Sophia) de Jésus-Christ 90-1195. Le Dialogue du Sauveur 120-147Codex IV1. L’Apocryphon (ou livre secret) de Jean 1-492. L’Évangile égyptien (ou des Égyptiens) 50-81ou le Livre sacré du grand esprit invisibleCodex V3. Eugnoste le Bienheureux 1-174. L’Apocalypse de Paul 17-245. Apocalypse de Jacques 24-446. Apocalypse de Jacques 44-637. L’Apocalypse d’Adam 64-85Codex VI1. Les Actes de Pierre et des douze Apôtres 1-122. Le Tonnerre, Intellect Parfait – la Brontè 13-213. Authentikos Logos 22-354. Le Concept de notre Grande Puissance 36-48ou Aisthesis Dianoia Noèma5. Fragment de la République de Platon, 588b-589b 48-516. [Discours sur] l’Ogdoade et l’Ennéade 52-637. La Prière d’action de grâce 63-658. Fragment du Discours Parfait (ou de l’Asclépius) 65-78Codex VII1. La Paraphrase de Sem (ou Séem) 1-492. Le Second Traité du grand Seth 49-703. L’Apocalypse de Pierre 70-844. Les Enseignements de Silouanos 84-1185. Les Trois Stèles de Seth 118-127Colophon 127Codex VIII1. Zostrianos – Zostrien 1-1322. La Lettre de Pierre à Philippe 132-140Codex IX1. Melchisédek 1-272. La Pensée de Noréa 27-293. Le Témoignage Véritable (ou de la Vérité) 29-74Codex X1. Marsanès 1-68Codex XI1. L’Interprétation de la Gnose (ou Connaissance) 1-212. Exposé[s] valentinien[s] 22-443. [Révélations reçues par] l’Allogène 49-694. Hypsiphronè 69-72Codex XII1. Les Sentences de Sextus 15*-34*2. L’Évangile de Vérité (fragment central) 53*-60*3. Fragments [non identifiés]Codex XIII1. La Protennoia Trimorphe 35*-50*2. Écrit sans titre (fragment du 5e traité du Codex II) 50*Berolinensis Gnosticus 8502Codex conservé à Berlin qui contient deux traités dont on trouve des parallèlesdans la collection de Nag Hammadi. Début du Ve siècle.1. L’Évangile selon Marie 7-192. L’Apocryphon de Jean 19-773. La Sagesse de Jésus-Christ 77-1274. L’Acte de Pierre 128-141

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