EGGREGORIA TEMPLI A la recherche du Graal

” Connais toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux ! “

Archive de 11 juillet 2007

Règles de Chevalerie

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 11, 2007

Le fait d’être un chevalier oblige à obéir à un code d’honneur précis et assez strict. Le non-respect de ce dernier pouvait entraîner la déchéance de celui qui se rendait coupable d’un manquement envers le code.Ce Code s’applique à tout les moments de la vie, aussi bien durant les tournois que durant les guerres.Voici les éléments de ce Code : (note: les éléments du Code suivis d’une “*” sont les lois dictées par l’Eglise Catholique Romaine au début des Croisades. Les autres obligations ne sont pas dictées expressément par l’Eglise mais s’appliquent tout autant.)-
 Un chevalier se doit de croire ce que l’Eglise enseigne et doit appliquer ses directives.-
Il doit défendre l’Eglise.-
Il doit se repentir de toutes ses faiblesses et se défendre contre elles.-
Il doit aimer le pays où il est né.-
Il ne doit pas reculer devant son ennemi.-
Il doit faire la guerre aux Infidèles sans répit et sans pitié.-
Il doit s’acquitter de toutes ses tâches féodales si elles ne sont pas contraire aux lois de Dieu-
Il ne doit pas mentir et respecter la parole donnée.- Il doit être généreux et doit partager.-
Il doit, en tout temps et en tout lieu, être le champion du Bien et de la Justice contre la Mal et l’Injustice.-
Il ne doit pas être prétentieux, mais humble en toute circonstance.-
Il doit rester ferme et faire face à l’adversité sans perdre courage.-
Il doit venir en aide aux faibles, aux opprimés et aux démunis.-
Il doit jurer fidélité à son Roi et à sa Dame et ne jamais parjurer ce serment.-
Il doit faire preuve de courage, de bravoure et de générosité.-
Il ne doit pas lever son épée contre un compagnon d’armes car il est comme son frère.-
Il ne doit pas frapper un adversaire à terre.-
Il ne doit, jamais et en aucun cas, se comporter avec lâcheté ou traîtrise.

Au temps des croisades, le code est composé de 10 commandements :

1- Tu croiras à tout ce qu’enseigne l’Eglise et observeras tous ses commandements
2- Tu protégeras l’Eglise
3- Tu auras respect de toutes les faiblesses et tu t’en constitueras le défenseur
4- Tu aimeras le pays où tu es né
5- Tu ne reculeras pas devant l’ennemi
6- Tu feras aux Infidèles une guerre sans trêve et sans merci
7- Tu t’acquitteras exactement de tes devoirs féodaux, s’ils ne sont pas contraires à la loi de Dieu
8- Tu ne mentiras point et seras fidèle à la parole donnée
9- Tu seras libéral et feras largesse à tous
10- Tu seras partout et toujours le champion du Droit et du Bien contre l’Injustice et le Mal


Tags technorati :, , ,

Publié dans Temple | Laisser un commentaire »

La gnose

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 11, 2007

LA GNOSE Etymologiquement : connaissance (grec gnosis).Signifie, en fait, connaissance initiatique.Le terme de gnose désigne diverses tendances qui ont toujours existé dans les grandes religions monothéistes, et qui présentent des points communs aussi bien avec la pensée néoplatonicienne qu’avec les spiritualités orientales.Gnose signifie connaissance. Il s’agit de la connaissance intérieure, par laquelle l’homme appréhende le divin, indépendamment de tout dogme, de tout enseignement; la gnose s’apparente ainsi au mysticisme. Les gnostiques considèrent que Dieu ne peut être en contact avec le monde, essentiellement mauvais, œuvre du Démiurge. La matière est assimilée à l’ignorance, au mal, et la vie terrestre résulte d’une chute de l’esprit dans cette matière, perte de l’unité originelle avec Dieu. L’homme, prisonnier des dualités (bien/mal, âme/corps, connaissance/ignorance), ne garde plus de son origine divine que la vague nostalgie d’un paradis perdu. Mais le principe divin, l’âme, est en lui, et la recherche spirituelle peut le mener au salut en libérant l’âme de sa prison corporelle.D’après les dernières recherches, la Gnose trouverait son origine dans les milieux judéo-chrétiens du début de notre ère et dans la crise qu’a traversée la pensée apocalyptique pendant les deux premiers siècles de notre ère (R.-M. Grant, Gnose et origines chrétiennes, Paris, 1964). Ceci ne veut pas dire que nombre de thèmes et de conceptions gnostiques n’aient pas existé avant cette date. Le symbolisme gnostique plonge en effet ses racines au cours d’époques bien antérieures dans la philosophie pythagoricienne. D’autre part, il existe une parenté très nette indiscutable entre les Esséniens et la Gnose. Plus tard, à la deuxième génération, les gnostiques se sont intéressés à des révélations anciennes, orientales et grecques, pour constituer un mouvement religieux où se trouvent réunies toutes les spéculations cosmologiques et théosophiques : les doctrines philosophiques de Pythagore et de Platon, des apports de la Cabbale, de l’hermétisme, de l’alchimie, de l’astrologie.Les thèmes fondamentaux de la Gnose sont : * la théorie de la connaissance (connaissance de soi et connaissance de Dieu); * le dualisme (lumière-ténèbres, pneuma-psyché, vie-mort); * le mythe du Sauveur-sauvé qui inspire le quatrième Évangile (le messager céleste descend pour apporter aux hommes la révélation divine); * le mythe de l’ascension des âmes.On peut distinguer d’après les travaux récents deux types de Gnose : une Gnose syro-éygptienne et une Gnose iranienne; celle-ci serait la plus importante et aurait donné naissance: au manichéisme.En Franc-Maçonnerie. Un des sens de la lettre « G » révélé aux Compagnons lors de la cérémonie d’augmentation de salaire. Cette interprétation n’existe pas au Rite Émulation ni au Rite Écossais Rectifié.On peut donc, avec Wirth, comprendre le mot « Gnose » dans le sens de « connaissance initiatique ». La Gnose est à la connaissance caractéristique de tout esprit ayant su pénétrer les mystères de l’Initiation. Ceux-ci présentent cette particularité qu’ils sont strictement incommunicables : il faut les découvrir soi-même pour les posséder… La Gnose ne s’acquiert qu’à force de méditations personnelles portant sur les symbole: multiples qui sollicitent l’esprit à deviner leur sens caché… » Les Mémentos du Grand Orient de France, après avoir rappelé que le terme se rattache à la langue des premiers philosophes », donnent à ce terme un sens moral. C’est « la connaissance morale la plus étendue, la plus généreuse aussi, l’impulsion qui porte l’homme à apprendre toujours davantage et qui est le principal facteur du progrès ».La Gnose est une connaissance universelle.La Gnose est une connaissance universelle. Lorsque nous étudions les civilisations antiques (Égyptienne, Maya, Celte, Grecque, Hindoue), nous découvrons à la base les mêmes enseignements. C’est cette connaissance unique que les véritables sages de tous les temps (Confucius, Socrate, Bouddha, Jésus, Krishna, Blavatsky, Steiner…) sont venus livrer à l’humanité.La Gnose dévoile les clés théoriques et pratiques indispensables à l’homme et à la femme modernes qui désirent se libérer de leurs états négatifs et éveiller leurs facultés latentes.« Connais-toi toi-mêmeet tu connaîtras l’univers et les dieux ».De tous les temps et de tous les âges, l’homme cherche ici et là, dans la mer, dans le ciel et sur la Terre, des richesses et des milliers de trésors. Il parcourt nuit et jour, de kilomètre en kilomètre, la surface de la Terre, à la recherche de quelque chose qu’il ne trouvera jamais : le bonheur, l’amour, la joie, la paix… La gnose nous propose un chemin incroyable, celui qui nous conduit à l’intérieur de nous-mêmes, vers les profondeurs de notre âme. De cette façon, l’homme apprend à se connaître et à comprendre ce qui se passe réellement en lui. C’est alors qu’il éveille sa conscience et que se développent en lui : le bonheur, l’amour, la joie, la paix… La gnose nous dévoile, dans un langage simple et claire, comment descendre dans notre intérieur, à l’aide de clefs merveilleuses comme notre « Ennoïa ».Historique de la GnosePendant tout le deuxième siècle, sous les Antonins, il y eut dans l’Empire romain une atmosphère de paix très favorable à la libre circulation des idées. La méditerranée, libérée de ses pirates depuis Pompée, était devenue un moyen de communication idéal. On allait de Pergame à Rome, Athènes à Alexandrie aussi facilement qu’aujourd’hui, plus facilement même, car il suffisait d’être citoyen romain pour avoir droit de cité où que ce soit dans l’Empire. Il n’est donc pas étonnant que les grandes capitales soient devenues des foyers de culture très vivants. Tous les cultes, toutes les philosophies s’y rencontraient: les rabbins côtoyaient les prêtres égyptiens, les mages côtoyaient les prêtres de Mithra, les philosophes grecs côtoyaient les évêques chrétiens.La personnalité d’Hadrien est un parfait miroir de cette époque. Cet empereur qui eut le génie de comprendre que Rome n’avait plus la force de continuer sa politique de conquête, passa la plus grande partie de son règne à voyager, à la fois pour veiller au maintien d’une paix sans cesse menacée et pour satisfaire la curiosité d’un esprit ouvert à tous les courants d’idées, à toutes les religions, à toutes les formes d’art. Mais s’il se fit initier au culte de Mithra, s’il se plût à séjourner en Égypte ou dans les Gaules, il fut surtout séduit par la Grèce. Son grand rêve était de faire revivre le classicisme grec pour en faire l’âme de l’Empire. C’est dans ce dessein qu’il choisit comme lieutenant, Arrien de Nicomédie, un historien qui voulait s’élever jusqu’à la hauteur de Thucydide et comme médecin, Hermogène, un nouvel Hippocrate. C’est dans ce dessein aussi qu’il fit ériger une cité grecque en plein coeur de la Palestine. Ce beau rêve peut très bien être considéré comme l’équivalent politique de l’effort accompli au même moment par les gnostiques sur le plan religieux. Le gnosticisme est bien en un sens du moins, un temple grec érigé sur les ruines du temple de Jérusalem. Ce temple connut d’ailleurs le même sort que la Cité d’Hadrien.Quel sens convient-il de donner au mot gnostique? Traditionnellement, ce mot servait à désigner les membres des sectes combattues par les grands hérésiologues du deuxième siècle. Mais depuis quelque temps, on parle d’une gnose pré-chrétienne dont Philon le Juif serait le principal représentant. Un tel élargissement du sens du mot gnostique est-il légitime? Nous n’en avons pas à décider ici. Nous reviendrons néanmoins, pour des raisons pratiques, au sens traditionnel du mot: nous n’étudierons que les doctrines des hérétiques.Qui étaient-ils ces hérétiques? C’était des chrétiens au sens large du terme, c’est-à-dire des gens qui connaissaient la tradition juive, qui avaient entendu parler du Christ, et qui, s’ils interprétaient souvent son incarnation d’une manière trop personnelle, croyaient néanmoins à sa divinité ainsi qu’au caractère extraordinaire de son enseignement.Mais ces chrétiens vivaient dans la partie la plus hellénisée de l’Empire romain. Valentin était originaire d’Alexandrie; Marcion, du Pont; Bardasane, d’Edesses. Il est donc fort probable que, comme nous le laissions entendre, ils aient été avant tout des penseurs initiés à la philosophie religieuse des Grecs, c’est-à-dire au platonisme et aux religions à mystères. S’ils ont été, comme le soutient Harnack,(01) les premiers théologiens de l’Église, c’est sans doute pour cette raison.C’est aussi pour cette raison qu’ils se sont opposés violemment à certaines tendances du christianisme orthodoxe alors en formation. Ce christianisme enseignait alors entre autres choses, l’existence d’un Dieu plus puissant que pur, la résurrection des corps et souvent même l’établissement d’un royaume terrestre. C’était des choses inacceptables pour des esprits habitués aux clartés grecques et assoiffés de pureté Platon n’avait-il pas écrit:«Dieu n’est pas cause de tout, il n’est cause que des biens, il n’est pas responsable des maux.»Le Christ n’avait-il pas dit: «Mon Royaume n’est pas de ce monde». Les gnostiques furent frappés, plus profondément peut-être que Platon lui-même, par les contradictions inhérentes à notre nature parce que, d’une part, les persécutions, les déracinements massifs qui avaient précédé l’établissement de la paix romaine, leur avaient donné une profonde expérience du malheur et que, d’autre part, la charité évangélique qui les inspirait leur ouvrait les yeux sur la corruption des classes dirigeantes et sur les souffrances des esclaves.Berdiaev a raison de comparer les gnostiques aux premiers révolutionnaires russes. Il écrit à propos de l’athéisme de ces derniers:«Les raisons de l’athéisme russe , nous les trouvons d’abord dans une protestation passionnée, indignée contre le mal, la contrainte, les souffrances de la vie; dans la pitié pour les malheureux, les déshérités et les humiliés. Nous avons vu que par compassion, par impossibilité d’admettre la souffrance , les russes se firent athées. Ils se firent athées, refusant d’accepter un créateur qui aurait engendré un monde méchant, imparfait et rempli de douleur. Un tel athéisme offre plus d’une analogie avec la doctrine de Marcion. Mais Marcion supposait que le monde avait pour créateur un dieu méchant: les athées russes, à une période différente de la raison humaine, estiment que Dieu n’existe pas parce que s’il existait, il ne pourrait qu’être méchant.» (02)Selon Berdiaev donc, c’est pour expliquer le mal que les gnostiques supposent que le créateur est un dieu méchant. Cette opinion est vraie mais en partie seulement. Le dualisme des gnostiques a des causes plus positives. Platon et le Christ leur avaient révélé l’existence du bien, d’un Dieu qui est bon et pur avant d’être tout-puissant et implacable.Et on peut considérer que c’est pour sauver la transcendance de ce Dieu que les gnostiques attribuent la création à un dieu mauvais, beaucoup plus que pour trouver une explication au mal.Ce désir de sauvegarder à tout prix la transcendance, la pureté, la bonté de Dieu constitue l’essentiel, l’âme de leur doctrine.La gnose, nous le verrons, n’est pas autre chose que la connaissance de ce Dieu. Pour pouvoir donner une définition plus complète et plus précise de cette gnose, il faut d’abord souligner que les gnostiques ont fait de larges emprunts aux religions à mystères. (03) Ils leur ont emprunté leur ésotérisme et surtout leur conception de connaissance. Le poème de Dyonisos-Zagreus par exemple, qui était révélé aux initiés de l’orphisme, est plus qu’un simple récit.C’est une véritable métaphysique exprimée d’une façon allégorique dans un mythe tout à fait semblable à ceux que l’on trouve dans Platon. Les initiés de l’Orphisme avaient en outre accès à d’autres mythes et à des théories de caractère plus scientifique, ce qui leur permettait d’entrer en possession d’un savoir très étendu et très profond. La principale caractéristique de ce savoir, c’est qu’il n’était pas acquis de la façon habituelle mais révélé, qu’il n’était pas communiqué par des dissertations mais par des rites religieux.(04)C’est aussi qu’il était réservé à des élus, qu’il fallait l’avoir mérité par une naissance heureuse ou par une longue suite de purifications. Il n’est pas surprenant que ce savoir ait été confondu avec le salut lui-même, si , pour y avoir droit, il fallait en quelque sorte être déjà sauvée.Nous n’avons qu’à remplacer la légende de Dyonisos-Zagreus de l’Orphisme par un poème ayant pour centre un être réel, le Christ, et nous avons déjà une première idée de la gnose. Cela nous permet d’entrevoir que la religion des gnostiques est, comme le dit Harnack, une Théo-Sophie mystérieuse,(05) une métaphysique révélée et une philosophie de visions.Nous pouvons maintenant proposer la définition suivante: la gnose est une connaissance immédiate de l’Être, contenant en germe une cosmologie, une métaphysique et une morale susceptibles d’être développées dans des poèmes allégoriques. Cette connaissance ne peut être révélée que par le Christ. Elle est la grâce, le salut lui-même. Elle a en outre toutes les caractéristiques du savoir orphique dont nous parlions précédemment.Pour pouvoir mieux comprendre cette connaissance, la découvrir du dedans, nous pouvons nous mettre en imagination à la place des grands hérétiques du deuxième siècle. Cela est d’autant plus facile pour nous que notre époque n’est pas sans ressembler à la leur. Nietzsche disait déjà des «peuples civilisés» à la fin du siècle dernier:«Tous les temps et tous les peuples jettent pêle-mêle un regard à travers vos voiles; toutes les coutumes et toutes les croyances parlent pêle-mêle à travers vos gestes.»(06)N’était-ce pas aussi un peu le cas des hommes du temps d’Adrien? Comme nous, ces hommes étaient pris dans un engrenage politique qui n’était pas à leur mesure, au milieu duquel les voix individuelles n’avaient aucune chance de se faire entendre. Comme nous, ils n’avaient aucune raison sérieuse de croire en un bel avenir. Les points de ressemblance sont très nombreux.Essayons donc de nous représenter les préoccupation des esprits inquiets de l’Alexandrie des années cent trente après Jésus-Christ. Pendant leurs années d’enthousiasme, ils ont fréquenté plusieurs écoles, ils se sont intéressés aux traditions secrètes de la Grèce et de l’Orient. Ils ont entendu parler de Platon, de Pythagore, de Zoroastre et peut- être même de Bouddha. Mais la variété même de ces doctrines n’a fait que les rendre plus pessimistes.(07) Ils arrachaient un témoignage vivant et ils ne trouvaient que des doctrines…La grande machine romaine semblait montée pour toujours. Nouvelle contrainte dans un univers déjà suffisamment contraignant par lui-même. Ils se sentaient de plus en plus étrangers dans ce monde. Leur désir d’évasion se faisait de plus en plus pressant. Ils étaient prêts à tout pour échapper à ce destin qu’ils n’avaient pas choisi. Mais il ne faut pas croire qu’ils étaient révolutionnaires à la façon des esclaves romains. Ils connaissaient trop bien les dieux intraitables qui règlent la politique. L’impitoyable nature leur paraissait plus hospitalière que la société.C’est alors qu’ils ont fait la connaissance de secte nouvelle qui se réclamait d’un certain Jésus dont ils avaient déjà entendu parler mais qu’ils n’avaient pas pris au sérieux, peut-être parce qu’il était juif. Mais cette fois ils le connaissaient à travers les Lettres de saint Paul et l’Évangile de saint Jean. Il les a ainsi conquis. Il leur ouvrait un passage à travers les murs de ce monde.«Mon Royaume n’est pas de ce monde.»(Jean 18,36) N’enviez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde , l’amour du Père n’est pas en lui. Car tout ce qui est dans le monde, le désir de la chair, le désir des yeux et l’orgueil de la vie n’est pas du Père mais est du monde». (Jean 2, 15,16)Des textes comme ceux-là ne pouvaient que les ravir car loin de les éloigner de la tradition grecque, il les en rapprochaient. À Socrate qui venait de se moquer des craintes que la mort inspirait à Simmias et à Cébés, ce dernier n’avait-il pas répondu:«Nous sommes des faibles, Socrate. Efforce-toi de nous, réconforter comme tels, en voulant bien supposer toutefois que ce ne sont pas nous les faibles mais un enfant présent en chacun de nous; en te disant aussi que c’est cet enfant qui craint ces sortes de malheur.-Cet enfant, répartit Socrate, il faut le confier aux soins quotidiens d’un enchanteur et le laisser entre ses mains jusqu’à ce qu’il soit complètement libéré de ses frayeurs.-Mais où, Socrate, trouverons-nous le parfait enchanteur de ces craintes d’enfant, puisque toi tu t’apprêtes à nous quitter?-La Grèce est grande, cher Cébès, les hommes de valeur y sont nombreux; il y a aussi de nombreux peuples barbares. Il vous faudra parcourir leurs contrées en quête d’un tel enchanteur n’épargnant ni votre argent, ni vos peines … » (08)Ce parfait enchanteur, les gnostiques l’avaient trouvé dans la personne du Christ. Le Christ avait dit: «Je suis la Vérité.» Ils avaient pris cette parole au pied de la lettre. Plus ils approfondissaient sa doctrine, plus ils la mettaient en pratique, plus ils se sentaient sauvés. La vraie connaissance, celle qui est aussi le salut, ils l’avaient enfin trouvée. Ils étaient en elle et elle était en eux.Comment définir cette connaissance sans la trahir? Elle était avant tout une présence une présence qui n’était pas autre chose que la conscience d’être libre, de ne plus se sentir prisonnier du monde.(09) Les gnostiques étaient devenus des hommes nouveaux. Les lois de ce monde, les lois qui régissent les passions, les lois que dicte la force sous toutes ses formes, n’étaient plus les leurs. Il n’y avait plus de destin pour eux, plus de nécessité ou plus exactement, la nécessité d’airain avait été remplacée par une nécessité d’or pur, par une nécessité surnaturelle.À un second moment, dirions-nous, leur gnose était la révélation du vrai Dieu. Le vrai Dieu est étranger au monde, profondément inconnu. Il n’a rien de commun avec les dieux païens ni surtout avec le Dieu de l’Ancien Testament. Tous ces dieux ne sont que des puissances parmi les puissances de ce monde. Ce monde n’a rien de divin, il n’a pas été créé par le vrai Dieu mais par quelque puissance inférieure et bornée qui ne connaissait pas ce qu’il y avait au-dessus d’elle.À un troisième moment, leur gnose était la connaissance de la connaissance et par là, une connaissance de soi-même. Ce savoir, qui était à la fois vie et lumière, n’avait rien de commun avec leurs anciens savoirs qui n’étaient au fond que des reflets des choses du monde. Ces anciens savoirs, ils les avaient acquis par leurs propres moyens. Leur nouveau savoir leur était donné; il était une grâce, il était divin. Et eux aussi, ils étaient divins, eux aussi ils étaient lumière et vie, car autrement comment au-raient-ils pu recevoir la lumière et la vie? Les ténèbres en effet ignorent la lumière. Ils étaient des fragments du vrai Dieu. Leur corps seul avait été créé, ils étaient dans le monde mais ils n ‘étaient pas du monde. On voit assez facilement quelle sorte de morale pouvait en résulter. Le corps n’étant qu’une partie du monde, point de foi dans l’action, point d’illusion de se sauver en se conformant à des préceptes extérieurs, point de pharisaïsme! Ascétisme bien sûr, car à quoi bon se préoccuper d’une chose d’emprunt qui n’est pas appelée à ressusciter?Mais en même temps, tolérance: le corps ayant ses lois propres, qui ne sont pas celles de l’âme, il peut très bien être entraîné dans des démesures sans que l’âme en soit avilie. (10)Ces trois moments que nous avons distingués pour donner plus de clarté à notre exposé, ne doivent pas nous faire oublier que la gnose est une connaissance unique qui en-ferme bien sur tous les savoirs nécessaires au salut mais qui est plus que la somme de ces savoirs.À première vue, le profane en matière de théologie ne voit pas très bien quelle différence il peut y avoir entre cette connaissance, qui est aussi libération, et la foi telle qu’elle est définie dans le catholicisme orthodoxe. Dira-t-on que la foi n’est pas un acte de l’intelligence mais un acte de la volonté, qu’elle consiste à donner son adhésion à des vérités qu’on ne comprend pas? Cet-te distinction n’est pas très convaincante. La gnose est justement la reconnaissance d’un Dieu inconnu qui n’a rien de commun avec les dieux que nous croyons connaître à l’aide de la raison naturelle . Elle est essentiellement un consente-ment. Si elle diffère réellement de la foi, c’est sans doute beaucoup plus par la que par le fond.On pourrait peut-être même dire que la gnose est une foi sans forme extérieure, en ce sens qu’elle est avant tout une expérience du transcendant dont on n’explicite le conte-nu qu’ultérieurement. Le fait que dans les religions gnostiques il n’y a pas de dogme est à ce sujet très révélateur. Et c’est sans doute ce caractère subjectif qui a rendu la gnose si suspecte à l’Église. Irénée disait déjà:«Cette sagesse, chacun croit l’avoir découverte par lui-même, c’est-à-dire en imagination. De sorte qu’il est convenable selon eux que la vérité soit tantôt dans Valentin, tantôt dans Marcion…Chacun d’eux s’est en effet perverti à tel point, dépravant la règle de vérité qu’il n’est pas troublé de se prêcher lui-même.»(11)Dans la foi orthodoxe, ce caractère subjectif est très atténué. Cette foi est l’adhésion à des dogmes, à un contenu formulé objectivement. L’expérience ne vient qu’après, quand elle vient. De toute manière, elle n’est pas nécessaire. (12)On pourrait montrer que la grâce selon la gnose se différencie de la grâce selon la conception orthodoxe d’une façon analogue, c’est-à-dire par la forme plutôt que par le fond. Les gnostiques ne voyaient pas l’utilité des sacrements.(13) Eux qui affirmaient que le monde n’est pas l’oeuvre de Dieu.. comment auraient-ils pu croire que la grâce puisse être communiquée par des signes sensibles? Eux qui croyaient que le social ne valait pas mieux que le monde; comment auraient-ils pu admettre qu’il faille faire partie d’une société pour avoir droit au salut?Ces réflexions qui, il convient de le répéter, sont celles d’un profane, permettent de comprendre pourquoi Harnack a pu dire que le gnosticisme est «l’hellénisation extrême du christianisme».Les gnostiques s’opposaient catégoriquement à tout ce qui venait de la tradition juive. Ils voulaient un christianisme universel bien sûr, mais universel par sa pureté et non pas à la façon de l’Empire romain.«On veut une religion universelle, qui s’adresse non pas à la nationalité des hommes mais à leurs besoins intellectuels et moraux. On consent à reconnaître dans l’Évangile la religion universelle, mais à condition qu’on le sépare de l’Ancien Testament et de la religion de l’ancienne alliance, pour le modeler sur la philosophie religieuse des grecs et l’enter sur le culte et sur les mystères traditionnels.»(14)Le fait que le Christ était né en Palestine ne signifiait pas que sa religion dût continuer le judaïsme. Le Christ était essentiellement pour eux celui qui révèle le vrai Dieu et non pas le Messie annoncé par l’Ancien Testament. De là leur docétisme. Le Christ avait bien pris la forme d’un esclave, comme il est dit dans les extraits de Théodote, mais cette forme n’était pour lui qu’une apparence. Le Christ n’avait pas souffert réellement. Il n’était pas mort réellement. On a souvent considéré ce docétisme comme absolument inconciliable avec la doctrine de la Rédemption sans se donner vraiment la peine d’en étudier les nuances. Simone Pétrement s’est donné cette peine et elle en est arrivée à cette conclusion:«Tout le gnosticisme est paradoxe, et c’est ce qu’on ne doit pas oublier pour le comprendre. Avant tout, c’est comme paradoxe qu’il faut comprendre le docétisme, c’est-à-dire cette négation de l’humanité du Christ, qui paraît d’abord être au christianisme tant de force et de valeur. Le docétisme exprime évidemment la volonté de nier l’apparent, l’immédiat: non, il n’a pas souffert; non, il n’était pas homme; non, il n’est pas mort. Mais il faut l’entendre ainsi: tout en souffrant, il n’a pas souffert; tout l’homme qu’il était, il était Dieu; tout en mourant, il n’est pas mort. C’est seulement ainsi qu’on peut expliquer les apparentes contradictions des gnostiques. Marcion, par exemple, enseignait à la fois le docétisme et que le Christ avait réellement souffert.»(15)Harnack va même jusqu’à nier que les gnostiques aient été docètes:«Les gnostiques enseignaient qu’en Jésus-Christ, il faut distinguer nettement l’éon céleste Christ et son apparition humaine et attribuer à chacune des deux natures une action distincte. C’est donc la doctrine des deux natures et non le docétisme qui est propre au gnosticisme.»(16)On a aussi prétendu que les gnostiques, parce qu’ils attachaient une grande importance à la connaissance, étaient portés à sous-estimer l’importance de la Passion. Il y a sans doute du vrai dans cette opinion,(17) mais les remarques de Simone Pétrement nous invitent de nouveau à introduire des nuances:«C’est la même chose de dire que le Crucifié avait raison, ou de dire que la vérité, le vrai jugement est d’un autre monde.Vouloir rappeler, comme veulent toujours les gnostiques, que la lumière est d’ailleurs et non d’ici, que nous-mêmes, en tant que nous jugeons vrai, nous sommes d’ailleurs et non d’ici, c’est simplement vouloir maintenir les droits du Crucifié. Le paradoxe entraîne l’affirmation d’une autre réalité. Ce qui échoue ici, réussit ailleurs; il y a deux ordres.Certains historiens se sont mis l’esprit à la torture pour comprendre comment la croix, selon Valentin, pouvait être appelée une Limite. Ils se sont donné cette raison, que la croix, à cette époque, avait la forme d’un Tau, de sorte que par sa branche supérieure, elle constituait une limite horizontale pour le monde, et par sa branche verticale, le séparait en deux. Ou bien encore, ils ont traduit Stauros, non par croix mais par pieu, palissade. N’est-il pas plus simple de comprendre que la condamnation du juste est vraiment la séparation de deux ordres, la puissance visible d’une part., d’autre part la valeur et la vérité? Vénérer la croix., c’est affirmer qu’il y a deux ordres et, si l’on veut, deux mondes.L’idée de Valentin est la même qu’exprime Basilide quand il dit que la Passion du Christ «n’a pas eu d’autre but que d’opérer la discrimination des choses auparavant confondues».(18)Le style gnostiqueJusqu’à maintenant, nous avons parlé de la gnose proprement dite. Il nous faut maintenant parler des différentes doctrines et d’abord, du style qui les caractérise. Puisque leur savoir leur était révélé, donné, les gnostiques ne pouvaient pas le communiquer à la façon des philosophes. On ne démontre pas l’indémontrable. Dans ces conditions, comment pouvaient-ils s’exprimer pour être universellement compris? Ils connaissaient, nous l’avons dit, les mythes de plusieurs religions. Ne pouvaient-ils pas adapter ces mythes?«On prit la mythologie grossière de n’importe quelle religion orientale, on transforma des personnages concrets en idées spéculatives et morales comme, «abîme, silence, sagesse, vie«, en conservant même fréquemment les noms sémitiques. On créa ainsi- une mythologie d’abstractions, tandis que les rapports qui unissaient entre elles les idées étaient déterminés par les données que leurs modèles fournissaient. Ainsi se forme un poème philosophique dramatique semblable à celui de Platon, mais incomparablement plus compliqué et où, par conséquent, l’imagination avait une place bien plus considérable.»(19)Ce style en lui-même nous en dit peut-être plus long sur la gnose que toutes les idées qu’il véhicule. Il rend tout à fait manifeste le besoin d’évasion, le désir d’échapper à la nécessité auquel nous avons fait allusion. Songeons au style des grands stoïciens qui furent les contemporains des gnostiques. L’imagination y est sans cesse.. rappelée à l’ordre, l’économie des moyens y est extrême, les phrases y ont des contours sévères; on sent qu’elles ont été ciselées avec l’attention qu’on accorde aux actions les plus importantes de la vie. Si tel est le style qui traduit la soumission à la nécessité et l’amour de la patrie terrestre, on peut en conclure sans invoquer d’autres raisons que le style des gnostiques exprime des idées contraires. Si l’on peut reprocher au premier d’être trop sévère, trop classique, on peut reprocher au second d’être romantique à l’excès.Le style des gnostiques est donc en contradiction avec leur pensée. Il révèle la prédominance en eux de l’affectivité alors que leur pensée ne cesse d’affirmer la supériorité de la connaissance pure. Mais il ne faut pas trop s’offusquer de cette contradiction. Elle est la gnose elle-même et elle a de plus le mérite de nous mettre en garde contre la tentation de réduire le gnosticisme à ce qu’on appelle aujourd’hui l’intellectualisme, en donnant au mot le sens de sclérose. Les gnostiques n’étaient pas des spéculatifs mais des mystiques et par suite, leur faiblesse n’est pas la sclérose mais bien plutôt le délire. Il y a eu une scolastique délirante; il y a eu aussi une gnose sclérosée. Mais ce n’est pas une raison pour en conclure que dans la meilleure scolastique, c’était l’élément affectif qui prédominait et que dans la meilleure gnose, c’était l’élément intellectuel.Quelques systèmesPassons maintenant à l’étude des principaux systèmes. Quatre grands gnostiques ont élaboré une doctrine: Basilide et Valentin d’Alexandrie, Bardesane d’Edesses et Marcion du Pont. Nous n’étudierons que les doctrines de Valentin et de Marcion.La doctrine de Valentin nous est surtout connue par les citations des hérésiologues, par des fragments réunis sous le titre d’Extraits de Théodote, ainsi que par quelques-uns des textes découverts à Nag Hamadi.Pour mieux marquer la transcendance de Dieu, les Valentiniens l’appellent tantôt le Dieu étranger, tantôt le Dieu lointain, tantôt le Dieu inconnu. Ce Dieu, ils le placent au sommet d’un univers divin appelé Plérôme, ou lieu de la Plénitude. Ce Plérôme est constitué par des éons ou, puissances célestes qui entretiennent entre eux des rapports très complexes. Voici la description que le Père Sagnard donne de ce Plérôme dans son commentaire des Extraits de Théodote:«La divinité, infinie transcendante se présente à nous comme un “Plérôme” c’est-à- dire une Plénitude faite de puissances hiérarchisées ou Éons siècles.Ceux-ci émanent successivement par couples de leur Source dans une hiérarchie décroissante qui est pour nous l’expression de cette divinité.Ces couples, conçus sur le type mâle-femelle, veulent simplement exprimer par leur élément femelle, une qualité inhérente à l’élément mâle, et, de cette façon, ils ne font qu’un.»(20)Leur ensemble forme l’ogdoade:Père, abîme…………………………………………Pensée, grâceFils mono gène (intelligence)………………….VéritéLogos………………………………………………….VieL’homme……………………………………………..ÉgliseVoilà donc pour le monde divin tel que se le représentaient les Valentiniens. À côté de ce monde divin, et complètement séparé de lui, il y a le monde d’en-bas, le monde des ténèbres. Il est à remarquer que les Valentiniens comme d’ailleurs tous les premiers gnostiques, ne font pas de distinction très nette entre la matière et le monde. Le mauvais ange qui a formé le monde l’a bien formé à partir d’une matière préexistante, mais il n’a pu le faire que par ce que lui-même était ignorant du divin. On s’explique ainsi pourquoi son travail n’a pas rendu la matière plus divin plus lumineuse. Parlant de cette première gnose, H.W. Barth écrit:«La caractéristique en est le dualisme radical qui, pour la première fois, n’est pas intérieur au monde, mais qui repousse le monde tout entier, le cosmos grec avec ses dieux, comme le monde oriental avec ses planètes, du côté du mal et les sépare d’un Dieu unique, bon et lointain.»(21)Il s’agit donc d’un dualisme qu’on pourrait appeler transcendantal et non pas d’un dualisme métaphysique ou dualisme des principes. Ce dualisme tel qu’il existe dans Mani, enseigne que le monde résulte du mélange de deux principes, la lumière et les ténèbres, Dieu et la matière. Le dualisme des premiers gnostiques est plus radicale monde pour eux est tout entier du côté des ténèbres mais en même temps, il est moins catégorique, moins définitif: le monde, après tout, a été créé par une puissance sortie du Plérôme. S’il ne l’a pas créé lui-même, Dieu a au moins permis sa création. Le texte suivant montre très bien le caractère ouvert de ce dualisme:«Il ( le démiurge ) ne connaissait pas celle ( la sagesse) qui opérait par lui. Il croyait créer par sa propre puissance. C’est pourquoi l’apôtre dit:«Il a été soumis à la vanité du monde, non de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a soumis, dans l’espoir d’être délivré lui aussi quand seront rassemblées les semences de Dieu.»(22)Venons-en à l’homme. Pour expliquer l’existence d’un élément spirituel dans la matière, les Valentiniens ont recours à un mythe qui fait penser à la fois au mythe de Dyonisos-Zagreus, au mythe du Phèdre et au mythe de la chute des anges dans la Genèse.«Sagesse, émanation la plus éloignée du Père a voulu saisir et comprendre son infini, comme le Fils le saisit.D’où passion (naissance du mal, perturbation dans sagesse et dans tout le Plérôme) et finalement exclusion de cette pensée ou intention désordonnée, avec son mélange de passions. Cette pensée se cristallise au-dehors et se nomme encore sagesse par simple dédoublement de la première.» (23)Cette étincelle divine, déchue, tombée dans la matière sous forme de fragment constitue le noyau de l’âme humaine, lequel noyau est appelé tantôt «pneumatikon sperma», tantôt «Xenikon sperma», tantôt «eklekton sperma». À son sujet il faut noter:a) qu’il n’est pas donné à tous les hommes, comme le mot élu qui sert à le désigner l’indique clairement.b) qu’il fait partie de la substance divine, qu’il est en quelque sorte incréé, thèse contre laquelle s’indigna l’élément orthodoxe de l’Église.c) que lui seul est digne de la gnose. Nous reviendrons sur ce troisième point un peu plus loin.La dite étincelle divine, appelée plus fréquemment âme pneumatique, est recouverte d’une âme psychique, laquelle à son tour est recouverte d’une âme hylique. Il est intéressant de remarquer que ces trois terres correspondent à peu près exactement à ceux que distingue Platon dans le mythe du Phèdre. L’âme hylique correspond au mauvais cheval; l’âme psychique, au bon cheval; l’âme pneumatique, au cocher. Seule l’âme hylique est commune à tous les hommes. L’âme psychique est un peu moins rare que l’âme pneumatique mais elle appartient elle aussi à une catégorie restreinte d’élus. (Chez Platon toutefois, il n’y a pas de semblable répartition.)Il nous reste à d’aborder la question du salut de ces âmes. La théorie valentinienne du salut repose tout entière sur l’idée de rédemption. Le Christ, lui-même élément pneumatique, s’est incarné. Parce qu’il n’a ni âme psychique, ni âme hylique et qu’il est par conséquent d’une parfaite transparence, il est une condition essentielle à la gnose, au salut. C’est lui qui éveille l’élément pneumatique dans les âmes. Cet éveil, c’est la gnose qui est à la fois libération et connaissance, qui est la véritable naissance dont avait parlé saint Paul.Mais que deviennent les psychiques et les hylique pendant que les pneumatiques naissent ainsi à la vie éternelle? Les Valentiniens tranchent cette question d’une façon qui, à juste titre, nous semble cavalière, mais qui ne manque pas d’un certain fond de réalité: les psychiques ont droit à un salut mais à un salut inférieur à celui des pneumatiques; les hyliques sont néant, ils restent néant. Cette façon de classifier les êtres aurait été vraiment atroce étouffante, si elle avait pu être appliquée à la lettre Mais en réalité, on a tout lieu de supposer que personne n’était en mesure de dire avec certitude si son voisin ou lui-même appartenait à telle catégorie plutôt qu’à telle autre.Et même s’il n’en avait pas toujours été ainsi, nous n’aurions pas lieu de nous offusquer outre mesure: certaines de nos catégories psychologiques, tels le refoulement et le complexe freudien, sont beaucoup plus étouffantes que les catégories gnostiques parce que, étant moins générales, elles sont d’un usage beaucoup plus facile.Il nous reste à parler de Marcion. Marcion était un esprit plus réaliste et par là, peut-être plus profond que Valentin. Il est le seul des grands gnostiques qui eut une influence durable, le seul qui aurait pu donner à l’Église une orientation différente de celle qu’elle a prise. Voici comment Harnack caractérise sa doctrine:«Une pensée profonde domine le christianisme de Marcion et l’a tenu à l’écart de tout système rationaliste, c’est la pensée que les lois régnant dan s la nature et dans l’histoire, que les actes de la justice ordinaire sont contraires aux actes de la miséricorde divine, et que la foi humble et l’amour du coeur sont l’opposé de la vertu orgueilleuse.»(24)Il n’est donc pas étonnant que Marcion ait jugé l’Ancien Testament très sévèrement, qu’il soit même allé jusqu’à soutenir que le Dieu bon, le Père que le Christ avait invoqué, ne devait pas être confondu avec Yahvé.On a toutefois exagéré beaucoup sa sévérité à l’égard de l’Ancien Testament, de manière, croirait-on, à le faire apparaître comme fanatique, ce qu’il n’était vraisemblablement pas. Son exégèse telle qu’elle se présente dans la lettre de Ptolémée à Flora, fait preuve d’un souci des nuances que l’on aimerait retrouver chez tous les hérésiologues:«Car si la loi n’a pas été donnée par le Dieu parfait lui-même, comme nous l’avons déjà dit, et certainement pas non plus par le diable (ce qu’il n’est même pas permis de dire), le législateur doit être un troisième qui existe à côté de ces deux autres.C’est le démiurge et le créateur de ce monde tout entier et de tout ce qu’il contient. Parce qu’il est, en son essence, différent des deux autres et se tient au milieu d’eux, on pourrait l’appeler à bon droit l’intermédiaire.Si le Dieu parfait est bon en son essence, comme il l’est effectivement, (car notre Sauveur a dit qu’il n’y avait qu’un seul Dieu bon, son Père, qu’il a révélé) et si l’être qui est par nature Adversaire est mauvais et méchant, caractérisé par l’injustice, alors celui qui se situe entre le Dieu parfait et le diable, et qui n’est ni bon ni assurément mauvais ou injuste, pourrait à proprement parler être appelé juste, parce qu’il est aussi l’arbitre de la justice qui dépend de lui.»(25)Notes(01) A. Harnack, Précis de l’histoire des dogmes, Paris, Fischbacher, 1893,(02) Nicolas Berdiaev, Les sources et le sens du communisme russe, NRF, Paris 1938, p.56.(03) Rappelons que l’Éleusinisme et l’Orphisme sont les deux principales de ces religions. Nous emprunterons à Erwin Rohde quelques réflexions sur la première et à Théodor Comperz quelques réflexions sur la seconde. Les mystères d’Eleusis: au centre de cette religion, il y a la légende de Dyonisos-Zagreus. On connait cette légende: Déméter, la déesse de l’abondance, la déesse-mère, la magna mater, avait eu de Jupiter une fille nommée Perséphone, Proserpine en latin. Cette fille bien-aimée lui fut un jour ravie par Pluton, le dieu des Enfers. Déméter en conçût une immense douleur et s’en plaignit à Jupiter. Non contente de la consolution que lui apporta le maître des dieux, elle décida de se mettre elle-même à la recherche de sa fille. Nous citons maintenant Rohde:«Ce vieux culte éleusinien est donc le service divin d’une communauté très refermée. La connaissance des rites sacrés et par là, le clergé, est limitée à la descendance des quatre princes d’Éleusis , entre lesquels Déméter a partagé autrefois les sièges héréditaires. La promesse de foi solennelle qui est jointe à la participation au culte d’Éleusis est très particulière. Elle s’énonce comme suit:« Heureux l’homme qui a contemplé des actes divins! Mais celui qui n’est pas initié et qui ne peut pas participer au rite sacré, n’aura pas le même sort après sa mort dans l’épaisse obscurité de l’Hadès.» ( Erwin Rohde, Psychè,)(04) Cf J.E. Ménard: «Le sens de gnosis dans l’Évangile de Vérité», in Studia Montis Regii, 1962, fascicule I:«La gnose apparaît ainsi comme une science secrète, et la formation exigée pour y parvenir ressemble non à l’instruction donnée par le philosophe, mais à celle que communique le mystagogue».Un destin privilégié après la mort est donc promis à celui qui participe au culte d’Éleusis. Mais déjà dans la vie, il est grandement changé celui que les deux déesses aiment. Il est même favorisé sur le plan matériel…Voici maintenant ce que nous savons sur le mystère lui-même. Nous citons toujours Rohde:«Le mystère était un acte dramatique, plus exactement de la pantomime religieuse accompagnée de chants sacrés et de proverbes ainsi que d’une représentation du vol de Perséphone, semblable à celle que certains auteurs chrétiens nous ont laissée. Une telle représentation des aventures des dieux était une pratique très répandue en Grèce. Ce qui est particulier à la fête d’Éleusis, c’est l’espérance qu’elle offrait aux initiés: bonheur pendant la vie et meilleur sort après la mort; immortalité de l’âme. Les raisons de cette immortalité de l’âme étaient exprimées sous forme allégorique par le mystère lui-même:«Déméter est la terre, Perséphone sa fille, la semaille, la graine. La capture de Perséphone par Pluton et son retour dû à Adonis sont signifiés par l’ensemencement de la graine et par sa croissance ou, dans une interprétation plus large, par le renouveau annuel de la végétation.» (Rohde, psyché) La graine, disparue dans la terre est une image de l’âme morte, sa croissance est l’image de l’âme ressuscitée.La religion orphique: Quant aux cérémonies extérieures, cette religion s’apparente de très près à celle d’Éleusis. Elle est toutefois d’inspiration plus pure que cette dernière. Elle insiste plus sur la pureté intérieure que sur la richesse, elle exige plus qu’elle ne promet. Voici le résumé de sa doctrine d’après Théodor Comperz :«Mythe des Orphiques. C’est la légende de Dyonisos-Zagreus. Le Père céleste a confié au fils de Zeus et de Proserpine le gouvernement du monde. Les Titans le poursuivent qui, auparavant, ont combattu contre Ouranos et ont été vaincus par lui. Le fils des dieux échappe à leurs coups sournois en se métamorphosant plusieurs fois, jusqu’à ce qu’il tombe entre leurs mains sous la forme d’un taureau, pour être ensuite déchiré et dévoré par eux. Athéna ne sauve que son coeur; mais Zeus avale ce coeur et il engendre ainsi le nouveau Dyonisos. Pour punir les Titans de leur crime sacrilège, Zeus les frappe avec le rayon de son éclair. De leurs cendres naît l’espèce humaine. L’être des hommes provient donc de celui des Titans auquel se mêlent des éléments (divins) provenant de Dyonisos – Zagreus. Les Titans sont l’incarnation du mauvais principe. Dyonisos est l’incarnation du bon principe. Leur union est la cause du conflit entre le divin et le non-divin qui sévit si souvent dans le coeur de l’homme. L’expérience profonde de l’opposition, du contraste violent entre, d’un côté, les souffrances et l’impureté terrestre et, de l’autre, la pureté et la béatitude divine, constitue le centre de l’inspiration propre à l’orphico-pythagorisme. C’est de cette source que provient la soif de la pureté, de la réconciliation et du salut final.» (Théodor Comperz, Die Griechische Denker)

www.franc-maconnerie.org

Tags technorati :, ,

Publié dans Gnose | Laisser un commentaire »

L’ÉVANGILE SELON THOMAS

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 11, 2007

 Voici les paroles cachées que Jésus le Vivant a dites et qu’a transcrites Didyme Jude Thomas. Et il a dit : « Celui qui parvient à l’interprétation de ces paroles ne goûtera point la mort ! » 1. Jésus dit : « Que celui qui cherche ne cesse point de chercher jusqu’à ce qu’il trouve : lorsqu’il trouvera, il sera ému; et lorsqu’il sera ému, il admirera, et il régnera sur l’univers ! »2. Jésus dit : « Si ceux qui vous entraînent vous disent : ” Voici, le Royaume est dans le ciel ! “&emdash;alors, les oiseaux du ciel y seront avant vous. S’ils vous disent : ” Il est dans la mer ! “&emdash;alors, les poissons y seront avant vous. Mais le Royaume est au-dedans de vous et il est au- dehors de vous ! »3. « Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c’est vous les fils du Père qui est vivant. Mais si vous ne vous connaissez point, alors vous serez dans un dénuement, et c’est vous [qui serez] le dénuement ! »4. Jésus dit : « Que le vieillard chargé de jours ne tarde pas à interroger le petit enfant de sept jours sur le Lieu de la Vie, et il vivra ! Car il apparaîtra que beaucoup de premiers seront derniers, et ils deviendront un [seul] ! »5. Jésus dit : « Connais ce qui est en face de ton visage, et ce qui t’est caché se révélera à toi. Car rien de caché ne manquera d’être révélé ! »6. Ses disciples l’interrogèrent; ils lui dirent : « Tu veux que nous jeûnions ? Quelle est la manière dont nous prierons, dont nous ferons l’aumône, et quelle façon de se nourrir respecterons-nous ? »Jésus dit : « Ne dites point de mensonge et, ce que vous avez en haine, ne le faites point : car toutes ces choses sont manifestes à la face du ciel; rien de ce qui est caché ne manquera d’être révélé et rien de ce qui est dissimulé ne tardera à être publié ! »7. Jésus dit : « Bienheureux est ce lion que l’homme mangera en sorte que le lion devienne homme. Mais maudit est l’homme que le lion mangera en sorte que le lion devienne homme ! »8. Puis il dit que : « L’homme est pareil à un sage pêcheur qui a jeté son filet dans la mer. Il l’a remonté de la mer plein de petits poissons au milieu desquels ce sage pêcheur a trouvé un poisson grand et excellent. Il a rejeté tous les petits poissons dans la mer; sans hésiter il a choisile grand poisson. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »9. Jésus dit : « Voici; le semeur est sorti. Il a empli sa main et il a jeté. [Des grains,] les uns sont tombés sur la route : les oiseaux sont venus et les ont recueillis. D’autres sont tombés sur le roc : ils n’ont point trouvé à s’enraciner dans la terre et n’ont point produit d’épis vers le haut. D’autres sont tombés sur les épines : [elles] ont étouffé la graine, et le ver a mangé ces [semences]. D’autres sont tombés sur la bonne terre et cette [portion] a fait monter un fruit excellent : elle a donné jusqu’à soixante par mesure, et [même] cent vingt par mesure ! »10. Jésus dit : « J’ai jeté un feu sur l’univers, et voici : je veille sur lui jusqu’à ce qu’il embrase ! »11. Jésus dit : « Ce ciel passera, et celui qui est au-dessus de lui passera : mais ceux qui sont morts ne vivront point, et ceux qui vivent ne mourront point. »12. Aujourd’hui, vous mangez des choses mortes et vous en faites ce qui est vivant : [mais] lorsque vous serez dans la Lumière, que ferez-vous en ce jour-là où, étant un, vous deviendrez deux; et lorsque vous deviendrez deux, qu’est-ce alors que vous ferez ? »13. Les disciples disent à Jésus : « Nous savons que Tu nous quitteras : qui, au-dessus de nous, sera [alors] le [plus] grand? » Jésus leur dit : « Là où vous irez, vous vous rendrez vers Jacques le Juste, celui à cause duquel le ciel ainsi que la terre ont été produits. »14. Jésus dit à ses disciples : « Comparez-moi, et dites- moi à qui je suis semblable. » Simon Pierre lui dit : « Tu es semblable à un ange juste ! » Matthieu lui dit : « Tu es semblable à un homme sage et philosophe ! » Thomas lui dit : « Maître, à qui tu es semblable, pour que je le dise mon visage ne parvient absolument point à le saisir. »Jésus dit : « Je ne suis point ton maître; car tu as bu : tu t’es enivré de la source bouillonnante qui est à moi et que j’ai répandue. » Puis il le prit et s’écarta : il lui dit trois mots. Et, lorsque Thomas revint vers ses compagnons, ils le questionnèrent : « Qu’est-ce que Jésus t’a dit ? » &emdash; et Thomas leur répondit : « Si je vous dis une seule des paroles qu’il m’a dites, vous prendrez des pierres et me les jetterez, et un feu sortira des pierres et vous consumera ! »15. Jésus leur dit : « Lorsque vous jeûnerez, vous engendrerez pour vous-mêmes un péché; lorsque vous prierez, on vous condamnera; lorsque vous ferez l’aumône, vous accomplirez un mal pour vos esprits ! Quand vous pénétrerez en n’importe quelle terre et que vousparcourrez les campagnes, lorsque l’on vous accueillera, mangez ce que l’on mettra devant vous; ceux qui sont malades dans ces endroits, guérissez-les. Car ce qui entrera dans votre bouche ne vous souillera point, mais ce qui sort de votre bouche, c’est cela qui vous souillera ! »16. Jésus dit : « Quand vous voyez celui qui n’a pas été engendré de la femme, prosternez-vous, visage contre terre, et adorez-le : Celui-ci est votre père ! »17. Jésus dit : « Certainement les hommes pensent que je suis venu pour jeter une paix sur l’univers. Mais ils ne savent pas que je suis venu pour jeter sur terre des discordes, le feu, l’épée, la guerre. Si en effet il y a cinq dans une maison, ils se trouveront trois contre deux et deux contre trois &emdash;père contre fils et fils contre père&emdash; et ils se lèveront en étant des solitaires. »18. Jésus dit : « Je vous donnerai ce que jamais œil n’a vu, et ce que jamais oreille n’a entendu, et ce que jamais main n’a atteint, et cela qui n’est jamais monté au coeur de l’homme. »19. Les disciples disent à Jésus : « Dis-nous comment votre fin sera. » Jésus dit : « Avez-vous donc dévoilé le commencement, pour que vous questionniez sur la fin ? Car là où est le commencement, là sera la fin. Bienheureux est celui qui atteindra le commencement : il connaîtra la fin, et il ne goûtera point la mort I ! »20. Jésus dit :« Bienheureux celui qui a existé avant qu’il ait été produit !»21. « Si vous devenez pour moi des disciples et que vous écoutiez mes paroles, ces pierres vous serviront. »22. « Car vous avez là, dans le Paradis, cinq arbres qui ne changent été ni hiver, et dont les feuilles ne tombent point : celui qui les connaîtra ne goûtera point la mort ! »23. Les disciples disent à Jésus : « Dis-nous à qui est semblable le Royaume des cieux ! » Il leur a dit : « Il est pareil à une graine de sénevé : elle est plus petite que toutes les [autres] semences, mais, lorsqu’elle tombe sur la terre labourée, elle produit une grande tige et devient un abri pour les oiseaux du ciel. »24. Marie dit à Jésus : « A qui tes disciples sont-ils semblables? » Il lui a dit : « Ils sont semblables à de petits enfants qui ont pénétré dans un champ qui ne leur appartient pas. Lorsque les propriétaires du champ viendront, ils diront : ” Quittez-nous notre champ! ” Eux [donc], ils se dépouillent en présence de ces [gens] pour leur laisser leur champ et le leur rendre. »25. « C’est pourquoi je vous dis ceci. Si le maître de maison sait que le voleur vient, il veillera avant que celui- là arrive et il ne laissera pas se percer une entrée dans la demeure de sa royauté pour en emporter ses meubles. Vous donc, soyez vigilants face à l’univers. Ceignez vos reins avec une grande énergie, afin que les brigands ne trouvent pas de moyen de vous atteindre; car le besoin que vous guettez, ils le trouveront! »26. Qu’il y ait au milieu de vous un [tel] homme avisé : lorsque le fruit est venu, en hâte, sa faucille à la main, il est allé et il l’a moissonné. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »27. Jésus vit des petits qui tétaient; il dit à ses disciples : « Ces petits qui tettent sont semblables à ceux qui entrent dans le Royaume. » Eux lui dirent : « Si nous sommes petits, entrerons-nous dans le Royaume ? » Jésus leur dit : « Lorsque vous ferez les deux [être] un, et que vous ferez le dedans comme le dehors et le dehors comme le dedans, et le haut comme le bas ! Et si vous faites le mâle et la femelle en un seul, afin que le mâle ne soit plus mâle et que la femelle ne soit plus femelle l, et lorsqu’à la place d’un œil vous referez des yeux, et une main à la place d’une main, et un pied à la place d’un pied, et une image à la place d’une image, alors vous entrerez dans le [Royaume] ! »28. Jésus dit : « Je vous choisirai, un entre mille et deux entre dix mille, et [ceux-ci] se lèveront étant un ! »29. Ses disciples lui disent : « Instruis-nous sur le lieu où tu es, car il nous est nécessaire de questionner à son sujet ! » Il leur dit : « Que celui qui a des oreilles entende ! Si une lumière existe au-dedans d’une créature lumineuse, alors elle illumine l’univers tout entier; mais si elle n’illumine point, [c'est qu'elle] est une ténèbre. »30. Jésus dit : « Aime ton frère comme ton âme; veille sur lui comme [sur] la prunelle de ton œil. »31. Jésus dit : « La paille qui est dans l’œil de ton frère, tu la vois; mais la poutre qui est dans ton œil, tu ne la vois point ! Lorsque tu auras rejeté la poutre qui est dans ton œil, alors tu y verras pour rejeter la paille hors de l’œil de ton frère. »32. Si vous ne jeûnez pas au monde, vous ne trouverez point le Royaume. Si vous ne faites point du Sabbat le [vrai] Sabbat, vous ne verrez point le Père. »33. Jésus dit : « Je me suis tenu au milieu de l’univers et, dans la chair, je me suis manifesté à ceux-ci. Je les ai tous trouvés qui étaient ivres; je n’en ai trouvé aucun assoiffé parmi eux. Et mon âme s’est affligée pour les enfants des hommes. Parce qu’ils sont des aveugles dans leur cœur et qu’ils ne voient pas, parce qu’ils sont venus au monde étant vides, ils cherchent encore à sortir du monde étant vides ! Qu’il vienne cependant quelqu’un qui les redresse ! Alors, quand ils auront cuvé leur vin, ils se repentiront. »34. Jésus dit : « Si la chair s’est produite à cause de l’esprit, c’est un miracle. Mais si l’esprit [s'est produit] à cause du corps, c’est un miracle de miracle. Mais moi, je m’émerveille de cela parce que le [...........de] cette (?) grande richesse a demeuré dans cette pauvreté. »35. Jésus dit : « Là où il y a trois dieux, ce sont des dieux. Là où sont deux, ou [bien] un, je suis avec lui ! »36. Jésus dit : « Un prophète n’est pas reçu dans sa ville, et un médecin n’opère point de guérison sur ceux qui le connaissent. »37. Jésus dit : « Une ville qui est édifiée sur une montagne élevée, et qui est forte, il n’est pas possible qu’elle tombe, et l’on ne peut la cacher ! »38. Jésus dit : « Ce que tu entendras de ton oreille, et de l’autre oreille, proclame-le sur vos toits ! Car personne n’allume une lampe et ne la met sous le boisseau ou ne la met dans un endroit caché : mais il la place sur le candélabre afin que tous ceux qui entrent et sortent voient sa lumière.»39. Jésus dit : « Si un aveugle conduit un autre aveugle, tous les deux tombent dans une fosse. »40. Jésus dit : « Il n’est pas possible que quelqu’un entre dans la maison du puissant et qu’il lui fasse violence s’il ne lui a point lié les mains : alors [seulement] il dévalisera sa maison . »41. Jésus dit : « N’ayez point souci, du matin au soir et du soir au matin, de ce que vous revêtirez ! »42. Ses disciples lui disent : « Quel jour nous apparaîtras-tu, et quel jour te verrons-nous ? » Jésus dit : « Lors- que vous vous dépouillerez sans que vous ayez honte, que vous ôterez vos vêtements et les déposerez à vos pieds à la manière des petits enfants, et que vous les piétinerez ! Alors [vous deviendrez] les fils de Celui qui est vivant, et vous n’aurez plus de crainte. »43. Jésus dit : « Vous avez désiré bien des fois entendre ces paroles-ci que je vous dis, mais vous n’avez pas eu un autre de qui les entendre. Il viendra des jours où vous me chercherez, et où vous ne me trouverez pas.»44. Jésus dit : « Les pharisiens et les scribes ont pris les clés de la science et les ont cachées : ils ne sont point entrés et ils n’ont pas, non plus, laissé [entrer] ceux qui voulaient entrer. Mais vous, soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes ! »45. Jésus dit : « Un cep de vigne a été planté au dehors du Père. Il ne s’est point fortifié : on l’arrachera jusqu’à sa racine et il périra. »46. Jésus dit : « Celui qui a dans sa main, on lui donnera. Mais celui qui n’a pas, [même] le peu qu’il a lui sera enlevé ! »47. Jésus dit : « Soyez, vous, [comme] des passants ! »48. Ses disciples lui dirent : « Qui es-tu, toi qui nous dis ces choses? &emdash;Par les choses que je vous dis, ne reconnaissez-vous pas qui je suis ? Mais vous êtes, vous- mêmes, devenus pareils aux Juifs : ils aiment l’arbre et ils détestent son fruit, ils aiment le fruit et ils détestent l’arbre ! »49. Jésus dit : « Qui a blasphémé contre le Père, on lui pardonnera, et qui a blasphémé contre le Fils, on lui par- donnera : mais celui qui a blasphémé contre l’Esprit saint, on ne lui pardonnera point, ni sur terre ni dans le ciel. »50. Jésus dit : « On ne récolte point de raisin sur les ronces, et l’on ne cueille point de figues sur l’épine- blanche : elles ne donnent pas de fruit ! [... un] homme bon tire de son grenier ce qui est bon, mais un homme pervers tire de son grenier pervers&emdash;qui est dans son cœur &emdash; des [choses] mauvaises, et il en sème de mauvaises parce que [ce sont ] des [choses] mauvaises [qu'] il tire de l’outrance de son coeur~. »51. Jésus dit : « Depuis Adam jusqu’à Jean Baptiste, parmi ceux qui ont été engendrés de femmes il n’en est point de plus grand que Jean-Baptiste ! Mais, de crainte que les yeux [d'un tel] ne se perdent j’ai dit : Celui qui parmi vous sera [le plus ] petit connaîtra le Royaume et sera plus élevé que Jean ! »52. Jésus dit : « Il n’est pas possible qu’un homme monte deux chevaux, ni qu’il tende deux arcs. Et il n’est pas possible qu’un domestique serve deux maîtres : sinon, il honorera l’un et l’autre le rudoiera ! Jamais homme ne boit du vin vieux et ne désire au même instant boire du vin nouveau; on ne verse pas du vin nouveau dans de vieilles outres, pour qu’elles ne se fendent point, et l’on ne verse pas du vin vieux dans des outres neuves, afin qu’il ne se gâte. On ne coud pas un vieux morceau à un vêtement neuf, car une déchirure se produirait. »53. Jésus dit : « Si deux sont l’un avec l’autre en paix dans la même maison, ils diront à la montagne : ” Déplace-toi ! “&emdash;et elle se déplacera.»54. Jésus dit : « Bienheureux les solitaires et les élus, car vous trouverez le Royaume ! Parce que vous êtes issus de lui, de nouveau vous y retournerez. »55. Jésus dit : « Si les gens vous demandent : ” D’où êtes-vous venus ? “&emdash;dites-leur : ” Nous sommes venus de la Lumière, du lieu où la Lumière s’est produite [ ..... ] hors de lui-même [ou : d'elle-même ?]- Il [........]……. jusqu’à ce qu’ils manifestent? ….[..... ......] leur image. ” Si l’on vous dit : “Qui êtes-vous ? “&emdash;dites : ” Nous sommes ses fils et nous sommes les élus du Père qui est vivant. ” Si [les gens] vous demandent : ” Quel signe de votre Père est en vous? ” &emdash; dites-leur : ” C’est un mouvement et un repos l. »56. Ses disciples lui dirent : « Quel jour le repos de ceux qui sont morts se produira-t-il, et quel jour sera-ce que le monde nouveau viendra ? » Il leur a dit : « Ce [repos] que vous attendez est [déjà] venu, et vous ne l’avez point reconnu. »57. Ses disciples lui dirent : « Vingt-quatre prophètes ont parlé en Israël et tous, ils se sont exprimés en toi ! » Il leur a dit : « Vous avez délaissé Celui qui est vivant en face de vous, et vous avez parlé des morts ! »58. Ses disciples lui dirent : « La circoncision est-elle utile ou non ? » Il leur a dit : « Si elle était utile, leur père les engendrerait de leur mère [tout] circoncis. Mais [seule] la véritable circoncision dans l’esprit donne tout le profit ! »59. Jésus dit : « Bienheureux les pauvres, car le Royaume des cieux est à vous ! »60. Jésus dit : « Celui qui ne haïra pas son père et sa mère ne pourra être mon disciple; et s’il ne hait point son frère et sa sœur et ne prend pas sa croix comme moi, il ne deviendra pas digne de moi ! »61. Jésus dit : « Celui qui a connu le monde est tombé dans un cadavre; et, celui qui est tombé dans un cadavre, le monde n’est plus digne de lui!»62. Jésus dit : « Le Royaume du Père est pareil à un homme qui a une [bonne] semence [dans son champ]. La nuit, son ennemi est venu et a semé de l’ivraie par-dessus la semence qui est bonne. [Mais] cet homme ne les [ ses Serviteurs] a pas laissés arracher l’ivraie, « de crainte&emdash; leur a-t-il dit&emdash; qu’en allant ôter l’ivraie vous n’enleviez avec elle le froment. En effet, au jour de la moisson, les ivraies seront devenues reconnaissables : on les ôtera et on les brûlera l. »63. Jésus dit : « Bienheureux l’homme qui a peiné : il a trouvé la Vie ! »64. Jésus dit : « Tournez vos regards vers Celui qui est vivant, tant que vous êtes vivants, afin que vous ne mouriez point&emdash;et cherchez à le voir ! Vous ne pourrez voir un Samaritain qui porte un agneau et qui entre dans la Judée. » Ceci, c’est au sujet de l’agneau qu’il l’a dit à ses disciples, et ils lui ont répondu : « Il le tuera et le mangera ! » Mais il leur a dit : « Il ne le mangera point tant que [celui-ci] est vivant, mais seulement s’il le tue et que celui-ci devienne cadavre. » Ils lui dirent : « En nulle autre façon il ne le blessera ! » Il leur a dit [alors] : « Vous-mêmes, cherchez-vous donc un lieu de repos, afin que vous ne deveniez point des cadavres et que l’on ne vous mange point ! »65. Jésus dit : « Deux se reposeront là sur un lit : l’un mourra, I’autre vivra. » Salomé dit : « Qui es-tu homme; de qui es-tu [issu] , pour être monté sur mon lit et avoir mangé à ma table ? » Jésus lui dit : « Je suis celui qui s’est produit de Celui qui [m']est égal : on m’a donné de ce qui est à mon Père !&emdash;Je suis ta disciple !&emdash;A cause de cela, je dis ceci : Lorsqu,’[un] se trouvera désert, il sera plein de lumière; mais lorsqu’il se trouvera divisé, il sera plein de ténèbres. »66. Jésus dit : « Quand je dis mes mystères à [...... ...] … mystère : [ce que] ta main droite fera, que ta main gauche ignore [qu']elle le fait. »67. Jésus dit : « Il y avait un homme riche qui avait beaucoup de biens. Il [se] dit : ” J’userai de mes biens afin d’ensemencer mon champ, de planter, de remplir mes greniers de récoltes, de sorte que le besoin ne me touche pas.” Telles étaient les choses qu’il pensait en son cœur. Mais, pendant cette nuit-là, il mourut. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »68. Jésus dit : « Un homme avait des hôtes. Lorsqu’il eut préparé le festin, il envoya son serviteur pour appeler ces hôtes. Celui-ci alla chez le premier et lui dit : ” Mon maître t’invite ! ” [L'autre] répondit : ” J’ai de l’argent à recevoir de marchands; ils viennent vers moi ce soir et j’irai pour leur donner des ordres. Je m’excuse pour le festin. ” [Le domestique] alla chez un autre et lui dit : ” Mon maître t’a invité. ” [Celui-ci] lui dit : ” J’ai acheté une maison et l’on me demande une journée : je ne suis pas libre. ” Il alla vers un autre et lui dit : ” Mon maître t’invite! ” [Celui-ci] lui répondit : ” Mon ami va se marier, et c’est moi qui ferai [son] festin. Je n’irai pas : je m’excuse pour le festin ! ” Il alla vers un autre et il lui dit : ” Mon maître t’invite ! ” [Celui-ci] lui dit : ” J’ai acheté un champ? et je ne suis pas encore allé [en] recevoir le revenu. Je ne viendrai pas : je m’excuse pour le festin ! ” Le serviteur revint et dit à son maître : ” Ceux que tu as invités au festin se sont excusés. ” Le maître dit à son serviteur : ” Va dehors, dans les rues, et ceux que tu trouveras, amène-les pour qu’ils dînent. ” Les acheteurs et les mar[chands n'entreront] pas dans les lieux de mon Père ! »69. Il a dit : « Un homme [important] avait un vignoble qu’il avait donné à des cultivateurs pour qu’ils le travaillent et qu’il en reçoive d’eux le fruit. Il envoya son serviteur pour que les cultivateurs lui donnent le fruit du vignoble : [mais] ceux-ci s’emparèrent de son serviteur, ils le frappèrent et il s’en fallut de peu qu’ils ne le tuent. Le serviteur revint et le dit à son maître. Son maître [se] dit : ” Peut-être ne les a-t-il pas reconnus ? ” Il envoya un autre serviteur : cet autre aussi, les cultivateurs le frappèrent. Alors, le maître envoya son fils : il se dit : ” Sans doute respecteront-ils mon enfant ? ” Mais, quand ils surent que celui-ci était l’héritier du vignoble, ces cultivateurs le saisirent et le tuèrent. Que celui qui a des oreilles entende l ! »70. Jésus dit : « Puisses-tu m’enseigner cette pierre que ceux qui construisent ont rejetée ! C’est elle, la pierre de l’angle . »71. Jésus dit : « Celui qui connaît le Tout, qui n’a besoin que de lui-même, il a besoin de tout le Lieu ! »72. Jésus dit : « Bienheureux serez-vous lorsque l’on vous haïra et que l’on vous persécutera; mais ils ne trouveront pas de place dans ce lieu [jusqu']auquel ils vous auront poursuivis ! »73. Jésus dit : « Bienheureux sont-ils, ceux que l’on a persécutés dans leur cœur. Ce sont ceux-là qui ont connu ? le Père ! Bienheureux ceux qui sont affamés, parce qu’ils se rassasieront le ventre à [leur] désir ! »74. Jésus dit : « Lorsqu’il vous reste de quoi partager, à vous, cela que vous possédez vous sauvera. Mais si vous ne pouvez partager [pour vous], cela, que vous n’avez point en vous, cela [. ?.] vous [... ra]. »75. Jésus dit : « Je [...................]rai [............................] et personne ne pourra………[.......... ....] [.......].»76. [Quelqu'un] lui [a dit ] : « Parle à mes frères, pour qu’ils partagent avec moi les biens de mon père ! » Il lui a répondu : « Homme, qui m’a fait partageur ? » Il se retourna vers ses disciples et leur dit : « Que je ne sois point un partageur ! »77. Jésus dit : a La moisson est grande mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez le Seigneur pour qu’il envoie des ouvriers à la moisson.»78. Il a dit : « Seigneur, beaucoup sont autour de l’ouverture mais personne dans le puits ! »79. Jésus dit : « Beaucoup se tiennent dehors à la porte, mais ce sont les solitaires seuls qui entreront dans la chambre nuptiale l. »80. Jésus dit : « Le Royaume du Père est pareil à un homme, un négociant, qui a un fardeau et qui a trouvé une perle. Ce négociant est un sage : il a vendu le fardeau et s’est acheté la perle seule. Vous aussi, cherchez son trésor qui ne périt point, qui demeure, dans lequel la teigne ne pénètre pas pour ronger et [où] le ver ne détruit point. »81. Jésus dit : « Je suis la lumière, celle qui est sur eux tous. Je suis le Tout, et le Tout est sorti de moi et Tout est revenu à moi. Fends le bois : je suis là; soulève la pierre et tu m’y trouveras ! »82. Jésus dit : « Pourquoi êtes-vous sortis dans la campagne? [Est-ce] pour voir un roseau agité [par] le vent, et pour voir un h[omme avec des] vêtements [délicats] qui l’enveloppent ? [Mais ils sont dans les demeures des] rois et de vos grands, ceux que de [délicats vêtements] enveloppent, et ils ne connaissent pas la vérité! »83. Dans la foule, une femme lui dit : « Bienheureux le ventre qui t’a porté et le sein qui t’a nourri ! » Il lui a dit : « Bienheureux ceux qui ont entendu la parole du Père et qui la gardent ! En vérité, des jours viendront où vous direz : Heureux le ventre qui n’a point engendré et ces mamelles qui n’ont point allaité ! »84. Jésus dit : « Celui qui a connu le monde est tombé dans le corps; et celui qui est tombé dans le corps, le monde n’est pas digne de lui. »85. Jésus dit : « Que celui qui s’est fait riche règne, et que celui qui a une force soit miséricordieux ! »86. Jésus dit : « Celui qui est près de moi est près du feu, et celui qui est loin de moi est loin du Royaume. »87. Jésus dit : « Les images apparaissent à l’homme, mais la lumière qui est en elles est cachée. Dans l’image de la lumière du Père, elle [ cette lumière] se révélera, et son image sera voilée par sa lumière. »88. Jésus dit : «Maintenant, quand vous voyez votre apparence, vous vous réjouissez. Mais, lorsque vous verrez vos images qui se sont produites avant vous, qui ne meurent point et qui ne se manifestent point, quelle grandeur supporterez-vous ? »89. Jésus dit : a Adam a été produit par une grande puissance et une grande richesse; mais il n’a pas reçu? [... .... ......] digne ? de vous, car il n’était pas digne [de ?] ne pas [être soumis?] à la mort. »90. Jésus dit : « [Les renards] [ont] des [tanières] et les oiseaux ont [leurs] nids; mais le Fils de l’Homme n’a pas de lieu où incliner sa tête et se reposer. »91. Il a dit, lui, Jésus : « Le corps qui dépend d’un corps est un malheureux, et l’âme qui dépend de ces deux est une malheureuse ! »92. Jésus dit : « Les anges et les prophètes viennent vers vous : ils vous donneront les choses qui vous appartiennent. Vous-mêmes, donnez-leur ce que vous possédez et dites-vous : « Quel jour vont-ils venir, et prendre ce qui est à eux ? » ~ ~93. Jésus dit : a Pourquoi lavez-vous le dehors de la coupe et ne pensez-vous pas que celui qui a fait le dedans, c’est lui aussi qui a fait le dehors?»94. Jésus dit : « Venez à moi, car mon joug est excellent et mon autorité est douce, et vous trouverez pour vous le repos I ! »95. Ils lui dirent : « Dis-nous qui tu es, afin que nous croyions en toi. » Il leur a dit : a VOUS scrutez l’aspect du ciel et de la terre mais Celui qui est par-devant vous, vous ne le connaissez pas et, cette conjoncture-ci, vous ne savez pas comment la scruter ! »96. Jésus dit : « Cherchez et vous trouverez ! Mais les choses sur lesquelles vous m’avez interrogé en ces jours et que je ne vous ai point dites à ce moment, je veux maintenant les dire, et que vous ne les cherchiez plus. »97. « Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens pour qu’ils ne le jettent point sur le fumier, et ne jetez pas les perles aux pourceaux de peur qu’ils ne le fassent [... ... ... ]98. Jésus [dit : « ] Celui qui cherche trouvera [et, à celui qui voudra entrer], on ouvrira. »99. [Jésus dit : « si?] vous avez de l’argent, ne le donnez pas à intérêt, mais [... ... ... ... ...] qui ne les prendra point de lui. »100. Jésus dit : « Le Royaume du Père est pareil à une femme qui a mis un peu de levain [dans trois] mesures de farine et qui en a fait de grands pains. Que celui qui a des oreilles entende ! »101. Jésus dit : « Le Royaume du Père est pareil à une femme qui porte un vase plein de farine et qui s’en va par un long chemin. L’anse du vase s’est brisée : la farine s’est répandue derrière elle sur le chemin sans qu’elle le sache et sans qu’elle sache y remédier. Lorsqu’elle est arrivée à sa maison, elle a posé le vase et elle a trouvé qu’il était vide. »102. Le Royaume du Père est pareil à un homme qui veut tuer un grand personnage. Dans sa maison, il a dégainé l’épée et il l’a plantée dans le mur pour s’assurer que sa main serait ferme. Ensuite il a tué le personnage. »103. Les disciples lui dirent : « Tes frères et ta mère sont là dehors l. » Il leur a dit : « Vous et ? ceux ? qui font la volonté de mon Père, ce sont là mes frères et ma mère; ce sont eux qui entreront dans le Royaume de mon Père. »104. On montra à Jésus une pièce d’or et on lui dit : « Les gens qui appartiennent à César nous demandent les taxes. » Il leur a dit : « Donnez à César ce qui est à César, donnez à Dieu ce qui est à Dieu et, ce qui est à moi, donnez-le-moi ! »105. « Celui qui n’a pas comme moi détesté son père et sa mère ne pourra être mon disciple, et celui qui a aimé s[on père e]t sa mère comme moi ne pourra être mon disciple. Ma mère, en effet, a [...... ...... ] [...... ........ ......] parce qu’en vérité elle m’a donné la vie. »106. Jésus dit : « Malheur à eux, aux Pharisiens, parce qu’ils sont pareils à un chien qui est couché sur une part et qui [commet?] ce mal de ne point [la]manger et de ne point [en laisser] les déchets à manger. »107. Jésus dit : « Bienheureux est cet homme qui connaît [à quel] point les voleurs vont entrer, afin qu’il veille, qu’il rassemble sa [...... ....], et qu’il se soit ceint les reins avant que ceux-ci soient entrés. »108. Ils [lui] dirent : « Allons; prions et jeûnons aujourd’hui ! » Jésus dit : «Quel est donc le péché que j’ai commis, ou en quoi ai-je été défait ? Mais, quand l’époux sort de la chambre nuptiale. jamais alors on ne jeûne, et jamais on ne prie ! »109. Jésus dit : « Celui qui connaîtra père et mère, l’appellera-t-on : ” Fils de prostituée ! ” ? »110. Jésus dit : « Lorsque vous ferez que les deux soient un vous deviendrez fils de l’Homme et si vous dites : ” Montagne, déplace-toi ! “&emdash;elle se déplacera. »111. Jésus dit : « Le Royaume est pareil à un pasteur qui a cent brebis. Une d’elles, qui est la plus grande, s’est égarée. Il a laissé les quatre-vingt-dix-neuf autres et il a cherché cette seule [brebis] jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée. Après avoir pris cette peine, il a dit à la brebis : Je t’aime plus que les quatre-vingt-dix-neuf [autres] ! »112. Jésus dit : « Celui qui boira de ma bouche deviendra comme moi. Quant à moi, je deviendrai ce qu’il est, et ce qui est caché lui sera révélé. »113. Jésus dit : « Le Royaume est pareil à un homme qui [a] dans son champ un trésor qui est [caché] et qui ne le sait pas. Il ne [l'a pas trouvé avant de] mourir, et il a laissé son [bien à son] fils qui ne savait pas cela. Celui-ci a pris ce champ-là, il l’a vendu, et celui qui l’a acheté est allé le labourer : [il a trouvé] le trésor, et il a commencé de prêter à intérêt à ceux [qu'il] veut ! »114. Jésus dit : « Celui qui a trouvé le monde et qui s’est fait riche, qu’il renonce au monde ! »115. Jésus dit : « Les cieux et la terre dureront devant vous, et celui qui vit de Celui qui est vivant ne verra pas mourir »&emdash;parce que Jésus dit ceci : « Celui qui se tient à soi seul, le monde n’est pas digne de lui. »116. Jésus dit : « Malheur à cette chair qui dépend de l’âme et malheur à cette âme qui dépend de la chair ! »117. Ses disciples lui dirent : « Quel jour le Royaume viendra-t-il ?&emdash;Il ne viendra pas quand on l’attendra. On ne dira pas : ” Voici il est ici ! ” ou : ” Voyez, il est là ! ” mais le Royaume du Père est répandu sur la terre et les hommes ne le voient point. »118. Simon Pierre leur dit : « Que Marie sorte de parmi nous, car les femmes ne sont pas dignes de la vie ! » &emdash;Jésus dit : « Voici; moi, je l’attirerai pour que je la rende mâle afin qu’elle aussi devienne un esprit vivant pareil à vous, les mâles ! Car toute femme qui sera faite mâle entrera dans le Royaume des cieux. »

Histoire-Christianisme-Gnose

Tags technorati :, , ,

Publié dans Gnose | Laisser un commentaire »

Pierre philosophale

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 11, 2007

La Pierre Philosophale (ou Pierre des Sages), centre d’intérêt de l’alchimie, l’ Œuvre, serait une substance capable de réaliser la transmutation des métaux « vils » – il faut comprendre non-précieux – en or. On pourrait aussi en sortir la Panacée ou Élixir de Longue Vie, qui guérit tous les maux et rend immortel celui qui le boit. Pour les alchimistes du Moyen Âge, la Pierre serait le cinquième élément, nommé alkahest (les quatre éléments connus étant la terre, l’eau, l’air et le feu). Sa réalisation est le « Grand œuvre ». Dans un sens metaphorique, la Pierre Philosopahale est l’Amour, tout ce qui est touché par l’Amour devient de l’Or. Cet Or essentiel est synonyme de la Joie: le but de la Vie.

Pierre philosophale – Wikipédia

Tags technorati :, ,

Publié dans Alchimie | Laisser un commentaire »

Alchimie

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 11, 2007

L’alchimie est une science (au sens ancien du terme) ésotérique dont l’objet est l’étude de la matière et de ses transformations. Elle repose sur un ensemble de pratiques (et en ce sens, elle est généralement considérée comme l’une des origines de la chimie moderne) et sur des considérations philosophiques particulières, l’hermétisme.L’un des objectifs pratiques de l’alchimie est la transmutation des métaux, notamment des métaux nobles (or et argent) (selon la physique moderne si ces transformations sont inaccessibles dans les conditions expérimentales des alchimistes, elles sont par contre possibles dans le cadre des réactions nucléaires). L’alchimie prétend également détenir le secret de la médecine universelle capable de soigner tous les êtres vivants, et de prolonger la vie au-delà des limites naturelles ordinaires.Dans la pensée hermétique (proche du gnosticisme[réf. nécessaire]), la matière était perçue comme relevant d’un monde inférieur terrestre ou microcosme organisé à l’image du monde supérieur céleste ou macrocosme, de sorte que l’étude de la matière était pour l’homme coupé de la source divine originelle dont il était issu, un moyen de connaissance et de retour vers le divin.En tant que connaissance ésotérique, les textes alchimiques possèdent la particularité d’être codés. Il s’agit d’un savoir qui n’est transmis que sous certaines conditions. Les codes employés par les anciens alchimistes étaient destinés à empêcher les profanes d’accéder à leurs connaissances. L’utilisation d’un langage poétique volontairement obscur, chargé d’allégories et de figures rhétoriques avait pour objet de réserver l’accès aux connaissances à ceux qui auraient les qualités intellectuelles pour déchiffrer les énigmes posées par les auteurs et la sagesse pour ne pas se laisser tromper par les pièges nombreux que ces textes recèlent.Il est difficile de retracer l’histoire exacte de l’alchimie, la mise en évidence d’un symbolisme alchimique convergent dans des civilisations éloignées dans le temps et dans l’espace, a également conduit le psychanalyste Carl Gustav Jung à s’intéresser à ce contenu en tant que révélateur d’une forme d’inconscient collectif. Dans le monde européen et arabe elle s’est notamment développée durant le Moyen Âge et la Renaissance, puis est devenue plus marginale à partir du XVIIIe siècle, tout en étant intimement liée à la naissance de la science moderne.La dimension spirituelle et philosophique de l’alchimie explique qu’elle continue de nos jours à être pratiquée, par des chercheurs le plus souvent intéressés par son aspect ésotérique.

Alchimie – Wikipédia

Tags technorati :, ,

Publié dans Alchimie | Laisser un commentaire »

Fernand Khnopff et les Salons Rose+Croix.

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 11, 2007

Dans le Manifeste de 1614, la Fraternité de la Rose-Croix, semblant surgir de nulle part, s’adresse aux élites intellectuelles et morales de l’Europe par voie de manifestes. Elle constate que l’humanité accumule les progrès scientifiques et que pourtant la société se porte mal. Elle conclut à l’urgence d’une « réformation » universelle portant à la fois sur les modes de pensée, l’économie, la politique et les mœurs.Entre 1614, année de l’apparition publique de la Fraternité de la Rose-Croix et le 19ème siècle, il n’existe pas de continuité prouvée. En dépit de vaines tentatives pour accréditer l’idée que la Rose-Croix, en particulier, se serait perpétuée depuis l’époque égyptienne.On retrouve souvent des franc-maçons à l’origine des sociétés rosicruciennes du XIXème siècle. La première en date de ces fraternités a été fondée en 1865 en Angleterre. C’était une assemblée d’érudits versés dans la symbolique alchimique, l’hermétisme, la spiritualité égyptienne et le zoroastrisme, cette religion persane basée sur un dualisme radical du bien et du mal. Rien que de très sérieux, on l’aura compris.En France, en 1888, le Docteur Gérard Encausse, dit Papus et Stanislas de Guaïta, féru d’occultisme, fondent l’Ordre Kabbalistique de la Rose+Croix. La science des Mages et la symbolique alchimique, la Kabbale, l’initiation véritable pour entrer en contact avec ceux qui détiennent les connaissances cachées, les communications télépathiques avec le monde astral, voire le spiritisme et la magie, fascinent tout ce beau monde.Il était dirigé par un suprême Conseil de douze membres, dont six devaient rester inconnus. Stanislas de Guaïta et Joséphin Péladan figuraient parmi les supérieurs connus. Les adeptes ne devaient connaître que les deux parrains qui les avaient fait admettre dans l’Ordre.Suite à des rivalités internes, comme c’est trop souvent le cas dans les entreprises humaines, Joséphin Péladan fonde en 1888 l’Ordre de la Rose+Croix du Temple et du Graal. Alors que Guaïta se place sur un terrain étranger à la religion, Péladan se persuade que les générations futures célébreraient l’union du catholicisme et de l’occulte ! C’est son frère Adrien Péladan, un des premiers homéopathes français proche de la pensée du médecin « rosicrucien » Paracelse, qui l’avait instruit dans les sciences ésotériques.En réalité, la société secrète de Péladan présente, à la lumière du XXIème siècle, tous les caractères d’un groupe spiritualiste mondain séduit par une esthétique fin-de-siècle. Péladan, habillé en mage, distribuait les grades d’écuyer, de chevalier et de commandeur.Mais pourquoi donc cette réaction occultiste en pleine époque rationaliste ? Dans les années 1880, Jules Grévy succède à Mac-Mahon. Le nouveau Président est un ancien député de l’assemblée révolutionnaire de 1848. Dès le début de son mandat, il s’attelle à promouvoir les valeurs républicaines. Il combat le nationalisme à l’égard de l’Allemagne. Ainsi, on ne s’étonnera pas de retrouver Maurice Barrès, un ami d’enfance de Stanislas de Guaïta, du côté de la réaction et du mouvement rosicrucien. C’est l’époque où la IIIème République, la « gueuse » selon l’insulte du temps, affirme la laïcité des institutions. La maçonnerie française joue un rôle important dans la création d’un enseignement gratuit pour tous, dégagé de toute influence du pouvoir religieux. Plus grave ! La franc-maçonnerie a fait du progrès social et de la liberté absolue de conscience son cheval de bataille. En 1877, beaucoup de maçons croyants et conservateurs avaient déjà éprouvé un malaise croissant à se retrouver au sein d’un Grand Orient de France qui avait supprimé de ses statuts toute référence au Grand Architecte de l’Univers. Les Salons Rose+CroixLe premier Salon ouvre ses portes le 10 mars 1892 à la galerie Durant-Ruel, rue Lepelletier, à Paris. Soixante artistes ont répondu à l’appel lancé par Péladan, et le catalogue de l’exposition comprend 250 œuvres. Ceux qui souhaitent participer aux Salons ne sont pas tenus d’adhérer à l’Ordre de la Rose-Croix du Temple et du Graal. La condition unique de leur participation est que leurs œuvres répondent aux caractéristiques générales d’un règlement sévère qui bannit certaines représentations : les scènes militaires ou historiques, les représentations d’animaux domestiques et les «accessoires et autres exercices que les peintres ont d’ordinaire l’insolence d’exposer».Le Salon est inauguré avec cérémonial, sur une musique spécialement composée par Érik Satie, le compositeur officiel de l’Ordre. Les journées sont prolongées par les «Soirées de la Rose-Croix», consacrées à la musique et au théâtre. On y écoute des conférences de Péladan sur l’art et la mystique. La musique occupe une place importante ; on vient y écouter des œuvres de Vincent d’Indy, de César Franck, de Richard Wagner, de Palestrina, d’Érik Satie et de Benedictus.Il y eut au total six Salons de la Rose-Croix. Après le sixième Salon, en décembre 1897, Joséphin Péladan prononça la mise en sommeil de l’Ordre. Il faut dire que les autorités, qui étaient très gênées par le succès répété de chacun des Salons, faisaient tout ce qu’elles pouvaient pour empêcher qu’ils ne se tiennent. On s’arrangeait pour qu’il n’y ait pas de salle disponible. Curieusement, en 1898, le mouvement symboliste commence à perdre son influence. Cette année est marquée par la mort de Gustave Moreau, de Stéphane Mallarmé, de Georges Rodenbach, de Puvis de Chavannes et de Burnes Jones.Parmi les nombreux artistes qui participèrent à ces Salons, deux Belges :- Jean Delville, qui se lia d’amitié avec Péladan et qui sera le Consul de la Rose-Croix en Belgique ;- Fernand Khnopff, que Péladan considérait comme un maître. Devenu son ami, il sera le premier disciple belge de Péladan, et lors du second Salon, il exposera sa célèbre toile inspirée d’un poème de Christine Rossetti : « I lock my door upon myself ».En 1885, alors que le jeune artiste n’est connu jusque là que pour ses portraits de la haute société bruxelloise et qu’il développe son talent de paysagiste dans les Ardennes, il illustre à deux reprises le roman « Le Vice suprême » de Joséphin Péladan qui y expose sa doctrine plus ou moins fumeuse. Khnopff indique au bas d’un des dessins « Credo ». Trois ans plus tard, il dessine le frontispice d’un autre roman de Péladan, Istar. 1888, on n’oublie pas que c’est l’année de la fondation de la société rosicrucienne de Péladan. Il faut ajouter que Khnopff a découvert à la même époque les Préraphaélites anglais. Pour ceux-ci, l’art a une mission spirituelle et se doit, tout comme la religion, de magnifier le Principe divin et d’y faire participer autrui. L’Art est la recherche de Dieu par la beauté et l’œuvre parfaite est celle qui réunit toutes les perfections. Il ne suffit pas qu’elle satisfasse seulement l’intellect ; il faut également qu’elle soit, pour celui qui la contemple, un tremplin qui permette l’élévation de l’âme. La recherche de la beauté est motivée par la nostalgie d’une harmonie perdue que l’homme recherche instinctivement en toutes choses.Fernand Khnopff s’éloignera bientôt du Sâr Péladan. L’artiste épris de solitude n’apprécie guère le côté grandiloquent et le tapage médiatique qui accompagnent les Salons Rose+Croix.A examiner de plus près l’évolution de l’image de la femme dans l’œuvre du peintre, on constate que 1888 constitue vraisemblablement une année charnière.Pour Khnopff comme pour Baudelaire, la femme devient naturelle, c’est-à-dire abominable, car elle ne sait pas séparer l’âme du corps. Cette conception nouvelle dans son œuvre correspond sans doute à la redécouverte de la gnose par les sociétés rosicruciennes et, plus prosaïquement peut-être, par la perspective du mariage de sa sœur Marguerite qui quittera le domicile familial en 1890.On appelle Gnostiques (du grec Gnôsis, connaissance) les adeptes des écoles philosophiques qui, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, affirmaient détenir une vérité placée au-dessus de toutes les religions révélées, affranchie de tout clergé. L’idée centrale du gnosticime, sous l’influence de la Kabbale et de Platon, est que tous les esprits émanent de Dieu, se dégradent en tombent dans le « monde du mélange » mais certains esprits sont promis à se libérer de la matière et à retrouver ainsi leur pureté primitive.Le gnostique intransigeant manifeste une répugnance invincible à l’égard des diverses manifestations de la sexualité ordinaire et même des principaux événements de la vie corporelle (naissance, mariage, vieillesse…). Pour lui, le corps est assimilé à une chose étrangère qu’il faut subir, comme une prison. Aucun lien cependant avec le christianisme qui fustige le corps pour mieux exalter les vertus du paradis et le bouddhisme qui ne se focalise pas sur le corps mais tente de maîtriser le désir qui en émane afin d’éviter la souffrance. Dans la perspective gnostique, le corps, et plus particulièrement le corps féminin, est perçu comme quelque chose de malicieux et d’horrible.Pour contrebalancer cette misogynie, on retrouve également dans cette doctrine &endash; et dans l’œuvre du peintre – le culte de la Femme divine, de la Mère et de l’Eternel féminin : c’est la voie entre Dieu et le monde. La femme peut accélérer la déchéance du monde mais elle peut aussi le sauver. L’androgynie divine est également un thème fort présent dans la philosophie gnostique. C’est une façon de représenter l’unité primordiale qui a été perdue, l’indifférenciation sexuelle permettant d’éviter la chute dans le temps et dans un corps.En 1902, Khnopff quitte le domicile de ses parents pour un temple atelier dédié au culte de l’artiste et de son œuvre. C’est l’époque où il hante les coulisses de la Monnaie. Maurice Kufferath lui a commandé les costumes et les décors de plusieurs opéras. Khnopff, l’artiste raffiné, marqué par l’humour anglais, séduit les jeunes cantatrices. Conséquence ? La veine artistique de la femme onirique, androgyne, tentatrice ou mystérieuse, se tarit. Comme si les passades de la Monnaie lui avaient enfin ouvert les yeux sur d’autres « mystères féminins » que ceux dont il s’était fait le grand prêtre. Désormais, ses modèles sont plus charnels, à portée de la main. Elles décochent des oeillades, elles grillent des cigarettes, elles sont polissonnes, voire complètement dénudées…A 51 ans, l’homme n’est pourtant pas au bout de ses paradoxes : il se marie à la maison communale d’Ixelles avec une jeune veuve qui a deux enfants. Le couple se domicilie au Boulevard Général Jacques, à une centaine de mètres de l’atelier de l’avenue des Courses mais le peintre en interdit formellement l’accès à son épouse ! « Je construis mon monde et je me promène dedans » tel est son credo. La séparation est prononcée trois ans plus tard… En réalité, le Maître privilégie le culte de sa sœur qui a quitté Bruxelles depuis longtemps. Le peintre conservera jusqu’à sa mort le magnifique portrait qui la représente corsetée dans une robe quasi nuptiale et gantée de blanc pour éviter toute souillure. En retour, Marguerite reconstituera pour elle la chambre bleue de l’atelier du peintre mort en 1921.A la fin de sa vie, on sait que Fernand Khnopff suivait l’enseignement du philosophe suédois Emmanuel Swedenborg à l’Eglise de la Nouvelle Jérusalem, à Ixelles. On y accorde une large place au mystère : un monde invisible d’intersignes et de correspondances insolites, d’anges gardiens et de démons, influence sans cesse le monde visible. La vie de l’homme, dès lors, ne se borne pas à la sphère terrestre. A la connaissance scientifique, s’oppose une connaissance intuitive fondée sur l’illumination individuelle. Mais la plupart des portraits féminins de Fernand Khnopff ne rappellent-elles pas des apparitions d’un autre monde ?Bruges et le GraalD’origine occitane, Péladan fut un des premiers à mettre en évidence les rapports qui existaient entre les troubadours et les Cathares et le lien entre l’emblème du Graal et la Rose-Croix.Le Dr Gérard Encausse, qui sous le pseudonyme de Papus, joua un grand rôle dans la résurgence des mouvements rosicruciens, écrit : « Le dépôt de l’initiation occidentale a eu trois noms successifs au cours de l’Histoire : Gnostiques, Templiers et Rose-Croix ».Les préraphaëlites anglais sont également fascinés par les légendes celtiques, la quête du Graal, les aventures du roi Arthur…ce qui les plonge dans de véritables transes de mysticisme.Le Graal lui-même serait le résultat d’une émeraude tombée du ciel de Lucifer puis taillée en forme de coupe dans laquelle Joseph d’Arimathie aurait recueilli au pied de la croix quelques gouttes de sang du Christ. Il était à la fois visible et invisible. Seuls les initiés au cœur pur ayant triomphé de toutes les épreuves pouvaient le contempler. A tous les autres, il demeurait caché.Le cycle du Graal, qui s’ouvre sur Perceval, commencé par Chrétien de Troyes vers 1182, se distingue du précédent cycle par une inspiration nettement mystique. Il ne s’agit plus ici d’aventures et d’amour courtois, mais de quête et d’amour divin. Dans la suite du Perceval, composée par plusieurs auteurs, cette tendance mystique, étrangère à Chrétien de Troyes, qui ne parle pas de coupe mais d’un plat, va s’accentuant : on y apprend la nature du Graal, vase sacré où fut recueilli le sang du Christ et qui va faire l’objet d’une interminable quête pour les chevaliers de la Table ronde. Ni Perceval ni Lancelot, malgré leur bravoure, ne peuvent mener la Quête à son terme. Seul Galaad, fils de Lancelot, grâce à sa chasteté, parviendra à voir le Graal avant de mourir.Chrétien de Troyes a écrit le chef-d’œuvre de la littérature arthurienne, Perceval ou le Conte du Graal, quelque part entre Bruges et Gand, autour de 1180. L’écrivain champenois venait de se mettre au service du puissant comte de Flandre Philippe d’Alsace. Celui-ci lui aurait remis un manuscrit, à charge pour le poète de l’interpréter avec panache. Le père de Philippe, Thierry d’Alsace, avait encouragé le développement de l’Ordre du Temple par des donations multiples. La tradition rapportait qu’il avait reçu des mains du Patriarche de Jérusalem quelques gouttes du sang du Christ. Selon certains historiens, la forme octogonale du beffroi rappellerait le reliquaire qui contenait le sang du Christ. Peu importe si des analyses contemporaines de l’ampoule de cristal ont démontré que les Flamands s’étaient tout simplement servis lors du sac de Constantinople en 1204. La puissante cité hanséatique a rêvé de la posséder dès la première croisade, à la fois pour des raisons mystiques &endash; la protection de la cité par le Saint-Sauveur &endash; et commerciales. Les reliques, vraies ou fausses, attiraient les pèlerins et donc les commerçants de l’Europe entière. On peut se demander si, à l’origine, la procession du Saint-Sang ne possède pas un rapport étroit avec la vision de Perceval qui voit défiler le cortège sans poser de question ? Il n’est pas sans intérêt de savoir que Richard Wagner, un des compositeurs préférés de Fernand Khnopff, s’est inspiré de la branche allemande du conte médiéval pour écrire son Parsifal.De quoi transformer Bruges en ville éminemment mystique aux yeux de Khnopff.Dans son Enfer, Dante lui-même, le poète préféré des Rose-Croix, n’avait-t-il pas cité en exemple la ville comme rempart contre le déluge céleste ?Fernand Khnopff a passé son enfance, de 1860 à 1866, les yeux rivés sur le célèbre Quai Vert, vert comme l’émeraude du Graal. Il le dessinera à plusieurs reprises dans des tons extrêmement sombres. Au milieu du quai encombré de touristes en été, on découvre la maison-dieu du Pélican, le symbole de la Rose-Croix par excellence. La maison natale du peintre se trouve dans l’exact prolongement de la Chapelle du Saint-Sang et du Burg, où Chrétien de Troyes a composé le Conte du Graal, et de la cathédrale Saint-Sauveur. Elle se trouve à deux pas de l’église de Jérusalem qui aurait pour modèle l’église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Enfin, le plus vieil exemplaire connu et donc le plus fiable de la règle de l’Ordre du Temple se trouve à la bibliothèque de Bruges. Ce précieux manuscrit, propice à enflammer les imaginations, se trouva longtemps au refuge de l’Abbaye de la Poterie, dans le prolongement du canal qui longe la maison d’enfance de Fernand Khnopff.Pas moins d’une trentaine d’œuvres, exécutées de mémoire ou d’après photographies, ont pour thème sa ville d’enfance. Tout ce qui rappelle le monde des humains en est soigneusement évacué, jusqu’à la statue de Memling dans le tableau « Une ville abandonnée » ! Au Lac d’Amour, Fernand Khnopff songeait-il à Lancelot du Lac et à Lohengrin, le chevalier au cygne.Le père de Fernand Khnopff, substitut du Procureur du Roi à Bruges, appartenait à une famille de notables de la ville. Le blason familial décore d’ailleurs un des murs de l’église Notre-Dame qu’il représente à deux reprises dans son œuvre. Et Marguerite, la sœur admirée, le modèle favori du peintre, est née à Bruges (Langestraat,1). Adulte, il y reviendra à de très rares reprises, calé au fond d’un fiacre, portant des lunettes noires pour ne pas subir les changements apportés à son décor de rêve. Plus tard, il confiera ce paradoxe apparent : « Je n’ai jamais vu et ne verrai jamais les Memling de Bruges. » 1902 marque le début de la période brugeoise du peintre. Est-ce un hasard ? La même année, la première grande rétrospective consacrée à Memling se tient à l’Hôpital Saint-Jean et attire 35.000 visiteurs, nombre considérable pour l’époque. A la même période, à Bruxelles, Khnopff est occupé à dessiner les décors et les costumes de l’opéra Le Roi Arhus d’Ernest Chausson qui sera créé en 1903. Toujours le Graal… Le Théâtre de la Monnaie vient de célébrer avec faste le centenaire de cet événement musical.On dit que les affinités entre le monde de Khnopff et de Rodenbach sont profondes, mêmes si la plupart des philologues citens davantage Maurice Maeterlinck comme frère spirituel du peintre. Bruges et la pensée mystique constituent sans doute les liens qui unissaient le peintre et le poète.Dès 1889, le peintre exécute un pastel intitulé « Avec Georges Rodenbach. Une ville morte ». En 1890, une de ses premières œuvres symbolistes reprend le titre d’une plaquette de Rodenbach parue en 1888 : « Du Silence ».Bruges-la-Morte paraît en feuilleton dans le Figaro un mois avant l’inauguration du premier Salon Rose+Croix de Joséphin Péladan et un an après la création de l’Ordre de la Rose+Croix du Temple et du Graal. Pour l’anecdote, plusieurs articles parus dans le grand quotidien français, pour lequel Rodenbach écrivait des chroniques littéraires, avaient annoncé avec fracas l’existence de la Fraternité.Rappelons le canevas du récit d de Bruges-la-Morte : « Un veuf inconsolable, s’est fixé au Quai du Rosaire à Bruges. Il y mène avec sa pieuse servante une vie calme et retirée, cultivant soigneusement sa douleur et ses souvenirs. Ce n’est pas au hasard qu’il a choisi Bruges. Personnage principal et omniprésent, la ville s’associe à son chagrin, s’assimile même à l’épouse morte. Un soir, cependant, en sortant de Notre-Dame, Hugues rencontre une jeune femme inconnue dont la ressemblance avec la défunte est sidérante. Il la poursuit jusqu’au Théâtre. Il découvre que la jeune femme fait partie de la troupe qui joue Robert le Diable. Hugues Viane, tentant de retrouver en l’actrice le souvenir de celle qu’il a perdue, devient son amant. La ville austère lui reproche sa liaison… Le récit se termine dans la tragédie sur fond de procession du Saint-Sang. Bruges-la-Morte est un des premiers romans illustrés. Une des dernières photos représente le précieux reliquaire conservé dans une chapelle du Burg.Rodenbach a situé la résidence de son héros négatif au Quai du Rosaire (Rozenhoedkaai). Des détails topographiques permettent de penser qu’il s’agit de la « Maison espagnole », à l’angle du Quai du Rosaire. Là même où en 1584 Perez de Malvenda dissimula dans un « coffret de plomb » la relique du Saint-Sang alors que les protestants contrôlaient la ville. Poursuivant l’analogie, signalons que le héros de Bruges-la-Morte conserve la chevelure de sa femme dans un reliquaire de cristal et que la procession du Saint-Sang précipite le dénouement tragique du récit ! Une inscription commémorative rédigée par… Guido Gezelle et scellée dans la façade en 1892, l’année de la parution de Bruges-la-Morte, renforce l’hypothèse de la symbolique mystique du roman. Le personnage central paie pour avoir trahi le culte de son épouse défunte et pour s’être enlisé dans l’amour charnel.Pour conclure sur un mode plus léger, j’ai cru retrouvé la rose et la croix dans une des signatures de Fernand Khnopff qui apparaît pour la première fois dans l’esquisse du tableaux exposé au premier Salon Rose+Croix. Il s’agit d’une fleur trilobée avec au centre le F et le K entrelacés qui forment une croix ou un gamma, selon le point de vue.Quant à Georges Rodenbach, son frère astral, on le retrouve à Paris, au cimetière du Père-Lachaise. Même s’il n’est pas signalé comme personnage illustre dans le guide officiel du Père-Lachaise, les habitués le connaissent depuis toujours sous le nom de l’homme à la rose. On le voit jaillissant du tombeau une fleur à la main. Gravée dans la pierre, on découvre une immense croix pattée, la croix que les Templiers portaient sur leur épaule gauche. L’épaule droite du poète et sa main qui tend la rose forment un angle droit ou une équerre. Le sculpteur Albert Besnard a donc réuni trois symboles qui éclairent secrètement l’œuvre mystique du chantre de Bruges.Joël Goffin

Fernand Khnopff et les Salons Rose+Croix.

Tags technorati :, , ,

Publié dans Rose Croix | Laisser un commentaire »

Rose+Croix et Franc-Maçonnerie

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 11, 2007

les Rose-Croix et les Francs-MaçonsPour un non-initié, les Rose-Croix et les Francs-Maçons ont en commun d’appartenir à une école de pensée, à une société secrète, voire même à une “secte” ésotérique ayant le même genre de préoccupations. Il est un fait que ces deux organisations ont des liens traditionnels et historiques, au point que certaines obédiences maçonniques spiritualistes comportent toujours le grade de “Chevalier Rose-Croix”. En 1824, Thomas de Quincey publie dans London Magazine un article intitulé “Historico-Critical Inquiry into the origins of the Rosicrucians and the Freemasons”, où il indique que la Franc-Maçonnerie n’est ni plus ni moins que le Rosicrucianisme modifié par ceux qui l’ont introduit en Anglererre. Que faut-il en penser ?Un ésotérisme commun.Sur le plan historique, la Franc-Maçonnerie est née en Angleterre au XVIIIe siècle. Sans procéder directement de la Rose-Croix qui fleurit au siècle précédent, elle se développe dans un terreau préparé par le Rosicrucianisme. Quelques années après sa naissance, la Franc-Maçonnerie intègre d’ailleurs un grade de “Chevalier Rose-Croix”, puis en vient même à créer plusieurs mouvements rosicruciens. Sans se livrer à une analyse exhaustive de l’ensemble de ces mouvements et de leurs doctrines, il est intéressant d’évoquer quelques groupes dans lesquels les deux Ordres se sont côtoyés au cours des siècles passés.A la Renaissance, l’Europe recueille tout un héritage ésotérique venant de l’Antiquité. L’alchimie, la kabbale, l’astrologie et la magie connaissent un grand développement dont le Rosicrucianisme marque l’aboutissement au XVIIe siècle. Ce siècle est aussi en proie à une véritable crise morale. En effet, les progrès de la science ébranlent les fondements de l’Occident chrétien et la religion perd une partie de son autorité. Il s’ensuit un déchirement conduisant aux guerres de religions. Chacun se réfugie dans l’intégrisme et le fanatisme, et l’Europe est bientôt à feu et à sang. Certains se plaisent alors à rêver à une grande Réforme alliant ésotérisme, religion et science, pour amener l’humanité vers une ère de bonheur, de fraternité et de paix. Ces idées se cristallisent autour du mouvement rosicrucien, dont les Manifestes sont lus par tous les penseurs d’Europe. Beaucoup souhaitent s’associer à ce projet. Hélas, cet élan est bientôt brisé par la guerre de Trente Ans.Au XVIIIe siècle, la Franc-Maçonnerie reprend ces idées de Réforme en Angleterre. C’est ce qui explique pourquoi certains auteurs, comme J. G. Buhle en 1804 ou Thomas de Quincey en 1824, voient en elle une émanation de la Rose-Croix. Certes, on ne peut souscrire totalement à ce point de vue. Cependant, force est de constater que les fondateurs de la Franc-Maçonnerie s’inscrivent dans la mouvance rosicrucienne anglaise du XVIIIe siècle. Cela dit, on trouve dès 1638 une référence aux relations entre les deux mouvements dans The Muses, un poème d’Adamson publié à Edimbourg. Ce texte indique : “Car nous sommes des Frères de la Rose-Croix ; nous possédons le mot de Maçon et la double vue”. Quelques années plus tard, le 10 octobre 1676, le Poor Robin’s Intelligence publie une notice indiquant que “l’Ancienne Fraternité de la Rose-Croix, les Adeptes de l’Hermétisme et de la Compagnie des Maçons Acceptés, ont décidé de dîner ensemble”. Ce lien sera encore souligné dans un article du Daily Journal du 5 septembre 1730 qui indique : “Il existe une Société à l’étranger, de laquelle les Francs-Maçons anglais [...] ont copié quelques cérémonies, et s’efforcent de persuader le monde qu’ils en sont issus et lui sont identiques. On les appelle Rosicruciens”. Sans être héritière de l’autre, on peut donc constater que Rose-Croix et Franc-Maçonnerie s’interpénètrent d’une curieuse manière.Il faut remarquer également que les deux plus anciennes références relatant des initiations maçonniques concernent des hommes ayant été en relation directe ou indirecte avec le Rosicrucianisme. La première concerne sir Robert Moray. Elle rapporte que le 20 mai 1641, il fut initié à la Maçonnerie dans la Loge Mary’s Chapel d’Edimbourg. Il est intéressant de noter que Robert Moray, l’un des membres fondateurs de la Royal Society, passionné d’alchimie, est le protecteur de Thomas Vaughan (1622-1666). Or, ce dernier, sous le pseudonyme d’Eugenius Philalethe, est l’auteur de The Fame and Confessio (1652), traduction anglaise de la Fama Fraternitatis et de la Confessio Fraternitatis. La seconde référence se rapporte à Elias Ashmole (1617-1692). Dans une note, il rapporte qu’il fut admis dans une Loge maçonnique à Warrington, le 16 octobre 1646. Six ans plus tard, il publie le “Theatrum Chemicum Britannicum” (1652), un volume qui regroupe une importante collection de traités alchimiques. Dès les premières lignes de son livre, Elias Ashmole se réfère à la “Fama Fraternitatis” pour mettre en évidence l’importance de l’alchimie en Angleterre. Il rappelle aussi que le premier Manifeste rosicrucien indique qu’un des quatre premiers compagnons de Christian Rosenkreutz, le “Frère I.O.”, était venu en Angleterre. Outre ses nombreuses références à Michael Maïer, célèbre défenseur du Rosicrucianisme, il faut savoir que l’on a retrouvé dans les papiers d’Ashmole une copie autographe de la “Fama Fraternitatis” et de la “Confessio Fraternitatis”, ainsi que le texte d’une lettre dans laquelle il demandait son admission dans la Rose-Croix.Maître Hiram et Christian Rosenkreutz.Si les activités de la Franc-Maçonnerie débutent au XVIIe siècle, il est généralement admis que l’acte fondateur de cette Société date du 24 juin 1717. C’est à ce moment que sont fondées les Grandes Loges de Londres et de Westminster. Mais la date qui marque le mieux la fondation de la Franc-Maçonnerie est celle qui voit la publication de la “Constitution d’Anderson” (1727) par le duc de Wharton, son Grand Maître à l’époque. Ce texte, présenté comme une refonte et une correction de “vielles archives” maçonniques, fut rédigé par James Anderson, Jean-Théophile Désaguliers et Georges Payne. Les “archives” en question sont les “Old Charges”, ou “Anciens Devoirs”, textes appartenant aux anciennes guildes de Maçons opératifs, dont les plus anciens remontent à 1390 (ex. : Regius, 1390, et Cooke, 1410). Mais plutôt que de descendre directement des anciennes guildes de Maçons opératifs (les Constructeurs) la Franc-Maçonnerie est une Société de penseurs – on parle de Maçonnerie spéculative – qui a emprunté une partie de sa symbolique aux Constructeurs.Au XVIIIe siècle, la Franc-Maçonnerie n’a pas l’organisation que nous lui connaissons aujourd’hui. Elle ne prend sa structure de base, composée de trois degrés, Apprenti, Compagnon, Maître (Maçonnerie bleue) qu’après quelques années. Elle ne comportait initialement que deux grades, ceux d’Apprenti-entré et de Compagnon. Un troisième, dit de Maître, apparaît vers 1730. Il faut attendre la seconde édition de la Constitution d’Anderson, celle de 1738, pour trouver une référence officielle à ce degré, et patienter jusqu’en 1760 pour que la symbolique qui lui est attachée, celle du mythe d’Hiram, soit vraiment admise en Angleterre (1). En France, le grade de Maître n’apparaît qu’à partir de 1744. Sous certains aspects (comme celui de la symbolique liée à la découverte du tombeau du Maître), Hiram reprend des traits de Christian Rosenkreutz. Faut-il voir dans Hiram, comme l’indique Antoine Faivre, un fils de Christian Rosenkreutz ? “Fondateur mythique lui aussi, le premier serait alors un Christian réduit à la relative abstraction dans la galerie des grandes figures hiératiques de la “Tradition”” (2).A ses débuts, la Franc-Maçonnerie ne se présente pas véritablement comme une Société initiatique. Ses cérémonies sont d’ailleurs qualifiées de “rites de réceptions”. Le terme “initiation” n’apparaît dans ses textes que vers 1728-1730, et il ne deviendra officiel en France qu’à partir de 1826 (3). Même si le rituel propre à la Maçonnerie confère un aspect mystérieux à ses réunions, les Loges sont essentiellement des lieux où l’on pratique la philanthropie et où l’on cultive les beaux-arts. Ce n’est que progressivement qu’elle va développer un aspect initiatique et ésotérique (4). Quelques années plus tard, la structure hiérarchique des grades maçonniques s’enrichit. Le 26 décembre 1736, le chevalier André-Michel Ramsay (1686-1747), disciple de Fénelon et de Mme Guyon, prononce à la Loge parisienne du Louis d’Argent, un discours qui va entraîner l’apparition de ce que l’on appelle les “hauts grades” ou “écossisme”, c’est-à-dire les degrés supérieurs à celui de Maître (5). Dans son discours, Ramsay présente la Franc-Maçonnerie comme étant la résurrection de la “religion noachite”, une religion primordiale, universelle et sans dogmes. Il ajoute que c’est par les Croisades que ce Saint Ordre a été ramené en Grande Bretagne avant de se répandre dans le reste de l’Europe.Bientôt, des symboles et des thèmes empruntés à l’Ancien Testament, à la Chevalerie, aux Templiers, ainsi qu’aux Sciences occultes comme l’alchimie, l’astrologie, la kabbale et la magie, stimulent l’imagination de Francs-Maçons désireux de créer des hauts grades (6). Vers 1740, ces grades vont proliférer avec une anarchie qui prendra fin en décembre 1773. C’est parmi ces hauts grades que réapparaît la Rose-Croix, en y faisant parfois figure de “grade terminal”, voire de “nec plus ultra” de la Franc-Maçonnerie (7). Cependant, certains Maçons tentent aussi de séparer le Rosicrucianisme de la Maçonnerie pour constituer des Ordres autonomes.L’ordre de la Rose-Croix d’or et de la Rose rouge.C’est d’abord sous les auspices de l’alchimie que la Rose-Croix va réapparaître dans la Franc-Maçonnerie. En 1710, soit sept ans avant la publication de la Constitution d’Anderson, Sincerus Renatus (Samuel Richter), un pasteur luthérien qui se disait disciple de Paracelse et de Boehme, publie “La vraie et parfaite préparation de la Pierre Philosophale par la Fraternité de l’Ordre de la Rose-Croix d’Or et de la Rose Rouge…” (Breslau, 1710). Il s’agit d’un traité d’alchimie qui donne en appendice cinquante deux règles de l’Ordre de la Rose-Croix d’Or et de la Rose Rouge. Ce livre s’inspire de “l’Échos de la Fraternité, par Dieu hautement illuminée, de l’illustre Ordre R.C. ” (1615) de Julius Sperber, ainsi que du “Témis d’or, ou des lois et ordonnances de l’illustre fraternité R.C.” (1618) de Michael Maier. En fait, l’Ordre décrit par Sincerus Renatus ne semble pas avoir existé. Cependant, le terme de “Rose-Croix d’Or” va connaître une certaine fortune et quelques règles présentées dans son livre se retrouveront plus tard dans les instructions du grade maçonnique-rosicrucien des “Princes Chevaliers Rose-Croix”.En 1749, Hermann Fictuld publie son “Aureum Vellus”, dans lequel il évoque une Société des Rose-Croix d’Or qu’il présente comme l’héritière de l’Ordre de la Toison d’Or fondé par Philippe le Bon en 1492. Vers 1757, il crée un rite maçonnique à tendance alchimique et piétiste, composé d’un ensemble de grades rosicruciens : la Societas Roseae et Aureae Crucis ou Fraternité des Rose-Croix d’Or. Cette Société essaime dans plusieurs villes comme Francfort-sur-Mein, Marburg, Kassel, Vienne et Prague. Elle semble s’éteindre vers 1764. En réalité, elle se réforme grâce à Schleiss von Löwenfeld, Joseph Wilhelm Schröder, Christian Knorr von Rosenroth, Friedrich Christoph Oetinger et François van Helmont. Finalement, elle donne naissance à un autre rite maçonnique rosicrucien qui apparaît entre 1770 et 1777 en Bavière, en Autriche, en Bohème et en Hongrie. Il fut d’abord adopté par une Loge maçonnique de Ratisbonne, la “Croissante aux Trois Clefs”. En 1771, il est adopté également par une Loge de Vienne, l’”Espérance”, qui donne naissance à une nouvelle Loge : les “Trois Épées”. Cette dernière devient la pépinière de ce rite maçonnique rosicrucien. On y cultive l’alchimie et la théurgie.L’ordre de la Rose-Croix d’or d’ancien système.A partir de 1776, deux membres de la Loge des “Trois Épées”, Johann Rudolf von Bischoffswerder (1714-1803), officier prussien puis ministre de la guerre à la mort du grand Frédéric, et Jean Christophe Wöllner (1732-1800), pasteur, instaurent un nouvel Ordre maçonnique rosicrucien : l’Ordre de la Rose-Croix d’Or d’Ancien Système. La Loge des “Trois Globes” de Berlin devient le centre de ses activités. Cet Ordre adopte une hiérarchie de neuf grades : Juniores, Theoretici, Practici, Philosophi, Minores, Majores, Adepti Exempti, Magistri et Magi, dont les aspects symboliques sont présentés dans les textes de la Réforme adopté lors de la Convention que l’Ordre tient à Prague en 1777. Comme l’indique René Le Forestier, les enseignements des Juniores reproduisent textuellement cent dix pages de l’”Opus mago-cabbalisticum et theosophicum”. L’Instruction et le rituel des Theoretici reprend mot-à-mot le Novuin laboratorium chemicum, de Christophe Glaser (1677). Quand aux opérations alchimiques enseignées aux Magistri, elles sont empuntées à deux livres de Henri Khunrath (8) : la “Confessio de Chao-physico chemycorum catholico” (1596) et l’”Amphiteatrum sapientiae aeternae” (1609).La symbolique et les enseignements de l’Ordre de la Rose-Croix d’Or d’Ancien Système sont nettement orientés vers l’alchimie opérative. Ils revendiquent une filiation remontant à Ormus, un Égyptien baptisé par saint Marc et qui aurait fondé l’Ordre. En 151, les Esséniens se seraient joints à cet Ordre, qui aurait gagné l’Europe par les Croisés et les Templiers. Quoi qu’il en soit, il se différencie nettement du Rosicrucianisme du siècle précédent, plus mystique, dont le projet était celui d’une grande Réforme intellectuelle et religieuse, propre à apporter la prospérité et la paix à l’humanité. Après avoir donné naissance aux Frères Initiés de l’Asie, il fut mis en sommeil par ses fondateurs en 1787. Il faut noter néanmoins que c’est dans sa mouvance, où se mêlent Alchimie, Rosicrucianisme et Franc-Maçonnerie que naît le célèbre livre des “Symboles secrets des Rosicruciens des XVIIe et XVIIIe siècles” (Altona, 1785 et 1788) (9). Composé essentiellement de traités alchimiques magnifiquement illustrés, il est souvent présenté comme le livre rosicrucien le plus important après les trois Manifestes (“Fama Fraternitatis”, 1614 ; “Confessio Fraternitatis”, 1615 ; “Noces chymiques de Christian Rosenkreutz”, 1616).Le grade Rose-Croix.C’est au moment où naît l’Ordre de la Rose-Croix d’Or d’Ancien Système qu’apparaît à l’intérieur de la Franc-Maçonnerie le haut grade Rose-Croix. Son existence est attestée pour la première fois en 1757 sous le nom de “Chevalier Rose-Croix”, dans les activités de la Loge des “Enfants de la Sagesse et Concorde”. Très vite, ce grade de Rose-Croix est considéré comme le nec plus ultra de la Maçonnerie. Il est le septième et ultime grade du Rite Français de 1786, et le dix-huitième du Rite Écossais Ancien et Accepté. Il présente cependant une spécificité qui va susciter de nombreux débats. En effet, alors que l’ensemble des grades maçonniques insistent sur l’universalité de la sagesse, ce grade est spécifiquement chrétien. C’est la raison pour laquelle certains Francs-Maçons tenteront de le déchristianiser au XIXe siècle en proposant une interprétation philosophique de son symbolisme (10). Dans son “Étoile Flamboyante” (1766), le baron de Tschoudy y voit “le Catholicisme mis en grade”. Il est vrai que la symbolique de ce grade ne renvoit pas aux thèmes que l’on retrouve dans le Rosicrucianisme du XVIIe siècle. Il met en scène le Calvaire au Golgotha, la Résurrection du Christ et comporte des agapes où l’on partage le pain et le vin, une cérémonie qui s’apparente à la Cène.Les plus anciens rituels du grade Rose-Croix date de 1760 (Strasbourg) et 1761 (Lyon), sous le titre de “Chevalier de l’Aigle et du Pélican ou le Souverain Prince de Rose-Croix et d’Hérédom”. Le discours d’introduction à ce grade évoque l’origine de la sagesse des Rose-Croix : “individus qui, pendant bien des siècles, s’en assurèrent la possession exclusive en se servant d’un voile impénétrable ; c’est ce qui donna lieu à ces institutions célèbres dont les Sabéens et les Brames (sic) sont des restes sublimes. Les Mages, les Hiérophantes, les Druides furent autant de branches de ces mêmes Initiés” (version de 1765 à la Bibliothèque historique de Paris). On retrouve ici l’idée de Tradition Primordiale chère à l’Hermétisme de la Renaissance et au Rosicrucianisme du XVIIe siècle. En outre, les Rose-Croix y sont présentés comme les héritiers d’une chaîne d’Initiés dont les maillons sont les Égyptiens, Zoroastre, Hermès Trismégiste, Moïse, Salomon, Pythagore, Platon et les Esséniens. Cette lignée rappelle celle évoquée par Michael Maier dans le “Silentium Post Clamores” (1617). On retrouvera cette idée dans un autre discours de 1801, le “Régulateur des Chevaliers Maçons ou les quatre Ordres supérieurs suivant le régime du G… O…”, où la Franc-Maçonnerie est présentée comme une Science des Sages héritée des Sabéens, des Brames (sic), des Mages, des Hiérophantes, des Druides et des Chevaliers Rose-Croix, descendants d’une lignée d’Initiés remontant aux Égyptiens, à Zoroastre, Trismégiste, Moïse, Salomon, Pythagore, Platon et aux Esséens (sic, pour Esséniens).La Societas Rosicruciana in Anglia.A la fin des années 1860, la Franc-Maçonnerie anglaise donne naissance à une nouvelle Organisation rosicrucienne : la Societas Rosicruciana In Anglia (S.R.I.A.). Son fondateur est Robert Wentworth Little (1840-1878), trésorier de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Il disait avoir été initié dans la Rose-Croix à Edimbourg, au sein d’une Société rosicrucienne écossaise dirigée par Anthony O’Neal Haye. Ce dernier aurait possédé le plus ancien grade maçonnique rosicrucien existant. Plus tard, en 1892, Wynn Westcott assurera qu’il existe un lien entre cette Société et la Rose-Croix d’Or du XVIIIe siècle, mais il sera incapable de le démontrer. La S.R.I.A. est réservé aux Maîtres Maçons chrétiens. Elle reprend la hiérarchie de la Rose-Croix d’Or d’Ancien Système. Parmi les membres importants de la S.R.I.A., notons Kenneth R. H. Mac Kenzie, Hardgrave Jennings, Stainton Moses et William Wynn Westcott (1848-1925). Ce dernier participera à la création d’un autre Ordre maçonnique rosicrucien qui connaîtra une certaine fortune : l’Hermetic Order Of The Golden Dawn.The Hermetic order of the golden dawn.A la fin des années 1880, William Wynn Westcott recueille des manuscrits comportant cinq rituels codés. Ces textes, qui auraient appartenu à Baal Shem Tov puis à Eliphas Lévi, aurait été trouvés chez un bouquiniste dans un exemplaire des “Symboles Secrets des Rosicruciens des XVIIe et XVIIIe siècles”. Ils indiquaient l’adresse d’un représentant de l’Ordre de la Rose-Croix en Allemagne : Anna Sprengel. A la suite de leur rencontre avec cette dernière, William Wynn Westcott, Samuel Mathers et R. William Woodman fondent à Londres la Loge “Isis-Urania”, bientôt suivie par la création de la Loge “Athathoor”, à Auteuil. Ainsi naît l’Hermetic Order Of The Golden Dawn, dont Samuel Mathers devient le Grand Maître. Cette histoire est en partie légendaire, car il n’a jamais pu être démontré qu’Anna Sprengel avait réellement existé.Les rituels de la Golden Dawn mettent en oeuvre une théurgie et des théories qui empruntent beaucoup aux Kabbalistes chrétiens de la Renaissance. Cette caractéristique éloigne cet Ordre du Rosicrucianisme originel de XVIIe siècle, qui avait délaissé les pratiques magiques pour prendre un caractère plus mystique, orienté vers une alchimie intérieure. De nombreux Francs-Maçons le fréquentent, estimant qu’ils y trouvent une pratique ésotérique plus vaste que dans la Franc-Maçonnerie traditionnelle. La Golden Dawn connaît un succès immédiat et devient vite l’une des Organisations maçonniques rosicruciennes anglaises les plus importantes. Elle compta parmi ses membres des personnalités aussi illustres que le poète William Butler Yeat ou le physicien et chimiste William Crookes.L’ordre des templiers d’Orient.Parmi les multiples Ordres rosicruciens émanés de la Franc-Maçonnerie, il convient de terminer par l’Ordre des Templiers d’Orient (O.T.O.), un groupe qui fit couler beaucoup d’encre par ses dérives. Son principal animateur fut Theodor Reuss, un membre de la S.R.I.A. allemande, la Societas Rosicruciana in Germania. Il disait avoir été initié dans “l’authentique Rose-Croix” par Carl Kellner, en juillet 1893. Il présentait l’O.T.O. comme une sorte d’académie maçonnique dont la fonction réelle était de cacher un Ordre rosicrucien secret descendant directement des Rose-Croix “originaux et authentiques”. Il prétendait également que le quartier secret de cet Ordre était à Reuss, une principauté située près de Leipzig, dans la Thuringer Wald. Ce n’est qu’après la mort de Kellner, vers 1902, que Theodor Reuss réussit véritablement à instaurer l’O.T.O. Aleister Crowley contribua à conduire cet Ordre dans une voie n’ayant rien à voir, ni avec le Rosicrucianisme ni avec la Franc-Maçonnerie. Papus comme d’autres se laissa abuser quelque temps par l’O.T.O., mais cette Organisation fut rapidement suspecte. Elle prit fin en 1923, avec la mort de Theodor Reuss. Plusieurs de ses disciples tentèrent de poursuivre son oeuvre, les uns vers l’ésotérisme, les autres vers les pratiques magiques les plus farfelues.Comme on peut le voir, le Rosicrucianisme et la Franc-Maçonnerie se sont souvent côtoyés au cours des siècles passés. Bien que n’étant pas vraiment à l’origine de la Franc-Maçonnerie, le Rosicrucianisme a constitué un terreau favorable à son développement. Peu après sa fondation, la Franc-Maçonnerie a généré de son côté des mouvements rosicruciens et le grade de Rose-Croix, considéré comme l’un des plus prestigieux. Cette juxtaposition des deux Ordres n’est pas surprenante. En effet, les Rosicruciens du XVIIe siècle voulaient créer un mouvement pour réfléchir à une Réforme de la science et de la spiritualité, en vue de construire une société plus fraternelle, plus tolérante et plus humaniste. Or, c’est ce même projet que la Franc-Maçonnerie se fixait à l’origine.Précisons également que le Rosicrucianisme se perpétua depuis le XVIIe siècle jusqu’ à nos jours à travers des Organisations rosicruciennes totalement indépendantes de la Franc-Maçonnerie.

Rose-Croix et Franc-Maçonnerie

Tags technorati :, , ,

Publié dans Rose Croix | Laisser un commentaire »

La Rose Croix

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 11, 2007

La Rose-Croix est un ordre hermétiste chrétien légendaire, relevant de la « tradition ésotérique » et « initiatique », dont les premières mentions remontent au début du XVIIe siècle en Allemagne. L’existence de l’ordre, et celle de son fondateur Christian Rosenkreutz, sont controversées.Quoi qu’il en soit, à partir du XVIIIe siècle, de nombreux mouvements se sont réclamés de l’ordre de la Rose-Croix, ou se sont référés à la « tradition rosicrucienne » ou à l’ « héritage de Christian Rose-Croix ». Leurs membres sont appelés les rosicruciens. Le terme « Rose-Croix » désigne, dans leur langage, un état de perfection spirituelle et morale.Enfin, comme archétype de société secrète, mystique, immémoriale et toute puissante, les Rose-Croix apparaissent dans une certaine littérature ésotérique[1], souvent comme successeurs des Chevaliers du Graal et des Templiers.

Rose-Croix – Wikipédia

Tags technorati :, , , ,

Publié dans Rose Croix | Laisser un commentaire »

Légende ? Symbole ?

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 11, 2007

L’histoire relate que, lors de la crucifixion, Joseph d’Arimathie recueillit dans une coupe le sang mêlé d’eau qui s’écoulait du flanc droit du Christ.Cette coupe devenue légendaire dans tout le monde chrétien, et à laquelle on attribue des pouvoirs magiques, est restée depuis lors introuvable. Laissons aux historiens le plaisir de cette recherche et intéressons-nous à sa véritable valeur symbolique. Avant même l’ère chrétienne, des coupes ou autres contenants à valeur mystique existaient déjà. Notamment le chaudron de Dagde, Dieu de la science chez les Celtes : « contenait non seulement la nourriture matérielle de tous les hommes, mais toutes les connaissances de tout ordre » (Dictionnaire des Symboles – Ed. Robert Laffont).Il faut bien comprendre que le Graal est avant tout un contenant ; à chaque homme de l’emplir du “Sang” du Christ, pour le transformer en un contenant Divin.« Dans le vase de Koridven, mijotait le gréal mixture des plantes, en rapport avec l’élixir de vie des Alchimistes. » (Le Testa­ment de Merlin – T. Briand Qu’en est-il en réalité ?En effet, toute légende dissimule une pièce du puzzle de la réalité permettant l’accomplissement de l’homme.Lors de la Cène, Jésus remplit une coupe et, symboliquement, engage ses apôtres à s’abreuver de son Sang-Esprit. Par ce geste Jésus exprime précisément que son Enseignement doit nourrir l’âme pour la former et la transformer.Lisons ce que dit André Bouguénec dans “Couple et Alchimie” :« Tout sang a son être et tout être a son sang, mais pour être autrement il faut avec son sang LIER son être à du sang, mais à du Sang-Esprit. »Il est vrai que dans nombre de Traditions, le sang est considéré comme le véhicule de l’âme. André Bouguénec poursuit :« Tout l’Univers, identiquement, est un sang avec ses diverses métamorphoses globales, globulaires ou particulaires en structures organisées ou en devenir. L’humain, la Terre, l’Univers sont un corps diversifié dans leurs interactions. Un flux gigantesque parcourt tout cela, c’est l’Esprit. Sans aller plus loin vous comprenez l’incorporation, la communion, de ce SANG-ESPRIT, faisant une HOMO-GÉNÉ-ité totale, globale. » Revenons au Graal, cette COUPE, COUPÉ-e bien sûr, puisque demi-sphère. Ce demi Graal, même rempli du Sang-Esprit, c’est-à-dire initié au sens gnostique du terme, restera altéré de sa moitié. Comprenons-le bien, le Graal ce n’est rien d’autre que “L’AMES” en devenir de tout homme. “Ames” mentionnée avec un pluriel puisque l’avenir de toute âme est double. La vraie quête du GraalEn effet, cette âme coupée est, à la naissance terrestre, vide de toute substance. C’est là, le double but de la quête du Graal suggérée dans la Genèse :- tout d’abord la recherche de l’Amour Divin à travers la connaissance des mystères, que l’on pourrait rapprocher de l’Arbre de la Connaissance.- Ensuite la recherche de l’Amour perdu de son Alter-Ego- l’androgyne -, que l’on pourrait rapprocher de l’Arbre de Vie. Lors de sa révolte face à Dieu, l’androgyne fut séparé, coupé, puis mis “côtes à côtes”. depuis, chaque coupe (homme-femme) se recherche continuellement dans le périple de ses incarnations (chair/sang). Forcément puisque les deux demi-graals – Ame-sour – sont deux AIMANTS (deux AMANTS) qui s’attirent : « …ils deviendront alors une seule chair ». Réciproquement assoiffé de “l’autre”, l’homme et la femme devenus a-VIDEs sont naturellement poussés à trouver un ou plusieurs conjoint(s). Rares, cependant, sont ceux qui s’en trouvent désaltérées, et pour cause.« Tu ne l’es point non plus (heureux) parce qu’en toi, un Graal fou est vide d’Amour, avide. En toi est une force, un feu, immense et puissant, dévorant et tendre qui ne peut se consumer faute, non seulement du conjoint idéal, mais de mille autres privations… » dit André Bouguénec (Couple & Alchimie – p. 68).Heureusement, toute quête a sa “fin”, et lorsque en-FIN les deux âmes s’unissent, s’accouplent, les deux Graals réintègrent leur statut originel ; ils sont alors une seule sphère, une Unité ; ils sont devenus un Dieu. Pour finir je vous invite à lire ce message de Jésus et vous comprendrez pourquoi, aux yeux de L’Eglise cet Evangile est devenu apocryphe :« Lorsque vous ferez le deux Un et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, l’extérieur comme l’intérieur, le haut comme le bas, lorsque vous ferez du Masculin et féminin un Unique, Afin que le masculin ne soit pas mâle et que le féminin ne soit pas femelle, lorsque vous aurez des yeux dans vos yeux, Une main dans votre main, et un pied dans votre pied, une icône dans votre icône, alors vous entrerez dans le Royaume ! »
(L’Evangile de Thomas – Logion 22 – Ed. Albin Michel).
Quelques recoupements cabalistiques
L’ANGE = 39 fut “coupé” de son DIEU = 39 et de son autre moitié, il doit donc reconstituer sa Coupe, autrement dit, son GRAAL = 39.”LE SANG” = 58 du Christ – autrement dit son Enseignement – doit être transformé en un contenant DIVIN = 58.”AMES” est égal à 38 ; divisons 38 par 2 et nous obtenons 19 = AME. Elle perd son S et devient Solitaire, coupée de sa gémellité.Une fois “COUPÉE” = 65, toute chose possède son “AUTRE” moitié, qui correspond pour l’homme à son Alter-Ego.”GRAALS” = 58 = “LE SANG” dont l’anagramme est “L’ANGES”. Les 2 COUPES du COUP-l-E se remplissent de leur sang, se mél-ANGE afin de retrouver leur statut originel, leur état angélique.Toute “QUETE” = 68 ne peut donc se faire qu’avec “AMOUR” = 68. La quête du bonheur est alors le Sang de l’Amour.

Le Graal

Tags technorati :, , ,

Publié dans Temple | Laisser un commentaire »

La Queste, l’Histoire

Posté par + Eric de Troyes + le juillet 11, 2007

Le Saint-Graal de la littérature médiévale européenne est l’héritier sinon le continuateur de symboles de la religion celtique préchrétienne: le chaudron du Dagda et la coupe de souveraineté.Ce qui explique que cet objet merveilleux soit souvent un simple plat creux porté par une pucelle. Parmi ses innombrables pouvoirs il possède, outre celui de nourrir (don de vie), celui d’éclairer (illuminations spirituelles), celui de rendre invincible La Quête du Saint-Graal. Cette Quête exige des conditions de vie intérieure rarement réunies. Les activités extérieures empêchent la contemplation qui serait nécessaire et détournent le désir.Il est tout prés et on ne le voit pas. C’est le drame de l’aveuglement devant les réalités spirituelles, d’autant plus intense qu’on croit plus sincèrement les rechercher.Mais on est plus attentif aux conditions matérielles de la recherche qu’à ses conditions spirituelles. La Quête du Graal inaccessible symbolise, au plan mystique qui est essentiellement le sien, l’aventure spirituelle et l’exigence d’intériorité, qui seule peut ouvrir la porte de la Jérusalem céleste où resplendit le divin calice.La perfection humaine se conquiert, non pas à coup de lance comme un trésor matériel, mais par une transformation radicale de l’esprit et du cœur.Il faut aller plus loin que Lancelot, plus loin que Perceval, pour atteindre à la transparence de Galaad, vivante image de Jésus-Christ.Au-delà de la de la pure recherche symbolique, le Saint-Graal est un fait historique plein de mystères tous liés à plusieurs traditions ésotériques. Lorsque l’on aborde la recherche sur le Saint-Graal, il n’est pas possible d’ignorer Marie-Madeleine et Joseph d’Arimathie. Quels sont les liens entre le Saint-Graal et Marie-Madeleine ?Que penser des ces églises qui nous présentent le Saint-Graal sur leurs autels ?Pourquoi le Saint-Graal implique-t-il tant de mystères liés à la religion catholique ?


Publié dans Temple | Laisser un commentaire »